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9.2.Il faut s'adapter ... aux inégalités

Dernières modifications : 11.03.2007, 11:37

« En France. (…) 1 % de la population détient 20% du patrimoine et 10% de la population détient plus de 50% du patrimoine. » (« Diagnostics pour sortir du libéralisme », Fondation Copernic, p125)


Le rapport du CERC (2006) estime que l'écart de la moyenne des salaires entre les 10% du haut et les 10% du bas est de 1 à 50 ! L'écart s'est creusé au cours des 10, 15 années.

Les revenus (rémunérations salariales, Stock-options, plus-value) des patrons du CAC40 se comptent en années de SMIC. En 2005, cela va de 24 smic à 1870 smic pour Antoine Zacharias (VINCI). Est-ce qu’Antoine Zacharias vaut 1870 smicards ?

SalairesPatrons_2005_AlterEco
SalairesPatrons_2005_AlterEco


[ En 2006 en France], le nombre d'assujettis à l'impôt sur la fortune (ISF) a augmenté de 15%, atteignant 460 000. (Humanité Dimanche – 16 au 22 Novembre 2006 , p26)

« Il y a des inégalités de salaire. En 2000, un ouvrier gagne à peu près deux fois et demie de moins qu’un cadre, en moyenne. Mais on oublie toujours une inégalité beaucoup plus fondamentale, une inégalité de patrimoine qui renvoie à ce dont je parlais tout à l’heure, la détention des moyens de production. Les inégalités de patrimoine, c’est gigantesque: c’est de 1 à 70 au moins, et sinon plus. Cela n’a pas changé, et de nouveau même, ça se renforce.
Pour donner un chiffre, un enfant de cadre a aujourd’hui 24% de chances d’accéder à une grande école, et les chances pour un enfant d’ouvrier sont de 1,1%. Ça a plutôt régressé, les chances pour un enfant d’ouvrier d’accéder à une grande école ont baissé, par rapport au temps où moi j’allais à l’école. Voilà un élément empirique qui valide l’idée d’étanchéïté des classes sociales : les chances de parvenir au sommet, quand on vient d’en-bas sont toujours aussi faibles qu’avant, peut-être même plus faibles.» (Gérard Mauger, http://dsedh.free.fr/transcriptions/mauger91.htm)


« Le nombre de grandes fortunes financières privées [les personnes détenant plus d'un million de dollars] a presque doublé ces dix dernières années, passant de 4,5 millions d'individus en 1996 à 8,7 millions en 2 006 », indiquait en juin dernier le World Wealth Report publié par Capgemini et Merill Lynch. « Leur patrimoine financier a été multiplié par deux durant cette période, passant de 16 600 à 33 300 milliards de dollars, soit une croissance annuelle de 8 % par an. » Une aubaine pour tous les gestionnaires de fortunes, grands utilisateurs des paradis fiscaux, la Suisse captant à peu près un tiers du marché. (Alternatives économiques – Novembre 2006, p61)


10% des salariés qui gagnent le moins travaillent en moyenne 13 semaines dans l'année.
10% des salariés qui gagnent le plus travaillent 50 semaines.
Un écart de temps de durée de travail de 37 semaines !
==> Aux uns un rythme infernale, suroccupés, où les limites entre vie privée et travail sont floues, aux autres, la galère pour trouver le moindre petit boulot.

« C'est cette progression de la précarité dans le temps de travail (hebdomadaire ou annuel) qui explique l'ampleur des inégalités salariales effectives en France. Le dernier rapport du Cerc fournit ainsi des données éclairantes pour l'année 2002. Si l'on répartit les salariés en déciles, c'est-à-dire en tranches comprenant chacune 10 % du total des salariés, en fonction du revenu salarial perçu, les salariés du haut de l'échelle (le dixième décile) gagnent alors 13,4 fois plus en moyenne que les salariés du bas de l'échelle (le premier décile). Les deux tiers de l'écart s'expliquent par les durées travaillées (nombre de semaines et nombre d'heures hebdomadaires) et un tiers par la rémunération horaire. Or, comme des travailleurs à temps complet peuvent de plus en plus fréquemment basculer dans le travail à temps incomplet du fait de la progression de l'emploi précaire, il n'est pas étonnant que nombre d'entre eux aient vu leur pouvoir d'achat baisser. Si l'on veut réduire le nombre de travailleurs à bas revenu salarial, le bon levier d'action n'est pas le relèvement du Smic (utile pour ceux qui travaillent à temps complet, mais peu efficace pour les autres), c'est l'augmentation du temps travaillé chaque semaine ou dans l'année. L'instabilité des emplois et le temps partiel sont les premiers responsables de la paupérisation de la fraction la plus fragile des salariés.» (Denis Clerc, Alternatives économiques, janvier 2007, p61)


