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7.Rapport capital / travail

Dernières modifications : 21.04.2008, 10:38

Cette relation entre le capital et le travail est fondamentale. Il y a ceux qui possèdent les capitaux et ceux qui louent leur force de travail. Ces deux groupes sont liés par des rapports conflictuels qui évoluent en permanence. En effet, leurs intérêts sont rarement les mêmes, les premiers veulent gagner de l'argent en utilisant toutes les possibilités du marché du travail, les autres veulent pouvoir travailler dans des conditions décentes pour un salaire décent. C'est ce qu'on appelle la lutte des classes. Plus les travailleurs sont soudés, mobilisés plus ils arrivent à peser dans ce combat permanent. Pour ceux qui croient encore à l'harmonie, et à la paix sociale sans conflits d'intérêts, on se retrouve à la fin de l'article.

Voir l'article : 10.2.4.Dévalorisation du travail
Voir l'article : 8.Classes sociales
Voir l'article : 10.La finance

"Le capital ne produit aucune valeur en lui-même et il ne peut grossir que s'il est valorisé par le travail productif. Un rendement du capital est donc toujours un prélèvement sur la valeur créée par les salariés." (Fondation Copernic, « Diagnostics pour sortir du libéralisme », p22)


" Les travailleurs n'ont guère d'autre issue que de louer la force de leurs bras et l'intelligence de leur cerveau à qui détient le capital. Le capital ne produit rien, mais il achète la capacité créatrice. " (Alternatives Economiques n° 65 - Hors-série - Le Capitalisme- 2005)


7.1.Chômage et profits

Dernières modifications : 21.04.2008, 10:38

" Depuis 20 ans, la courbe du chômage épouse étroitement celle des revenus financiers. Ce sont ces deux courbes qu’il faut inverser, et l’une ne peut baisser si l’autre continue à monter." (Fondation Copernic, Politiques alternatives : doc 1, http://www.fondation-copernic.org/COPP10-2.pdf)


Graphique sur le chômage et les profits
Graphique sur le chômage et les profits


>>> Graphique pris sur http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/travail/precarisation.pdf

>>> voir « Le pire ennemi des profits, le plein emploi ? » :
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9969

>> voir http://www.nouvellegauche.fr/chomage/

7.2.Salaires et profits

Dernières modifications : 31.01.2008, 15:07

« Aux luttes sociales intenses des années 1970, ont succédé les politiques économiques libérales, la financiarisation de l'économie, la suprématie des actionnaires, les gains de productivité non compensés par des hausses de salaires. Et le chômage. Jacky Fayolle directeur de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires), explique au Plan B : « Dans les années 1980, les politiques de désinflation ont tout misé sur le chômage pour faire ralentir les salaires. Le chômage devenant massif et persistant, il induisait une perte structurelle du rapport de force sur le marché du travail au détriment des salariés. » En 1980, quand une entreprise versait 100 euros bruts à un salarié, elle servait 9 euros de dividendes à ses actionnaires. Aujourd'hui, c'est 26 euros. Arnaud Lagardère, Serge Dassault, Martin Bouygues et Claude Perdriel se frottent les mains. Jacky Fayolle : « En dix ans, du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, ce sont 10 points de PIB qui ne sont plus allés aux salaires dans cette valeur ajoutée [c'est-à-dire la somme des richesses créées], mais aux profits. [...] Le PIB de la France s'élève à environ 1 500 milliards d'euros : 100 à 150 milliards d'euros ont donc ripé des revenus du travail vers les revenus du capital. » Un transfert colossal puisque ces 100 à 150 milliards d'euros ponctionnés chaque année représentent dix fois le trou de la Sécurité sociale (11 milliards d'euros) ; neuf fois le déficit de l'assurance-chômage (14 milliards) ; trois fois celui des retraites (43 milliards) » (Le Plan B n°2 (mai - juin 2006), http://www.leplanb.org/page.php?article=36)


Voir l'article : 10.2.1.Le PIB

Partage des richesses
http://www.lautrecampagne.org/article.php?id=40

Débat français à propos du pouvoir d’achat / Partage des richesses, la question taboue
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/RUFFIN/15507


SalaireValeurAjoutee
SalaireValeurAjoutee


>>> Graphique pris sur : http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/travail/precarisation.pdf

Entre les actionnaires et les salariés, le choix a été fait. Il est radical. Les dominants ne se sont pas trop posés de questions, du jamais vu. De ce point de vue, ce sont des extrémistes du marché.

