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8.1.1.Au niveau des revenus

Dernières modifications : 24.02.2007, 18:47

La mesure des inégalités globales de richesse n'est pas crédible, et n’a que peu de rapport avec la réalité.

(Les extraits ci-dessous sont tirés d'Alternatives économiques, janvier 2007, p56-57-58)

« Premier point noir : les revenus du patrimoine. Pendant une dizaine d'années, la France a publié des données sur les revenus n'incluant pas ou seulement une très faible partie de ce type de revenus.[...] Deuxième point noir: la méconnaissance des ressources de certaines populations. Au bas de la pyramide, les étudiants, les personnes vivant en collectivité et les sans domicile sont exclus de l'enquête sur les revenus, ce sous-estime la population à faibles ressources. En même temps, les données fiscales minimisent très largement les revenus des travailleurs indépendants. [...] Plus-value (gains lors de la revente d'actions) est considéré comme une variation de la valeur des actifs et non d'un flux de revenus. Il en est de même pour les biens immobiliers. Cette pratique déforme donc de plus en plus la réalité des revenus, dans un contexte où la valeur des actifs patrimoniaux progresse beaucoup plus vite que les salaires. » (A partir d'Alternatives économiques, janvier 2007, p63-64)


Revenus, pris dans Alternatives économiques, janvier 2007
Revenus, pris dans Alternatives économiques, janvier 2007


Les classe dominantes : « Le Cerc, le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale, considère comme riches les personnes qui appartiennent aux 10 % les plus aisés. »


Les classes moyennes : « Chacun met ce qu’il veut dans les « classes moyennes », en fonction de sa vision de la société… et de son intérêt. . C’est ainsi que Louis Chauvel, constatant le flou du terme « classes moyennes », souligne que « le même mot tend à définir des groupes sociaux dont le niveau de revenu peut varier du simple au quadruple ». Tous ceux qui se situent au-delà des 30 % les plus démunis et en dessous des 30 % les plus riches, on rassemble 40 % de la population et des revenus qui s’étendent de 980 à 1 300 euros pour les personnes seules, de 1 800 à 2 500 euros pour les couples, et de 2 500 à 3 400 euros pour les familles avec deux enfants en bas âge. »


Les classes populaires : « Le seuil de pauvreté équivaut à la moitié du niveau de vie médian (par unité de consommation). Comme ce niveau est de 1 314 euros mensuels (en 2004, dernière année connue), le seuil de pauvreté est à 657 euros. A ce niveau, 3,6 millions de personnes (6,2 % de la population) peuvent être considérées comme pauvres. Mais si l’on considère que le seuil de pauvreté équivaut à 60 % du revenu médian – c’est généralement le cas dans les études européennes –, ce seuil passe à 788 euros par mois. 6,9 millions de personnes sont alors parmi les pauvres (11,7 % de la population). Du simple au double, pour une différence de niveaux de vie de 130 euros. Ce qui montre que, dans ces bas niveaux de vie, il y a beaucoup de monde.»


Il faut aussi prendre en compte ce paradoxe :

« En euros constants (inflation déduite), le seuil de pauvreté de 2004 est quasiment équivalent au revenu médian de 1970 : les pauvres d’aujourd’hui sont aussi « riches » que les classes moyennes d’il y a trente-cinq ans. Au passage, c’est ce type de comparaison qui conduit les générations plus anciennes, qui ont connu des temps où le pays était moins riche, à relativiser aujourd’hui le phénomène. Reste que la pauvreté étant d’abord une question relative, il est logique de prendre le niveau de vie médian comme base de calcul, ce qui fait que la progression de celui-ci tire le seuil de pauvreté vers le haut : pour que le taux de pauvreté diminue, il faut donc que le niveau de vie des plus pauvres augmente plus vite que le niveau de vie médian. C’est ce qui s’est passé depuis 1996, puisque (en se basant sur un seuil de pauvreté de 60 %) la France est passée d’un taux de pauvreté de 13,5 % à 11,7 %. Même si cela fait encore beaucoup de monde et si la baisse est (trop) faible, elle est indéniable. »