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8.2.Classes dominantes

Dernières modifications : 27.02.2007, 17:58

On parle de classes dominantes, dirigeantes, possédantes, il me semble que la première formule englobe les deux suivantes. L’inconvénient quand on parle de classes dominantes, c’est qu’on est bien obligé de parler de personnes, qui de part leur statut sont dans cette position de domination. Implicitement, elles sont alors considérées comme responsables de la domination en question. Et suivant la frontière de ce classement, elles seront jugées plus ou moins responsables ou pas du tout. Ceux qui peuvent faire jouer cette frontière ont donc un pouvoir énorme. On voit bien le danger du classement, de ce jugement arbitraire, pseudo-objectif, ne prenant pas en compte la spécificité des cas, en opposant des blocs entre eux. A mon sens, cela participe à la construction d'un ennemi commun, comme on peut le voir actuellement par rapport au « choc de civilisations ». Voir l'article : 12.1.La construction de l'ennemi. Il faut donc être vigilant par rapport à l’instrumentalisation des classements, mais il ne faut pas non plus se voiler la face. Il y a des évidences qu’il faut admettre : un petit nombre de personnes « éclairées » décident pour leurs intérêts de classe, contre la majorité des citoyens.

« Si les classes sociales sont disparues du discours, je ne pense pas qu’elles soient pour autant disparues dans la réalité du monde social tel qu’on peut empiriquement tenter de l’étudier. En termes de visibilité, je pense que, s’il est vrai que les classes populaires, ou la classe ouvrière, sont devenues de plus en plus invisibles pour de multiples raisons, - y compris de bonnes raisons, empiriques- , on ne peut pas en dire autant des classes dominantes, de la bourgeoisie. Ça fait obscène, je sais bien, de dire « la bourgeoisie », je le fais exprès.... La bourgeoisie est une classe mobilisée, particulièrement visible dans l’espace social. Elle est dotée d’une idéologie propre, la pensée néo-libérale telle que l’ont construite les prophètes de la Société du Mont-Pèlerin [Think Thanks ultralibéral] Voir l'article : 8.3.6."Think Tanks", reprise dans le consensus de Washington, notamment… Elle est dotée d’organisations de combat dans le champ politique : le Medef quand même, ça existe et ça se voit! Monsieur Seillière est un porte-parole digne de la classe qu’il incarne à mon avis au mieux, de multiples façons, économiquement, mais aussi culturellement, dans sa manière d’être…il est une incarnation aussi parfaite que Georges Marchais pouvait l’être des classes populaires, peut-être même plus réussie. Donc la bourgeoisie existe idéologiquement, elle existent organisationnellement, elle existe dans le champ politique où elle a de multiples relais, y compris – elle les a conquis - les partis « social-démocrate » qui se sont ralliés finalement à cette idéologie de la bourgeoisie offensive d’aujourd’hui. Elle existe internationalement: on pourrait dire qu’il y a une internationale de la bourgeoisie alors que celle des ouvriers a fait long feu. Bref en termes de visibilité, il y a une classe qui reste parfaitement visible, extrêmement organisée, très prégnante, très très offensive. Alors en face de cela il y a une réelle invisibilité politique, symbolique des classes populaires.» (Gérard Mauger - http://dsedh.free.fr/transcriptions/mauger91.htm)



Fichier sonore : "Comment on a tué la classe ouvrière" (2.20Mo), par Frédérique Pressmann (musique de Terry Dame) , janvier 2003, pris sur http://www.arteradio.com


>>> Le « consensus de Washington » :
http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/Lic-ecod/docs_pdf/Webconswash.pdf