Un Hold-up géant : 100 à 150 milliards d'euros pris aux salariés par an !


Un Hold-up géant, Fakir, janvier 2008
Un Hold-up géant, Fakir, janvier 2008


>>> Image prise à partir du site consacré à l'emission de radio "La bas si j'y suis" du jeudi 24 janvier 2008 :
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1353

CAC 40, 84 milliards d'euros de profits en 2005, Le Figaro économie, 16 mars 2006
CAC 40, 84 milliards d'euros de profits en 2005, Le Figaro économie, 16 mars 2006


« Les plus grandes entreprises – celles du CAC 40 – ont affiché des profits records [en 2004, 54 milliards d'euros, en 2005, 80 milliards, en 2006, 100 milliards], distribué des dividendes tout aussi explosifs et quasiment gelé les salaires. Pour Total, les dividendes versés ont grimpé de 15% et les salaires de 2,2% : pour la Société Générale, les chiffres sont respectivement de 32% et de 2,7% ; pour Renault, de 28,5% et de 4,6% (pour 2004-2005) ... (Sources : Les Echos, la Tribune) » (Le Monde Diplomatique, Mars 2006, p18)


Bénéfices record à 100 milliards, CAC 40.
Nouvel Observateur, 8 mars 2007, http://www.redir.fr/gngj

« Première évolution: celle du salaire net - celui qui figure en bas de la fiche de paie - dans l'ensemble de la rémunération du travail acquittée par les entreprises. Au début des années 70, les cotisations sociales représentaient 29 % de la rémunération totale : le reste (71 %) était donc du salaire net, sonnant et trébuchant si l'on ose dire. En 2005, le salaire net ne représentait plus que 59 % de la rémunération, soit une baisse relative de 12 points. Pour fixer les idées, s'il n'avait pas fallu apporter aux organismes sociaux une part croissante de la rémunération, les salariés des sociétés non financières auraient pu se partager en salaires nets 67 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont réellement perçus. Soit à peu près 400 euros de plus par mois en moyenne pour chacun des 13,8 millions de salariés que comprennent ces entreprises en France. Mais les prestations d'assurance maladie ont progressé entre-temps 1,6 fois plus vite que le produit intérieur brut (PIB), le chômage a quadruplé, le nombre de retraités a augmenté plus vite que le nombre de salariés, etc. C'est le financement de ces dépenses sociales qui a freiné la progression du salaire net. Certes, la part de la rémunération versée aux organismes sociaux ne progresse plus depuis 1993, mais c'est parce que l'Etat s'est substitué en partie aux employeurs: il a réduit les cotisations sociales sur les bas salaires et verse en contrepartie à la Sécurité sociale environ 23 milliards d'euros, une somme que l'ensemble des contribuables a dû payer et qui n'est sans doute pas étrangère à la dérive des finances publiques. » (Denis Clerc, Alternatives économiques, janvier 2007, p61)


« La deuxième évolution concerne la part du capital (l'excédent brut d'exploitation, dans le langage de la comptabilité nationale) : Depuis une quinzaine d'années, elle est de l'ordre de 32 % à 33 % dans les sociétés. Toutefois, la façon dont elle est répartie s'est beaucoup modifiée. Depuis une dizaine d'années, les sommes versées aux actionnaires (dividendes, stock-options, jetons de présence ... ) représentent une part très fortement croissante de l'excédent brut d'exploitation: d'environ 35 % en 1995, on est passé à près de 60 % en 2005 pour les sociétés non financières, et de 78 % à 113 % pour les sociétés financières (banques, sociétés de capital-risque ... ). Les sommes allouées aux actionnaires (dont beaucoup ne sont pas résidents) représentent désormais environ 30 % de la rémunération des salariés (salaires nets et cotisations sociales) et même plus de la moitié (51 %) des salaires nets, contre 27 % en 1995. Certes, la part versée aux ménages actionnaires qui résident en France n'est qu'une fraction de ce total (4), mais, face au gonflement des dividendes, le sentiment prévaut que les salaires sont à la traîne. En réalité, comme les profits n'ont pas augmenté plus vite que la valeur ajoutée des entreprises, ce qui est désormais distribué aux actionnaires vient amputer la part consacrée jusqu'alors à l'autofinancement des investissements par les sociétés. Les fonds de pension et autres fonds par capitalisation (assurance-vie, plan épargne retraite), détenteurs d'une fraction souvent déterminante du capital de certaines sociétés, exigent de ces dernières des dividendes de plus en plus élevés. » (Denis Clerc, Alternatives économiques, janvier 2007, p61)


