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6.2.Il n'y a pas d'alternatives

Dernières modifications : 17.03.2007, 21:17

Voir l'article : 11.4.3.Convergence droite/gauche

« Deux types inconciliables d'organisation sociale s'affrontent, en définitive, qu'on peut appeler, d'après leurs manifestations les plus caractéristiques : la société commerciale et la société militaire. Les termes ne sont pas très bien choisis puisqu'ils mettent l'accent sur des traits secondaires et cachent l'alternative essentielle. On pourrait les caractériser plus correctement en disant : Ou bien tout le choix et tout le risque appartiennent à l'individu ou bien il en est totalement dégagé. L'idée que nous nous faisons de l'armée approche le plus du deuxième type d'organisation sociale. » (Friedrich Von Hayek, la route de la servitude, 1944, p94)


« Evidemment, dans une société basée sur la concurrence, on peut tout avoir en y mettant le prix, mais souvent c'est un prix cruellement élevé. C'est là un fait dont on ne peut pas contester l'importance. Mais, la seule alternative possible, c'est l'obéissance aveugle à des ordres ou à des interdictions, ou, en fin de compte, la protection des puissants. » (Friedrich Von Hayek, la route de la servitude, 1944, p74)


Friedrich Von Hayek, un des penseurs du néolibéralisme, diabolise toute intervention de l'Etat, c'est une habitude. Il faut choisir entre la concurrence ou un régime dictatorial. Vu comme ça, finalement, ça ne nous laisse pas vraiment le choix, non ? On peut même dire que ce type de formule réductrice est en soi autoritaire et contredit le propos en nous enfermant dans un choix unique. De plus les faits montrent que les pays « libéraux » comme les U.S.A ou le Royaume-Uni ont toujours eu un petit faible pour la guerre. Comme quoi la notion de « liberté » invoquée, c’est vraiment un prétexte.

« C'est toujours la même rengaine : « il n'y a pas d'alternative ». Et cette rengaine est creuse et bien identifiée : le fameux « TINA » (« there is no alternative ») était justement le slogan favori de Margaret Thatcher. Or, les slogans ne sauraient tenir lieu de pensée, et cette manière répétitive et obsessionnelle de répéter qu'il n'est pas d'autre choix possible que le « oui » [au référendum sur le traité constitutionnel européen en France en 2005] relève de la pulsion mortifère, et révèle une grave démission de la pensée. A lire Morin, entre le Gosplan et l'ultralibéralisme sauvage, il n'y aurait donc pas d'espace ? Quel mépris pour tous ceux qui ne sont ni des communistes nostalgiques de Staline, ni des ultra-libéraux enragés comme ceux qui ont commis le Traité Constitutionnel Européen ! Quel mépris pour ceux qui souhaitent voir se réaliser des voies moyennes, intermédiaires, ou différentes. Et quel manque de lucidité historique et économique ! L'Histoire nous montre, à vaste échelle, que les systèmes complexes, hybrides, les voies moyennes, ont existé. Elle nous montre qu’elles ont été multiples, fondées sur des arrangements institutionnels et des solutions économiques variées. Entre mille exemples, que s'est-il donc passé en Europe pendant les Trente Glorieuses ? Nous étions loin du libéralisme débridé proposé par la Constitution. Pour autant, vivions-nous en union soviétique ? Et que dire du succès des pays Scandinaves, qui ne sont pourtant pas des satellites de la Corée du Nord ? En économie, il existe des dizaines d'Ecoles de pensée qui ne partagent pas les postulats et conclusions des ultra-libéraux. Et même au sein de la mouvance néoclassique proche de cette idéologie, il existe des différences. Même Maurice Allais, prix Nobel, proche de cette mouvance relativement libérale, a clairement pris parti pour le « non » à ce traité, justement parce que ce texte est bien trop libéral. » (D. Lang, 29 mai 2005, Au lendemain du non, la désillusion, ou l'espoir ? http://econon.free.fr/Lang.html)


