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8.2.4.L'arrogance des élites

Dernières modifications : 03.03.2007, 00:46

LE MEPRIS DU PEUPLE, L’ARROGANCE ET LA PEDAGOGIE DES ELITES
Les Français pensent mal. Les élites savent ce qui est bon pour le peuple, même si c’est difficile pour lui. Le courage d'un dirigeant se mesure à l'opposition de ses sujets.

Voir l'article : 11.4.Travail idéologique, symbolique

« L’éducation secondaire et surtout supérieure réintroduisent dans l'organisation mentale et idéologique des sociétés développées la notion d'inégalité. Les "éduqués supérieurs" après un temps d'hésitation et de fausse conscience, finissent par se croire réellement supérieurs. Dans les pays avancés émergent une nouvelle classe, pesant, en simplifiant, 20% de la structure sociale sur le plan numérique, et 50 % sur le plan monétaire. Cette nouvelle classe a de plus en plus de mal à supporter le suffrage universel.[…] Les 20% d'en haut contrôlent idéologiquement les 60% du milieu. (...) [Alors] le processus électoral n'a aucune importance pratique ; et le taux d'abstention s'élève irrésistiblement. » (Extrait de Emmanuel Todd dans "Après l'empire" Gallimard, pp27-28-29, http://www.redir.fr/guti)


« Il y a bien sûr aussi beaucoup de partisans du oui, c’est le cas de la majorité des éditorialistes. Mais c’est le propre de la majorité des élites françaises, comme au sein de tous les pays européens d’ailleurs. Ce qui ne signifie pas qu’il y ait une domestication de la pensée ; ils bénéficient simplement d’une meilleure information que les autres et suivent de plus près les débats – c’est leur métier. » (Alain Duhamel, janvier 2005, site www.expression-publique.com, extrait tiré de Oui-ouistes, PLPL, février 2005, http://www.homme-moderne.org/plpl/n23/23.pdf )


" Il y a tout d'abord la reproduction pure et simple, c'est à dire le fait qu'une bonne partie du personnel politique provient simplement des milieux d'élite; mais il y a aussi, et cela de façon croissante, l'éternelle récupération des opposants, les sociaux démocrates autour de la première guerre mondiale et, aujourd'hui, les écologistes et les restes du mouvement communiste. Parfois, on ne peut qu'être saisi d'admiration ou d'effroi devant la force de reproduction du système. Plus de 150 ans se sont écoulés depuis que les mécanismes de base de la domination de classe ont été mis à jour, lors de la naissance du mouvement socialiste. Et ils, c'est à dire les membres de la classe dominante, sont toujours là, aussi peu nombreux qu'arrogants et sûrs de leur pouvoir." (Préface de Jean Bricmont, « Tous pouvoirs confondus », Geoffrey Geuens, 2003, p10)



« Vive la crise ! », c’est le titre d’une émission de télévision diffusée sur France 2 en février 1984 et relayée par un supplément du quotidien Libération. Durant cette émission, Yves Montand présente un scénario catastrophe pour proposer ensuite l’ébauche de solutions d’avenir. Les solutions présentées sont : des syndicats qui acceptent la diminution du salaire, un entrepreneur-communicateur, Philippe de Villiers, qui mobilise toute une région pour des spectacles son et lumière... bref un avenir idéal pour un certain nombre d’hommes politiques et d’intellectuels... La crise permet de casser les « acquis sociaux » , d’opposer les dominés entre eux, d’accuser les « privilèges » des fonctionnaires, de les rendre responsables du chômage. C’est le début du discours sur la nécessaire réforme fondée sur le primat économiste. (A écouter l’émission « Là-bas si j’y suis » du 6 janvier 2006 avec Serge Halimi et Pierre Rimbert http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=824 )


Extrait de « Vive la crise », Yves Montand : « Et si jusqu’à présent, des 30 glorieuses à la croissance, on n’a pu vivre cette crise à crédit. Et bien maintenant, il va falloir payer. Cessons donc de rêver parce qu’effectivement c’est grave. »



