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2.3.Le but des libéraux

Dernières modifications : 23.02.2007, 10:37

Revenons à la proposition de départ : baisse des cotisations sociales = baisse du chômage ?

« Aucune étude basée, non sur des hypothèses, mais sur des données effectives n’a pu montrer que la baisse des salaires indirects (des cotisations sociales) permet de créer des emplois en substituant le travail au capital. » (Gérard Filoche, Jean Jacques Chavigné)


Le projet du Medef et des libéraux est de nous imposer le système anglo-saxon.
Voir l'article : 11.Le néolibéralisme

En nous imposant le couple rente/fiscalité au lieu du salaire indirect, ils feraient d’une pierre trois coups :

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« Ils diminueraient le coût du travail et augmenteraient les profits. En effet, ce ne serait plus le salaire indirect qui financerait les prestations sociales mais l'impôt, payé essentiellement par le salariat. [...] C’est le travail qui est à l’origine de toute création de richesse. Il est donc tout à fait normal que ce soit, à la source, à l’occasion du travail des salariés ou des travailleurs indépendants, et donc par la cotisation sociale et non par l’impôt, que les besoins fondamentaux comme le besoin de santé soient financés. » (Gérard Filoche, Jean Jacques Chavigné)


« Une des fonctions centrales de l’État dans la régulation néo-libérale est la socialisation des faux frais du capital. Ainsi l’allègement des " charges salariales " est-il systématiquement organisé par la prise en charge d’une partie de ces "charges" par le budget de l’État sous la forme de revenus d’assistance en tout genre [RMI, Prime pour l'emploi, etc.]. » (Néolibéralisme ou keynésianisme rénové : la fausse alternative, mars 1999, Denis COLLIN, http://www.la-sociale.net/article.php3?id_article=44)


En un mot, ce que devrait payer le capital aux salariés, c'est l'Etat qui s'en charge, c'est-à-dire les salariés eux-mêmes, à travers l'impôt, les exonérations et les aides !

« Certes, la prime pour l'emploi est un plus pour le salarié qui la reçoit, reconnaît Jean-christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT. Cependant, comme les exonérations de cotisations sur les bas salaires, elle devient vite un moyen pour les entreprises de payer moins les salariés. C'est ce type de mesure fiscale qui créé des trappes de bas salaires. » (Humanité Dimanche, 16-22 novembre 2006, p 24)


2


« Ils affaibliraient considérablement le salariat [qui est aujourd'hui dominant: 9/10 des actifs sont salariés !]. Les intérêts homogènes du salariat feraient place à des intérêts antagonistes. Les intérêts de ceux dont le pouvoir d’achat dépendrait uniquement du salaire direct s’opposeraient aux intérêts de ceux qui bénéficieraient de stocks options ou d’épargne salariale et dont l’œil serait rivé sur le cours de l’action de l’entreprise plus que sur la fiche de paye. Les intérêts de ceux qui dépendraient pour leur retraite ou leur allocation chômage de l’impôt s’opposeraient aux intérêts des salariés les mieux rémunérés qui voudraient payer le moins d’impôt possible. » (Gérard Filoche, Jean Jacques Chavigné)


« [Les critiques libérales] s’en prennent au niveau jugé excessif des « charges sociales » voire évoquent leur suppression pure et simple, elles signifient purement et simplement la volonté d’une dévalorisation plus ou moins importante de la force de travail, par rétrécissement et appauvrissement des normes de consommation et des standards de vie de la population salariée. [...] Ainsi en va-t-il des mesures successives de déremboursement d’un certain nombre de produits et de services médicaux ; et l’allongement de la durée minimale de cotisations à l’assurance vieillesse, dans un contexte de raccourcissement de la durée d’emploi, sous l’effet conjugué de l’allongement des études, du développement du chômage et de la précarité, programme de même une baisse drastique des pensions de retraite dans les prochaines décennies". (Les charges sociales, Alain Bihr)


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« Enfin, les capitaux privés auraient la possibilité d’être mis en valeur dans d’immenses domaines qui leur sont largement fermés aujourd’hui : l’assurance maladie, les retraites... » (Gérard Filoche, Jean Jacques Chavigné)


« Pour autant que certaines de ces critiques proposent d’intégrer l’ensemble des charges sociales dans le salaire dans un souci de simplification administrative, elles ouvrent évidemment aussi la voie à la privatisation de la protection sociale, pour le plus grand bénéfice des compagnies d’assurance (capitalistes ou mutualistes) qui viendraient se substituer aux actuelles administrations publiques qui en assurent la charge. Les centaines de milliards d’euros sur lesquels ces compagnies pourraient ainsi mettre la main doivent peupler les rêves les plus doux de leurs actuels dirigeants. » (Les charges sociales, Alain Bihr)


Voir l'article : 6.6.Monopoles publics / privés

>>> voir aussi le documentaire "Quelque chose de notre histoire", de Jean Druon :
http://nonautraite.free.fr/index.php?page=11.php