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4.3.2.L'OCDE fait la guerre aux chômeurs

Dernières modifications : 22.02.2007, 23:43

L'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) réunit les 29 pays les plus riches du monde. Créé en 1948 sous le nom de OECE, transformé en OCDE en 1960, cet organisme dont le siège est à Paris est un "club fermé" qui est soumis à trois contraintes : respecter les droits de l'homme, la démocratie et appliquer l'économie de marché. Elle se charge de "discipliner la concurrence" en poussant les pays membres à adopter ses « réformes » agressives (qui sont en fait des régressions sociales). Son dernier livre « Perspectives de l'emploi de l'OCDE (2006). Stimuler l'emploi et les revenus » propose de s'attaquer aux chômeurs pour faire pression sur les travailleurs et ainsi baisser leurs revendications. Malin, mais pas très nouveau.

« Comment, se demande [l'OCDE, dans son livre], faire accepter des réformes du marché du travail qui seraient dans l'intérêt des salariés et des chômeurs, mais qu'ils ne veulent pas ? (...) Il faut procéder à « des réformes partielles : réformes à la marge pour mettre en oeuvre des changements de politique ultérieurs plus profonds ». L'offensive doit donc passer par les ailes, et saper les contreforts les plus fragiles du salariat, en réservant pour un second assaut le « noyau dur » : « Pour éviter les conflits avec les principaux groupes d'intérêt, les gouvernements peuvent, dans un premier temps, introduire des réformes à la marge du « noyau dur » du marché du travail sans véritablement toucher aux structures institutionnelles dont bénéficient les travailleurs en place. Cela tend à renforcer la dualité du marché du travail, ce qui peut ensuite permettre de gagner progressivement le soutien de l'opinion publique à des réformes plus fondamentales des institutions et politiques du marché du travail. (...) Cette bataille menée en bon ordre, conclut l'OCDE, « a probablement placé les travailleurs titulaires d'un contrat permanent dans une position de faiblesse pour s'opposer aux réformes dans la mesure où travailleurs temporaires et chômeurs étaient relativement nombreux.» » (Le Monde Diplomatique, Décembre 2006, p5, Des experts aux idées fracassantes, Economistes en guerre contre les chômeurs, http://www.monde-diplomatique.fr/2006/12/CORDONNIER/14220)


L’OCDE : « Les réformes structurelles qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés. » Les travaux de l'OCDE coûtent très cher aux contribuables, mais ils sont francs. » (Le Monde Diplomatique, Décembre 2006, p5, Des experts aux idées fracassantes, Economistes en guerre contre les chômeurs, http://www.monde-diplomatique.fr/2006/12/CORDONNIER/14220)