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5.5.Dette publique, rente privée

Dernières modifications : 01.03.2007, 17:13

« L’Etat perd ainsi sur tous les tableaux : ces rentrées fiscales reculent et il doit emprunter (en payant des intérêts) pour combler le déficit qui en découle. Les détenteurs de capitaux gagnent sur tous les tableaux : ils paient moins d’impôts et ils perçoivent les intérêts des sommes qui leur ont été empruntées au lieu de leur être prélevées. La nouvelle augmentation des taux par la Banque Centrale Européenne accroîtra les bénéfices de ces détenteurs de capitaux et appauvrira l’Etat : Thierry Breton reconnaît lui-même que le service de la dette est le deuxième poste de dépense, après l’Education nationale ! L’ « euthanasie des rentiers » chère à Keynes est plus que jamais d’actualité » (Dette publique : la France est-elle en faillite ?, débat avec Jean-Paul Fitoussi)


Thierry BRETON : « L’ensemble de l’impôt sur le revenu des français ne sert désormais pratiquement qu’à payer les intérêts de la dette » la Tribune 30 novembre 2005.


« L'histoire récente a été contrainte d'enregistrer les deux crises mexicaines (1982 et 1985), le krach asiatique (1997), les crises russe (1998) et brésilienne (1999), celle de l'Argentine (2001) et celle de la Turquie (2002). En fait remarque Jean-Luc Gréau, « un examen plus détaillé permettrait de décompter une centaine de cessations de paiement sur la dette des économies dites émergentes dans les vingt-cinq dernières années » . Ces faillites reposent, pour une grande part, sur un mécanisme scandaleux: plus un pays - sauf les Etats-Unis, bien entendu - connaît de difficultés financières, plus on lui prêtera de l'argent à un taux exorbitant. Au bout d'un moment, ledit pays ne parvient plus qu'à payer les intérêts de sa dette. Il doit donc emprunter à nouveau, à un taux d'intérêt encore plus élevé. « Après un certain nombre d'années d'un tel régime, analyse Gréau, les nouveaux emprunts n'ont plus pour but et pour résultat que de payer des intérêts échus. Puis [...] les nouveaux emprunts ne couvrent même plus les intérêts échus [...]. En 2003 et 2004, le Brésil versait à ses créanciers plus qu'il ne leur empruntait. » Ainsi les pays du Sud sont-ils peu à peu devenus de simples cotisants à perte du marché international des capitaux, statut qui ne leur laisse guère d'espoir de développement, sauf à un effacement brutal de leur dette... ce qui signifierait que les grands accords financiers qui encadrent le monde sont de simples chiffons de papier. » (Jean Luc Gréau, http://www.marianne-en-ligne.net/l)


Voir l'article : 10.3.3.Un résultat plus catastrophique qu'une guerre