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8.3.5."Dictature" des experts, lobby

Dernières modifications : 16.09.2007, 14:36

"Lester Thurow estime avec justesse que "les règles du commerce sont écrites par ceux qui contrôlent l'accès au plus grand marché du monde"." (La mondialisation , Jean-Pierre Paulet , 2005, p33)


Elaborer les lois qui vous sont favorables, voilà l’enjeu.
Voir l'article : 6.3.Contourner les démocraties

Voir la vidéo Lundi investigation : les lobbies au coeur de la république
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft2Gq.html

« La dictature des experts effrayait Max Weber; elle trouve en Frederick Taylor son théoricien le plus enthousiaste. Au nom de la « science » de l'« efficacité maximale », une nouvelle classe d'ingénieurs doit, selon lui, obliger les travailleurs à « faire exactement ce qu'on leur dit du matin jusqu'au soir ». L'ouvrier, assimilé au « bœuf », « déplacé comme un pion sur un échiquier », « trop stupide pour se former tout seul », est entièrement dépossédé de son métier - « Les mieux placés pour exécuter le travail sont incapables de comprendre sa technique » - et livré au pouvoir sans partage des spécialistes. L'employeur ne dépend plus du savoir-faire de ses salariés ; le prix de leur labeur lui garantit son mode d'usage le plus efficient. Avec le taylorisme, le délire technologique et la subordination de la société à « l'organisation scientifique de la production » atteignent leur apogée: « Dans le passé, l'homme a été prioritaire. À l'avenir, le système devra l'être (Frederick Taylor). » (Serge Halimi, Le grand bond en arrière, p39-40)


Voir l'article : 10.2.5.Distanciation, parcellisation, indépendances des domaines
Voir l'article : 11.4.3.Convergence droite/gauche

« Je pense que le travail des lobbies c'est un travail peut-être plus d'influence sur ceux qui sont chargés du monopole de la parole légitime dans l'espace public. [...] Le rôle des lobbies, c'est peut-être plus de faire passer un discours dans les médias et de convaincre l'opinion publique que oui, il est nécessaire de mener telle ou telle réforme.»

« Je crois que le lobbying, c'est un élément qui vient, peut-être renforcé les mécanismes, mais que globalement le monde politique est disposé a être sur la même longueur d'onde que le monde des affaires.»

extraits de « Là-bas si j’y suis » sur les lobbies à Bruxelles « Lobby Planet » :
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=850
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=851


Christian Daviot, collaborateur de Bernard Carayon : Lorsque l'on menace des parlementaires de leur supprimer des subventions pour des festivals, c'est du lobbying. Voilà."
Bernard Carayon, député UMP du Tarn :"C'est plus que du lobbying, c'est anti-républicain. Lorsque s'exerce du chantage, on n'est plus dans l'influence, on n'est plus dans l'argumentation, on est dans un rapport de force. Ca évidemment c'est inacceptable. Mais lors du débat au parlement, nous aurons l'occasion évidemment d'aclairer l'opinion public sur les conditions de ce débat.[...] Les enjeux financiers sont considérables, et ils justifient pour certains des méthodes que la morale réprouve." (procédés de pression scandaleux utilisés par certains lobbyistes (projet de loi DADvSI), vidéo : http://www.odebi.org/docs/chantage.wmv )


« La France et les Pays-Bas ayant massivement voté contre la constitution européenne, il est utile d’attirer l’attention sur un conflit qui expose le caractère profondément antidémocratique de l’Union européenne ainsi que son rôle de tirelire pour l’enrichissement personnel des industriels et de tremplin servant à lancer les attaques contre la classe ouvrière. [...] Dans un discours prononcé par Kallas à la Nottingham Business School devant l’European Foundation for Management, il fit savoir qu’il existait quelque 15 000 professionnels du lobbying à Bruxelles et environ 2 600 groupes d’intérêt qui y disposent de bureaux permanents. Il estima que les activités de lobbying généraient entre 60 et 90 millions d’euros de revenus annuels pour les lobbyistes. Comme il n’existe ni directive ni tenue de registre obligatoire, personne ne le sait vraiment. (...)« La commission [européenne] finance des lobbies pour que des lobbyistes professionnels exercent des pressions sur elle. » [...]Bruxelles fait concurrence à Washington pour le titre de capitale mondiale du lobbying. (...) Leur objectif principal est la Commission européenne car elle seule est habilitée à proposer et à élaborer une nouvelle législation pour le Parlement européen. (...)L’ensemble du processus parlementaire est devenu tributaire des lobbyistes pour la rédaction des résolutions et des amendements au point que Chris Davies, un libéral-démocrate britannique député au Parlement européen, a expliqué lors d’un séminaire de formation de lobbyistes, « J’ai besoin de lobbyistes. Je compte sur les lobbyistes ». L’on peut se faire une idée de la perversion de l’ensemble de la culture politique en se référant au rapport rédigé par le CEO et qui reprend les paroles de Davies : « En raison de l’intensité du travail et de la complexité des sujets qui sont à l’ordre du jour au Parlement européen, Davies expliquait qu’il était avide de recevoir des entreprises des amendements spécifiques concernant les propositions de loi. Davies soumet ces amendements au vote du Parlement européen et nombre d’entre elles deviennent loi européenne ». Le « tourniquet des carrières » est un phénomène ordinaire, vu que les membres du Parlement européen ainsi que les eurocrates ne cessent de prendre des fonctions lucratives dans les affaires de lobbying à Bruxelles. L’exemple le plus notoire est certainement au Royaume-Uni celui de Sir Leon Brittan, ancien commissaire européen au commerce extérieur. Il finit par devenir conseiller aux affaires relatives à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sein de la firme d’avocats Herbert Smith, vice-président de la banque d’affaires internationale UBS Warburg, membre du conseil d’administration d’Unilever et président du comité LOTIS de l’International financial services London (IFSL), un groupe de pression représentant les services financiers au Royaume-Uni. » (Union européenne : les lobbyistes politiques contre toute transparence, par Jean Shaoul, 6 juin 2005. http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2420)


« Libération : Croyez-vous en un complot ?
Jean Ziegler : Non, mais je constate que les collusions entre les grandes firmes et le pouvoir politique se multiplient. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est ainsi infiltrée par les compagnies pharmaceutiques pour tenter d'édulcorer toute avancée normative. Les Scandinaves avaient demandé en 2001 que les délégués de l'OMS révèlent leurs éventuels liens avec des sociétés pharmaceutiques ? Les Etats-Unis ont fait pression et refusé une telle motion, au nom de «la souveraineté des Etats». On vit dans le règne de l'avidité pure, l'impérialisme du vide, «le but sans but», comme disait Kant. En 2003, les 500 plus puissantes transnationales privées contrôlaient 52% du produit mondial brut. Leur unique but est la maximisation du profit. Le pouvoir de l'oligarchie financière internationale est le plus puissant jamais enregistré dans l'histoire. Dans ces sociétés qu'Edgar Morin qualifie d'«idéologiquement phosphorescentes», les chaînes de l'aliénation ne nous enserrent plus les chevilles, mais les têtes. Mais, dans le Sud, l'aliénation se paie en vies humaines... via la faim ou la dette, véritables armes de destruction massive. » (Jean Ziegler, 2005, http://bombadabom.free.fr/economie_politique/_textes/JeanZiegler.pdf)