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8.3.2.Lieux de pouvoirs anti-démocratiques

Dernières modifications : 24.02.2007, 20:19

" Depuis les cabinets ministériels jusqu'aux directoires de la presse en passant par les clubs privés de l'élite, les instituts de recherches, les conseils d'administration des multinationales ou encore les cercles de réflexion, il ne manque pas de lieux témoignant de cette étroite collusion du capital, de l'Etat et des médias. » (« Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p17)


« Quelques-unes des plus puissantes multinationales françaises du CAC 40 sont, en effet, aujourd'hui dirigées par d'anciens membres de cabinets ministériels ayant réussi sans trop de difficulté leur reconversion dans le monde des affaires. [Aventis, Pechiney, Societe Général, Suez, Crédit Lyonnais, TotalFinaElf, BnpParibas, Lafarge, LVMH, Saint-Gobain, PSA Peugeot-Citroën, PPR – Pinalut Printemps Redoute, Rallye, Vivendi Universal, Alteida, Havas Advertising, etc.] » (« Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p201-202)


"[...] le monopole des puissances industrielles et financières sur le pouvoir d'Etat peut prendre différentes formes. Il s'agira tantôt d'un réseau relativement restreint d'oligopoles fournissant bon nombre des décideurs politiques, tantôt des transferts de hauts fonctionnaires européens, américains ou de chefs de gouvernements passés dans le monde des affaires, tantôt enfin de ces structures patronales ayant noué, au fil du temps, des relations pour le moins privilégiées avec les représentants de l'Etat." (« Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p18)


« En complément à leurs ancrages nationaux, les capitaux industriels et financiers se sont donc organisés au niveau international, créant dans le même temps les « intellectuels organiques » qui donnent à la classe dominante homogénéité et conscience de sa propre fonction, que ce soit sur le plan économique mais également idéologique et politique. Avec la contradiction que l'on sait, celle qui permet à la bourgeoisie d'exister en tant que classe en niant simultanément la réalité des classes sociales. » (« Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p25)


« Cette noblesse d'État, qui prêche le dépérissement de l'État et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen, a fait main basse sur l'État; elle a fait du bien public, un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose. Ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est la reconquête de la démocratie contre la technocratie : il faut en finir avec la tyrannie des « experts », style Banque mondiale ou FMI, qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan, « les marchés financiers», et qui n’entendent pas négocier, mais «expliquer»; il faut rompre avec la nouvelle foi en l'inévitabilité historique que professent les théoriciens du libéralisme; il faut inventer les nouvelles formes d'un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment (ce peut être la tâche des experts), mais pour les combattre et, le cas échéant, les neutraliser. » (Contre-feux, Pierre Bourdieu, 1998)