« La menace des délocalisations pèse sur les rémunérations. Plus les entreprises se développent à l'étranger, moins elles ont besoin de soutenir la consommation en payant bien les salariés dans leur pays d'origine. Carrefour, numéro deux mondial de la distribution, a récemment annoncé 1.4 milliard d'euros de bénéfices pour 2004 et a distribué à ses actionnaires des dividendes en hausse de 27 %. Une salariée de 12 ans d'ancienneté, augmentée que de 1.79% en 12 ans.» (COURIER INTERNATIONAL N°756 - du 28 avril au 3 mai 2005, p30)


7.3.Difficultés

Dernières modifications : 19.02.2007, 15:28

« Dans les entreprises individuelles, le travail fourni est pour une part salarié, pour une autre part non salarié. Comme il est difficile de distinguer dans la rémunération des non-salariés ce qui est la contrepartie du capital technique qu'ils apportent et ce qui est la contrepartie du travail qu'ils fournissent, l'examen détaillé du partage entre travail et capital est très difficile, pour ne pas dire impossible. »(Denis Clerc, Alternatives économiques, janvier 2007, p61)


7.4.Constats

Dernières modifications : 01.03.2007, 16:50

Les premiers constats que l'on peut tirer rapidement : les profits augmentent, ils ne sont pas investis, le chômage augmente, les salaires et le pouvoir d'achats baissent, jusqu’à la pauvreté. Voir l'article : 9.Inégalités et pauvreté

Tout ça c'est du concret, ce n'est pas une mascarade théorique sur un antagonisme inventé. La classe dominante est mobilisée, elle, elle se bat pour ses intérêts. A nous d'en prendre conscience et d'agir en conséquence. Voir l'article : 8.Classes sociales

C’est rendu possible par plusieurs mécanismes parallèles, l'un deux est historiquement lié à la dévalorisation capitaliste du travail manuel, accentué par la distance toujours plus grande entre les travailleurs et les décisions de production. Voir l'article : 10.La finance

« Jean Peyrelevade: Je suis d'accord sur les symptômes à condition de préciser qu'il s'agit non d'un accident, mais d'une évolution majeure dans la structure du capitalisme mondial. D'abord, dans la lutte entre le capital et le salariat, le capital a gagné et impose ses normes à des salariés faibles, mal défendus par des syndicats sans réel pouvoir. S'ajoute à cela une dissociation dans la sphère même du capital. Longtemps, le capitaliste était à la fois entrepreneur et propriétaire: c'est le désir d'entreprendre qui était à l'origine de l'accumulation et de l'exploitation décrites par Marx. Aujourd'hui, les propriétaires-actionnaires sont animés par un désir d'enrichissement dissocié de l'esprit d'entreprise. Le capitaliste actuel est anonyme. Les détenteurs du capital, distincts des chefs d'entreprise, sont les 300 millions d'actionnaires qu'il y a sur la planète. Depuis 1947, la part des dividendes dans le revenu national, aussi bien aux Etats-Unis qu'en France, a quadruplé: la rémunération des actions augmente à peu près deux fois plus vite que le taux de croissance. Enfin, l'instrument même de l'investissement à long terme - l'action - est devenu le support très liquide de spéculations à très court terme de la sphère financière. [...] Le manager n'est plus que le servant zélé de l'actionnaire sur lequel ses intérêts sont alignés.
[...] Jean Peyrelevade: (..) une fois de plus, c'est la puissance dominante qui impose son modèle. Et il ne faut pas oublier que la moitié des 300 millions d'actionnaires de la planète (5% de la population du globe) sont américains. Le capital mondial est détenu à 50% par les Américains et la sphère financière n'a jamais rien fait d'autre que propager le modèle américain ! » ( L'express, http://www.redir.fr/gvti)