« Les non-initiés seront sans doute également surpris d’apprendre que, pour qualifier les économies qui n’ont pas eu le bon goût de déréglementer totalement leurs marchés financiers, les économistes libéraux, à longueur de colloques ou dans les revues les plus sérieusement académiques, n’hésitent pas à parler de « répression financière ». Elle est devenue l’expression théorique consacrée par une science économique, de toute évidence parfaitement neutre, pour désigner ces contrées hostiles où de courageux investisseurs résistent à la dictature des non-marchés, car c’est bien connu, là où la déréglementation n’a pas triomphé il ne peut y avoir que le goulag. On aurait tort d’imaginer que ce sont là des égarements extrêmes et peu significatifs. Avec un formidable sens de l’à-propos, le Medef a en effet choisi le moment précis où la finance internationale part en lambeaux pour publier un rapport positivement intitulé Réussir la mondialisation (rapport au Medef, sous la présidence d’Antoine Jeancourt-Galignani, juin 2002) et dans lequel on peut, entre autres perles, lire ceci : « Le monde a fait l’expérience de l’anti-mondialisation pendant une grande partie du XXè siècle. Les souffrances et les misères provoquées par ces idéologie nationalistes ou collectivistes on été immenses. ». Au moins les choses sont-elles parfaitement claires : objecter à la « mondialisation », c’est prendre au choix le chemin du nazisme ou celui du stalinisme… Grâce au ciel, l’exceptionnelle rigueur intellectuelle des penseurs du Medef sait aussi regarder le bon côté des choses et, avec un sens de la formule qui ne laisse pas moins pantois, n’hésite pas à déclarer la mondialisation « globalement bénéfique ». Si l’on s’autoriserait les facilités de la pensée analogique, on serait tenté de se souvenir que la dernière fois qu’un système a été qualifié de « globalement positif », ça ne lui a pas porté bonheur. En rêvant un peu, on se prendrait à imaginer que, comme jadis, ce satisfecit des derniers apparatchicks du capitalisme libéral pourrait bien augurer de sa disparition prochaine … » (« et la vertu sauvera le monde ... », Frédéric Lordon, 2003, p120-121-122)


A trop vouloir l’égalité, on prône le goulag
« Depuis la Théorie de la justice de John Rawls, l'équité a envahi le langage néolibéral en chassant l'égalité dont la passion – comme Hannah Arendt, Raymond Aron et François Huret ont cherché à nous l'apprendre – mène droit au goulag.» (Eric Hazan, « LQR la propagande au quotidien », p33)


Voter Non à l’Europe libérale, c’est être un fasciste, nationaliste, peureux, … Merci de la délicatesse et de la pédagogie !
Affiche comité de la gauche pour le OUI en diabolisant le NON
Affiche comité de la gauche pour le OUI en diabolisant le NON


Citations tirées de Oui-ouistes, PLPL, février 2005:
http://www.homme-moderne.org/plpl/n23/23.pdf

« Parlant cette fois des opposants au traité, Mme Martine Aubry leur reprocha un « populisme qui a conduit l’Italie d’autrefois à ce qu’on sait ». » (Médias en tenu de campagne européenne, Serge Halimi, http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HALIMI/12168)


« Le non « va consister à flatter les passions qui font une France réactive, conservatrice, étatiste, égalitariste, passions négatives et réactives, passions qui nous isolent et sur lesquelles on ne peut guère construire que du ressentiment. » (François Ewald, Les échos, 5.10.04) »


« Un "non" au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. » (Jacques Lesourne, Le Monde, 19.9.92)


« En votant "non", nous donnerions un magnifique cadeau, sinon à Hitler, à Bismarck.» (Alain- Gérard Slama, Le Figaro, 18.9.92)


« En marge de la campagne électorale, le 15 février 2007, sur France 3, l’émission « Ce soir ou jamais », présentée par Frédéric Taddeï avait pour thème « L’entreprise rêve ou cauchemar » [http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/article.php?id_article=189&id_rubrique=80#2]. L’émission s’achève par la diffusion d’un documentaire relatant l’expérience autogestionnaire de LIP. On y voit le secrétaire général de la CFDT de l’époque, Edmond Maire, prendre la parole devant les salariés et parler « d’une nouvelle alternative démocratique à l’organisation du travail ». Sur le plateau, Thomas Coutrot, présenté sur le site de l’émission comme un « économiste de tendance marxiste », prend la parole : « [...] La démocratie peut aussi fonctionner dans l’entreprise et une expérience telle que LIP pourrait être expérimentée à grande échelle de nos jours... Je pense que l’utopie qu’il y a derrière, l’idée qu’un homme égale une voix, l’élection des dirigeants, l’idée qu’on peut gérer une entreprise de façon démocratique, elle est parfaitement valide aujourd’hui. Dans quelques dizaines d’années, on n’acceptera pas que des hommes, des capitalistes, sous prétexte qu’ils détenaient un paquet d’actions, puissent décider du sort des autres de cette façon-là comme autrefois les féodaux décidaient du sort de leurs paysans ». Gros plan sur le visage atterré de Christophe Lambert, ex patron de Publicis Conseil, présenté sur le site de l’émission comme « écrivain et philosophe ». Frédéric Taddeï lui passe ainsi la parole : « Alors, on a entendu le marxiste... (rires), le libéral maintenant ! ». Puis c’est le tour du pseudo sociologue Michel Maffesoli de prendre la parole. Après avoir déclaré que les propos de Coutrot étaient « surréalistes », l’« expert » expertise : « [...] dans le fond, l’utopie telle que nous la présente Monsieur (Il désigne Thomas Coutrot) peut aboutir à ce qu’étaient les grands camps de concentration, parce que c’était grandiose, c’était très beau, c’était la démocratie. » En deux phrases, « l’expert » vient d’« expliquer » que l’utopie de la gestion démocratique de l’entreprise mène tout droit aux camps de concentration, voire se confond avec eux. Que va dire Taddéï, dont un portrait pour le moins flatteur paru dans Libération du 16 février nous dit qu’il « pointe assez vivement la confusion victimaire et les abus de langage » ? Le « pointeur » n’aura pas ou ne prendra pas le temps de dénoncer un « abus ». Il laisse, en guise de conclusion de l’émission, Christophe Lambert remercier Michel Maffesoli pour cette « superbe intervention ». Deux libéraux comme on entend partout et un antilibéral, comme on en entend plus rarement : l’équilibre est respecté. » (Acrimed, Brèves de campagne 2007, http://www.acrimed.org/article.php3?id_article=2576)


