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2.1.Le vocabulaire

Dernières modifications : 21.04.2008, 10:18

Premièrement, le mot "charge" sociale n'existe nulle part dans les textes juridiques. C'est une invention. Il faut être vigilant car le travail de redéfinition des mots est constant. Le vocabulaire n'est pas neutre, il est ici au service de l'idéologie néolibérale. En ce sens, c'est une forme de propagande.

Voir l'article : 11.4.Travail idéologique, symbolique

L'évocation du mot « charge » exprime l'idée de pesanteur. C'est lourd, ça pèse, c'est gênant. C'est donc inconsciemment un « problème » à résoudre. La solution est toute trouvée, incluse dans le mot lui-même : alléger. Il faut alléger les « charges » c'est évident, voir s'en débarrasser pour les plus malins. Le mot « social» est souvent rattaché à « charge », ainsi petit à petit tout ce qui concerne le « social » devient à son tour pesant. C'est censé nous faire comprendre que le collectif, le social en général, est difficile à faire bouger, son inertie n'est pas adaptée à la vitesse des sociétés actuelles. Par opposition, on a une valorisation de l'individu, qui n'étant plus lié à la société, au collectif, est plus léger, plus rapide, plus "libre". Un vrai conte de fée. En comptabilité par exemple, on retrouve cette façon de présenter les choses : les machines sont des investissements tandis que les salaires et les retraites sont des charges ! C'est le monde à l'envers.

Remettons le sens des mots à leur juste place, refusons cette inversion de valeurs.
Les cotisations sociales ne sont pas une « charge », c'est la solidarité.
Le travail n'est pas un « coût », c'est une richesse.


« Ce qui coûte cher ce n'est pas le travail, c'est ce que le capital prend au travail. » (Gérard Filoche, Jean Jacques Chavigné)


Voir l'article : 7.Rapport capital / travail

« Comment se fait-il qu'un travail de plus en plus productif (toutes les études montrent la très grande productivité du travailleur français), donc de moins en moins cher d'un point de vue comptable, devienne toujours plus cher au regard de l'employeur ? » (Jean-Luc Gréau, http://www.marianne-en-ligne.net/)


« C’est le travail qui devient de plus en plus productif, sous l’effet du savoir de plus en plus grand et des outils de plus en plus performants. Et c’est bien de la réappropriation collective de cette productivité dont il s’agit lorsqu’on réclame une forte réduction du temps de travail. » (Jean-Marie Harribey, http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/monnaie/postface.html )