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8.5.3.Actionnariat salarié et partage du "risque"

Dernières modifications : 09.08.2007, 20:40


« L'ironie avec cette culture de casino global, avec les fonds mutuels et les caisses de retraites, c'est que les gens deviennent obsédés par l'idée d'obtenir un rendement de 1 ou 2% de plus sur leur 2000 ou 3000 de fond mutuel. Ils en viennent à dire "bravo j'ai fait 1% de plus, je m'y connais autant que les gros investisseurs", même si ça peut vouloir dire que la compagnie pour laquelle il travaille ou pour laquelle leur voisin travaille doive mettre à pied des centaines ou de milliers de travailleurs. Une communauté perd des centaines de fois plus d'argent par les mises à pied, le gel des salaires, la stagnation économique qu'elle n'en gagne par un rendement de 1 ou 2% de plus sur les fonds mutuel. » (Extrait du documentaire « Turbulences » de Carole Poliquin, 1997)


Voir l'article : 5.Trop de dette publique ?

La "démocratie actionnariale" Par Frédéric Lordon
http://www.humanite.fr/journal/2001-01-22/2001-01-22-238294

Voir l'article : 10.La finance

« Les rapports entre l'employeur et le salarié s'équilibrent », nous explique encore M.Seillères. D'ailleurs, le salarié lui-même n'est-il pas un entrepreneur ? « L'entreprise associe des entrepreneurs, à différents niveaux de responsabilité [...]. ils partagent le risque. Il y a là tout un nouveau management, bien éloigné du taylorisme, que le droit français, basé sur le principe que le salarié est subordonné ne doit porter aucun des risques de l'entreprise [ ... ] a du mal à intégrer», déclare t-il à la revue Risques. « Ces évolutions ont beaucoup affaibli les analyses fondées sur la domination et l'exploitation du monde du travail par le capital. » (Fondation Copernic, « Diagnostics pour sortir du libéralisme », p107)


Voir l'article : 4.2.3.Malheur aux timides

Tous capitalistes, tous entrepreneurs


« Capital humain. En somme, à chacun de se comporter comme un capitaliste dont le «capital» qu’il aurait à gérer ne serait autre que sa propre personne, soit l’ensemble de ses qualités ou propriétés valorisables sur le marché. Tous capitalistes, tous entrepreneurs, voici ce que présuppose et laisse entendre cette formule. [...] En tant que gestionnaire d’un «capital humain», le travailleur salarié n’est plus censé vendre au capitalisme une puissance (une force) de travail dont l’actualisation (la mise en œuvre) par le capitaliste peut former plus de valeur que sa valeur propre, générant ainsi une plus-value pour le capitaliste. Il est censé vendre «des services» dont le salaire serait en quelque sorte le juste prix, le strict équivalent monétaire. Nulle possibilité d’exploitation entre entrepreneurs capitalistes; tout juste l’un peut-il profiter de son «pouvoir de marché» plus étendu que l’autre… » (Alain Bihr, Capital humain, http://www.alencontre.org/page/Economie/BihrCapHum03_06.htm)


« En réalité, la campagne en faveur de la capitalisation est le dernier avatar du vieux rêve libéral d’associer le travail à sa propre aliénation. En faisant du salarié un petit actionnaire, on lui ôte une partie de sa combativité. En faisant des salariés les mieux rémunérés des rentiers petits et moyens, on attache durablement l’encadrement à la culture d’entreprise. Mais quel salarié n’est pas à même de comprendre qu’en souhaitant une rente la plus élevée possible, il contribuerait à fragiliser son propre emploi et à condamner celui de son enfant… qui devrait pourtant le faire vivre plus tard par son travail ? » (Jean-Marie Harribey, http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/monnaie/postface.html)


" Les salariés portent une part croissante du risque, alors qu'ils n'ont pas voix au chapitre : " les vrais héros du risque sont ceux qui passent leur vie dans la précarité, au bord de la misère, et subissent les coups du sort", pas les dirigeants aux parachutes dorés ou les actionnaires aux fortunes conséquentes. On dénie aux salariés tout droit à la participation dans les choix et les résultats, alors même qu'on leur demande de s'impliquer davantage." (Livre du mois "capitalisme ou démocratie" de Marc Fleurbaey - Alternatives économiques – janvier 2007 – p89)


« Dans la forme dominante [du capital humain], ce qui est essentiel, c'est l'autonomie, la polyvalence, donc un ensemble de capacités qui excèdent les besoins immédiats des entreprises. Le développement de ces capacités ne peut, ni ne doit par conséquent relever de la compétence d'entreprises particulières. Dans la mesure où il est indispensable à une soi-disant économie de la connaissance, il est, au même titre que le système éducatif, les infrastructures, etc., dans l'intérêt général et doit faire l'objet d'un fincancement public. Il fait partie des "faux frais" du système. Le capitalisme cherche à se défausser des faux frais en question en les mettant autant que possible à la charge des particuliers qui, sommés de financer eux-mêmes l'auto-développement de leur polyvalence et de leur autonomie, se trouvent pris entre deux impératifs contradictoires : ils doivent valoir mieux qu'un homme-machine mais c'est en tant précisément qu'ils ne sont pas de simples marchandises humaines qu'ils doivent se vendre. » (André Gorz, Penser l'exode de la société du travail et de la marchandise, Mouvements n° 50, juin-août 2007, p103)


Voir l'article : 4.2.3.Malheur aux timides
Voir l'article : 11.4.3.Convergence droite/gauche