Vouloir simplement réguler l’économie pour sauver l’environnement, c’est prôner un nostalgique Etat totalitaire :


Serge July : Je trouve votre démarche très légitime, et quand on évoque les solutions, je ne peux pas m'empêcher de penser à une économie planifiée. On voir la planification, oui je m'excuse quand je vous ai écouté tout à l'heure parler du circuit court [...].
Nathalie Kosciusko-Morizet : C'est un tropisme
July : Ca s'appelle une économie planifiée ça, je m'excuse
Christine Ockrent : Ca n'a pas marché d'ailleurs.
July : Je ne vois pas comment ça peut marcher autrement qu'en une économie planifiée.
[...]
Nicolas Hulot : En tout cas, on n'a jamais eu autant besoin de planification et on s'est dépossédé curieusement des instruments notamment [coupé]
July : Comme le disais dans son interpellation Christine Ockrent, ça renvoie à un Etat très puissant.
Hulot : Non.
July : Beaucoup plus puissant qu'il n'est aujourd'hui.
[...]
Hulot : Dans le mot planification on peut tout mettre, je pense qu'on a besoin de régulation. Simplement encore une fois parce qu'on peut le regretter, il y a les adeptes de l'ultralibéralisme et ceux qui sont contre. Mais, me semble-t-il ce débat est obsolète. Simplement encore une fois parce que nous sommes dans un monde clos et que dès lors il faut trouver un équilibre entre ce que la planète peut nous donner et ce que nous pouvons lui demander. Comment fait-on ? Ou on laisse les choses se réguler... voilà
July : Je ne sais pas comment on fait. Je vous écoute et j'entends un langage qui est celui effectivement un peu nostlagique de l'économie planifiée. (Le site de l’émission : http://france-europe-express.france3.fr/26266981-fr.php
, extrait sonore de France Europe Express du 26 Novembre 2006, avec Nicolas Hulot questionné par Serge July)


A propos du propagandiste ultralibérale Alain Gérard Slama : "On dirait un de ces vieux journalistes brejnéviens qui étaient effrayés par les conséquences de la Perestroïka et insultaient tout ce qui remettaient en cause leur système idéologique." (La décroissance, février 2007, p6)


En effet, selon Alain Gérard Slama : "Cette logique serait parfaite si l'État se souciait davantage de soutenir par ses subventions les associations qui retroussent leurs manches, et mènent des actions positives d'information et de soutien ; au lieu de laisser faire, voire d'encourager les groupes activistes réactionnaires d'extrême gauche, au fâcheux relent d'années 1930, qui bloquent la recherche et le progrès à grand renfort de commandos et de plaintes en justice. L'autre attitude, qui est celle des mouvements altermondialistes et écologistes, considère que l'effet de serre condamne le modèle capitaliste de développement et le système représentatif de la démocratie parlementaire. Ses moyens, inspirés du marxisme-léninisme, sont ceux du volontarisme révolutionnaire. Ils reposent sur l'interdiction, la planification en matière de production, de communication et d'urbanisme ; ils censurent les ­libertés de s'exprimer et de circuler, encadrent dans un réseau illimité de normes les modes de consommation et de comportement. À tous égards, la pensée écologiste, hantée depuis longtemps par la nostalgie d'un âge préindustriel et communautaire, est, avec les fondamentalismes religieux, l'avatar le plus dangereux des idéologies totalitaires du XXIe siècle." (Écologie : la tentation totalitaire, Le Figaro, 18 décembre 2006, http://www.redir.fr/gzti)