Certaines catégories cumulent les inégalités (femmes, jeunes, origine étrangère)
82% de femmes dans les temps partiels
80% de femmes temps partiels contraints
80% de femmes bas salaires, moitié du salaire médian
80% femmes dans les employés non qualifiés
alors que femmes majoritaires et meilleures à l'école depuis 30 ans

monoparentale : enfant

« 40% d'écarts entre les hommes et les femmes. En moyenne le revenu salarial des hommes a été de 1560€ nets par mois en 2004, contre 1110 pour les femmes, soit 40% de plus. L'Insee a rendu public pour la première fois un écart de salaire qui comprend non seulement les temps complets, mais aussi les temps partiels. [...] inégalités de temps d'emploi (temps partiel, chômage), de postes de travail (les hommes accèdent à des niveaux de responsabilités plus élevés et de taux de salaires (à qualification égale, les femmes sont moins payées). » (Alternatives économiques, Janvier 2007, p58)


Exemple éloquent de femmes occupant plus de 255 CDD pour le même poste :
http://www.dailymotion.com/inet/video/xr119_278-cdd-font-pas-1-cdi

Les emplois non qualifiés + 1,1 Millions ajoutés depuis 1995 (= baisse des cotisations sociales)
Conditions de travail : intensification du travail, horaires morcelés
En 2002, la France comptait 4,8 millions de travailleurs non qualifiés, selon l'Insee.

« Selon une étude de l'INSEE, le différentiel de mortalité entre les cadres supérieurs et les manœuvres est de seize ans, un des plus élevés en Europe. C'est un cumul de précarité. Plus on descend dans l'échelle sociale, plus on est malade, plus on meurs tôt. » (Magazine Regards, Octobre 2006, p47)


Plus d' 1 chômeur sur 4 a plus de 50 ans !

« En fait, sortir les plus de 50 ans des statistiques du chômage arrange tout le monde, y compris d'ailleurs les premiers intéressés si on leur verse une indemnité minimale. On peut toujours instaurer la retraite à 65,70 ou 75 ans pour faire plaisir au Medef. Mais, si tous les plus de 50 ans sont virés, on n'aura guère avancé sur la question des retraites » (Philippe Cohen, http://www.marianne-en-ligne.fr/)


« La faiblesse conjuguée de l’emploi des seniors (38 % des 55-64 ans sont en emploi, contre 44 % dans l’ensemble de l’Union à quinze) et de l’emploi des jeunes (30 % des 15-24 ans sont en emploi, contre 40 %). Les jeunes sont nombreux en effet à être touchés par le chômage et, lorsqu’ils poursuivent leurs études, la formation en alternance demeure peu répandue, contrairement à ce qui se passe par exemple au Danemark où, à 22 ans, deux tiers des étudiants sont dans ce cas. A 22 ans, en France, un quart des étudiants ont un emploi, mais généralement de type alimentaire et non lié à leur formation.
Quant au faible taux d’emploi des seniors, il résulte moins de l’âge légal de la retraite (60 ans) que des sorties précoces du marché du travail : en France, l’âge moyen de sortie du marché du travail est de 58,5 ans pour les hommes, soit le plus faible de tous les pays de l’ex-Union à quinze. Dans tous les autres pays, il varie entre 61 et 63 ans, avec une pointe en Suède à 64,3 ans. Si l’âge effectif de sortie du marché du travail en France s’alignait sur l’âge légal, le taux d’emploi des seniors dépasserait alors la moyenne européenne. Certes, ces sorties précoces proviennent pour une (petite) part de régimes particuliers de retraite souvent montrés du doigt. Mais l’essentiel s’explique par les politiques d’emploi des entreprises elles-mêmes ; elles gèrent ainsi en douceur la fonte de leurs effectifs en poussant vers la sortie les seniors, souvent avec leur accord.» (Denis Clerc, Les Français travaillent-ils trop peu ?, Alternatives Economiques, L'état de l'économie, Hors-série n° 72, 2e trimestre 2007, http://www.alternatives-economiques.fr/site/hs72_003_35heures.html)


Un jeune ayant un nom à consonance étrangère et habitant la banlieue a six fois moins de chances d'obtenir un entretien d'embauche qu'un jeune « Français de souche » habitant Paris. (Observatoire des discriminations 2005)
Taux de chômage des moins de 25 ans : 21,6% (hors personnes scolarisés !!)
Le rapport de l'Observatoire national des ZUS confirme que, par rapport à la moyenne nationale, le taux de chômage comme l'échec scolaire y sont deux fois plus élevés, le revenu fiscal moyen inférieur de 40%, les « établissements de pratique médicale» deux fois moins nombreux, la délinquance supérieure de moitié...