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8.3.Stratégies de dominations

Dernières modifications : 24.02.2007, 20:16

CONNIVENCE ENTRE ETAT, CAPITAL ET MEDIAS
Les affinités plus ou moins électives entre le secteur privé et l'administration d'Etat en France ont été étudiées dans « La noblesse d'Etat » de Pierre Bourdieu.

« Il n'existe qu'assez peu d'enquêtes approfondies sur l'élite. Les véritables hommes de pouvoir n'aiment pas parler ouvertement de leur pouvoir et encore moins se prêter à une investigation sociologique. Ils sont en général trop occupés pour cela, explique Mills. En réalité, éviter de mettre au grand jour ce sur quoi repose et comment s'exerce le pouvoir fait partie du fonctionnement même du pouvoir. » (Luc Van Campenhoudt, Introduction à l'analyse des phénomènes sociaux, cité dans « Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p24)


« L'analyse serrée qui va suivre devra montrer comment, suivant l'entrelacement des directoires économique, politique et journalistique, s'établit une « véritable division du travail de domination » (BOURDIEU Pierre, La noblesse d'Etat. Paris, Minuit, 1991, p.373). Cette entreprise de contrôle, on le verra, s'appuie d'abord et avant tout sur l'Etat et les médias, deux institutions par ailleurs censées incarner le bien commun et l'intérêt général. Et c'est précisément dans la croyance sociale en l'apparente neutralité de ces appareils, directement intégrés au système capitaliste, que résident les conditions mêmes de leur efficacité. En dévoilant les complicités des groupes de presse et dirigeants politiques avec les forces économiques dominantes, il s'agit bien de prendre la mesure de la connivence organique entre Etat, médias et capital et de tirer, par la même occasion, le portrait de cette classe dominante aux commandes de la mondialisation. » (« Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p20)


" Les réseaux mis à jour par Geoffrey Geuens permettent de comprendre bien des choses. Les propriétaires des moyens de production ne se contentent pas d'engranger des bénéfices, un peu comme le font les «petits porteurs»; s'ils se contentaient de faire cela, il y a sans doute longtemps qu'ils auraient été expropriés. Dans une société démocratique, ils ne peuvent pas non plus mettre l'Etat ou les médias «à leur service» de la même façon que le ferait un despote. Une grande partie de la difficulté qu'il y a à comprendre la société dans laquelle nous vivons, c'est que nous avons tendance à comprendre le pouvoir de l'Etat sous la forme de l'Etat absolutiste, ou dictatorial et, de façon similaire, à comprendre le pouvoir des médias sous la forme de la propagande grossière, telle qu'elle existait, par exemple, dans l'Allemagne nazie." (Préface de Jean Bricmont, « Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p9)