Téléchargement | Historique
-+
imprimer cette page exporter la page en PDF

4.1.Chômeur = profiteur ?

Dernières modifications : 16.06.2011, 12:46

LaFranceDesAssistes_FigaroMagazine_20110604
LaFranceDesAssistes_FigaroMagazine_20110604


Décortiquons cette rhétorique nauséabonde, celle du" chômeur-profiteur" et du montant trop élevé des minimas sociaux, confrontons-la à la réalité. Les minimas sociaux ne favoriseraient pas l'emploi car ils désinciteraient les « assistés » à travailler. La différence entre les revenus du salarié et du chômeur n'étant pas assez grande, cela les inciterait naturellement à se contenter des minimas et ne pas chercher d'emplois. Rien faire en étant payer, le pied !

Mais dans ce cas-là,
« Comment se fait-il qu'en France, par exemple, 25% des salariés (insistons : un quart de la population salariée !) aient « fait le choix » de travailler pour un revenu mensuel moyen (ou ramené à une base mensuel) inférieur à 1,14 fois le smic... alors qu'il n'aurait pratiquement rien à perdre à se mettre en roue libre pour toucher le jackpot de l'assistance ? Si [cette théorie] opérait vraiment, il y aurait actuellement, en France, non pas 2 millions de chômeurs officiels, mais 7 millions de chômeurs volontaires ! » (Le Monde Diplomatique, Décembre 2006, p5)


De plus, tout le monde s'accorde à le dire, la principale ambition des chômeurs c'est de retrouver un emploi tout simplement, payer leur dette. Pour plus de détails, voir l'enquête d'AC! à Montluçon http://www.ac-reseau.org/spip.php?article1398. Le maintien de minimas sociaux très bas est un frein à la mobilité des personnes (transports, logements, etc.), à leur autonomie (santé, culture, communications, téléphone, lettres postales, etc.). Cela favorise l'isolement et empêche finalement le retour à l'emploi, si c'est bien cela que l'on recherche.

"Est-ce normal que les allocations soient limitées à un tel niveau que quasiment la moitié de leurs bénéficiaires se trouvent en situation de gérer un "budget négatif" ? Une société où l'on doit faire des emprunts pour assurer sa simple survie est-elle vraiment saine ?" (CQFD, n°39, Novembre 2006, p10)


"De plus en plus de salariés assurent vivre grâce à l'autorisation de « découvert » ou s'engagent sur des crédits à la consommation de type revolving, ce qui signale souvent le début d'un engrenage infernal vers le surendettement." (Humanité Dimanche 16 au 22 novembre 2006 p19)


«Les droits aux allocations chômage ont été revus à la baisse, en 2004 et en 2006, en allongeant d'une part, la durée minimale d'activité nécessaire à l'ouverture des droits, et en diminuant, de l'autre, la durée d'indemnisations. A l'autre bout, la durée d'allocation spécifique de solidarité (ASS), qui « recueillait » les recalculés de l'assurance-chômage et les chômeurs en fin de droit, a été considérablement réduite.» (Le Monde Diplomatique, Décembre 2006, p4)


« Alors que le SMIC horaire a augmenté de 81% entre 1989 et 2006, le RMI a seulement augmenté de 40%. Il y a donc un décrochage flagrant entre l'évolution du SMIC, déjà insuffisante, et celle du RMI. Et là encore, il serait mensonger d'affirmer que moins le RMI permet de vivoter, plus il incite ses bénéficiaires à sortir de leur situation : la baisse du niveau de vie des érémistes a été concomitante avec l'augmentation de leur nombre ... » (Marion Esquirée, Humanité Dimanche 16 au 22 novembre 2006 p24)


Voir l'article : 9.Inégalités et pauvreté