« C’est à présent un journaliste du Nouvel Observateur qui les gourmande à la télévision : « Je pense que, malheureusement, il faut leur dire : oui, les problèmes sociaux, votre petit confort personnel, eh bien ! aujourd’hui, ça doit passer en second ». (Serge Raffy, i-télévision, 29 mars 2005.). Et ses commensaux s’alarment avec lui des « peurs » de l’opinion, de l’« irrationalité » de « citoyens en fureur », de l’« éternel rassemblement gaulois de la rogne et de la grogne ». Quand le président de la République soupira « Je ne vous comprends pas », il parlait un peu pour tous ceux-là qui, avec lui, appréhendent « dans l’air » quelque chose d’insaisissable. (Médias en tenu de campagne européenne, Serge Halimi, http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HALIMI/12168)


"Le 23 décembre 2006, Luc [Ferry], qui préside le Conseil d'analyse de la société [LCI], raconte comment le problème de la "misère du monde" lui a explosé au visage.
Ferry : "Un jour je me suis rendu compte que la personne qui ouvrait la porte de ma voiture quand j'atais ministre, eh bien il lui fallait exactement quatre ans et demi de salaire plein, c'est-à-dire sans dépenser un centime, pour acheter la voiture dans laquelle je roulais. A mon avis, un tel décalage est explosif.
Les audaces révolutionnaires n'ont qu'un temps : Luc se secoue et se carsses les cheveux.
Ferry : "Bon bien sûr, il y a quelque chose d'exaspérant à imaginer que l'on touche 300 ou 400 Smic par mois. Mais, en même temps, l'idée qu'on pourrait prendre aux rcihes - le côté Robin des bois ..."
Jacque Julliard [directeur délégué au Nouvel Observateur], indigné par cette idée : "Non c'est pas ..."
Ferry : Non c'est pas ... Je ne vous attribue pas ça, Jacques. En même temps, vous savez qu'à l'extrême gauche, au parti communiste, tout ça ce sont des mythes : alors on va prendre aux riches pour donner aux pauvres, c'est complètement idiot. Parce que vous prenez aux riches et vous donnez trois fois rien aux pauvres, parce qu'il y a beaucoup plus de pauvres que de riches. Donc ce n'est pas du tout une opération rentable. Ca n'a pas de sens." (transcription tirée du Plan B, février 2007, p14)



Extraits tirés de Oui-ouistes, PLPL, février 2005
http://www.homme-moderne.org/plpl/n23/23.pdf :

« Ce qui n’était pas prévu, c’est que les peuples puissent refuser ce que proposent les gouvernements.» (Michel Rocard, International Herald Tribune, 28.7.92)


« Fallait-il faire un référendum ? Je ne l’ai jamais pensé. Tout ce qu’a de bon la volonté générale, c’est la représentation populaire qui le canalise et le cristallise. La collectivité, elle, est plus sensible au caprice et surtout à la peur. Les partisans du ‘‘non’’ au référendum sont plus émotifs, plus passionnels, plus mobilisés. » (Jean Daniel, Le Nouvel Observateur, 27.8.92)


« C’est une grosse erreur d’organiser un référendum. […] Je ne crois pas que les Français, individuellement, puissent avoir une opinion sur le traité. C’est trop compliqué. » (Antoine Pinay, Le Figaro, 9.9.92)


« Le non « va consister à flatter les passions qui font une France réactive, conservatrice, étatiste, égalitariste, passions négatives et réactives, passions qui nous isolent et sur lesquelles on ne peut guère construire que du ressentiment. » (François Éwald, Les Échos, 5.10.04)


Liens


>>> A lire absolument, l’édito méprisant, haineux de Serge July dans Libération au lendemain du 29 mai 2005 :
http://lmsi.net/article.php3?id_article=402

>>> voir aussi le traitement médiatique partisan lors du référendum :
http://www.acrimed.org/rubrique316.html

>>> Les mécanismes de reproduction de l’élite, Délits d’initiés sur le marché universitaire américain :
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/11/FANTASIA/11696

>>> Elites médiatiques : de l’art de consacrer et légitimer la domination, Henri Maler :
http://www.acrimed.org/article2244.html

>>> Stratagème de la droite américaine, mobiliser le peuple contre les intellectuels :
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/05/HALIMI/13441