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12.4.Résistances et violences

Dernières modifications : 09.03.2007, 18:18

Quand désobéir devient un devoir
Quand désobéir devient un devoir


C'est le sens de l'appel du Réseau Education Sans Frontières, "Nous les prenons sous notre protection." :
http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=24

« Quand le gouvernement encourage les intérêts privés ou les laisse s’imposer aux dépens de tous et de la terre. Quand la loi privilégie l’intérêt particulier au détriment de l’intérêt général, criminalisant ceux qui, en nombre restreint, ont osé l’enfreindre. Que reste-t-il aux citoyens responsables pour que le droit redevienne la référence de régulation entre les personnes et les biens, pour que l’Etat retrouve son indépendance et soit cette instance de défense et de préservation du bien commun ? Il ne reste plus en conscience aux citoyens que d’affronter cet état de non-droit pour rétablir la justice au risque des amendes et des peines de prison possibles. Plus la conviction sera forte, plus le nombre des volontaires sera important, plus nous changerons le rapport de force. Agir à visage découvert et en plein jour, c’est cela notre force et notre expression démocratique pour que ce danger soit pris en compte avant qu’il ne soit trop tard. Dans l’état de nécessité actuelle où nous nous trouvons, nous n’avons plus rien à notre disposition pour que la démocratie reste une réalité. C’est l’impuissance de l’Etat et l’usage inversé de la loi qui nous font entrer en résistance pour refuser la fatalité. " Renoncer à la Désobéissance Civile, c’est mettre la conscience en prison", a dit Gandhi. La désobéissance civile est une action citoyenne et réfléchie. Elle peut compter sur un soutien important de la collectivité puisque 70% des Français de tous bords politiques sont opposés aux OGM dans leur alimentation. Dès maintenant, nous pouvons penser à une journée de fauchage volontaire sur toute l’étendue du territoire français. » (Désobéissance civile... face aux OGM, http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=3850)


Une petite hypocrisie ne faisant pas de mal, écoutez notre bon ministre :
« Aucune violence ne sera jamais légitime (en parlant d'un guet-apens contre des policiers à Epinay)" (interview de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture, lors de l'exposition « Rue au grand palais, Paris, 13-15 décembre 2006, pris sur ce blog http://www.oliaza.ouvaton.org/?p=42)


Illustration Nicolas Filloque, Manière de Voir, Banlieue, Octobre-Novembre 2006
Illustration Nicolas Filloque, Manière de Voir, Banlieue, Octobre-Novembre 2006


« On ne peut pas tricher avec la loi de la conservation de la violence: toute violence se paie et par exemple la violence structurale qu'exercent les marchés financiers, sous forme de débauchages, de précarisation, etc., a sa contrepartie à plus ou moins long terme sous forme de suicides, de délinquance, de crimes, de drogue, d'alcoolisme, de petites ou de grandes violences quotidiennes. » (Contre-feux, Pierre Bourdieu, p46)


« La France des «plans sociaux» est aujourd'hui celle des périphéries urbaines ou rurales. De Romorantin à Alençon, de Boulogne-sur-Mer à Givet, de Prémorel à Longwy ce sont les zones industrielles ou rurales des périphéries qui subissent en priorité la précarisation de l'emploi et le chômage. Ces vagues de licenciement ont entraîné partout des réactions violentes des travailleurs. Les uns menaçant de provoquer une catastrophe écologique, les autres de faire exploser des fûts de gaz ou encore de voter pour le Front national. Peu ou pas syndiqués, politiquement inexistant, ces travailleurs n'ont d'autre choix que la radicalisation. La question est de savoir combien de temps encore les couches populaires respecteront un système qui les désavoue en peu plus chaque jour ? » (Atlas des nouvelles fractures sociales en France, par Christophe Guilluy - Christophe Noyé, 2004)


«La bourgeoisie montante s'est réservé l'illégalisme des droits : « La possibilité de tourner ses propres règlements et ses propres lois ; de faire assurer tout un immense secteur de la circulation économique par un jeu qui se déploie dans les marges de la législation - marges prévues par ses silences ou libérées par une tolérance de fait. » (Les privilèges de la délinquance économique et financière : Pierre Lascourmes, Directeur de recherche au CNRS, Cevipof, Sciences-po, dans Alternatives Economiques n°65 - Hors-série - Le Capitalisme-2005, p48)

Voir l'article : 10.4.4.Criminalité financière

« L'action collective protestataire, en d'autres termes, serait un des rares registres d'intervention dans le jeu politique accessible aux groupes exclus du système politique, une « arme des faibles » en quelque sorte, permettant aux « sans voix » de se faire entendre lorsque les voies d'expression politique ordinaires - c'est-à-dire en premier lieu par la délégation électorale - leur sont fermées. Cette fermeture expliquerait la dimension « perturbatrice » des mouvements sociaux, dont les militants devraient en quelque sorte s'imposer, en le perturbant (au besoin par la violence), dans un jeu politique contrôlé par et pour un groupe plus ou moins restreint d'« élites ». Une conception comme celle de Charles Tilly (1978), qui envisage l'action contestataire comme le fait de « challengers » tentant par la perturbation et le rapport de force de forcer l'entrée d'un système politique (polity) dont les « membres », entendant pour leur part défendre leurs intérêts, tenteraient de les tenir à distance par la répression, est exemplaire de cette conception des mouvements sociaux (et, par extension, des mouvements révolutionnaires). » (Comment lutter ?, sociologie et mouvements sociaux, Lilian Mathieu, 2004, p20)


« À l'inverse, on entend rarement parler de grèves de chefs d'entreprise ou de manifestations de hauts fonctionnaires: non pas que ceux-ci n'aient jamais de revendications à faire valoir, mais ils utilisent pour cela d'autres modes d'action plus discrets et efficaces - tels que le lobbying (Offerlé 1994; Balme et a/. 2002) Voir l'article : 8.3.5."Dictature" des experts, lobby - et, surtout, disposent déjà de canaux d'accès privilégiés, voire d'une présence directe, au sein des structures de pouvoir. Pour autant, il convient de nuancer cette vision. Tout d'abord, au niveau des individus qui se mobilisent, on constate que le recours à l'action protestataire n'est pas tant le fait des plus dominés que de ceux que l'on pourrait appeler les « dominants parmi les dominés ». S'engager dans un mouvement social exige en effet un certain nombre de ressources ou de compétences dont sont généralement dépourvus les membres des populations les plus dominées ou « exclues ». La plupart des études sur le militantisme indiquent ainsi que les militants se recrutent majoritairement parmi les individus qui disposent d'un haut niveau de politisation, lequel est généralement corrélé à un haut niveau de diplôme. De même, les études consacrées aux mobilisations de populations dominées ou « exclues » - telles que les sans-papiers ou les prostituées (Siméant 1998; Mathieu 2001) montrent que leur engagement dans une action contestataire est dépendant du soutien actif de militants aguerris qui, dans bien des cas, n'appartiennent pas à leur groupe. (Comment lutter ?, sociologie et mouvements sociaux, Lilian Mathieu, 2004, p21)


« Travaillant pour sa part à partir de la démarche qu'ont adoptée Herbert Kitschelt et H. Kriesi. Le premier (Kitschelt 1986) a comparé les mouvements antinucléaires suédois, américain, français et allemand, et conclu à une relation significative entre les stratégies et impacts des mobilisations et le degré d'ouverture ou de fermeture de la structure des opportunités de chaque État. Ainsi, quand le système politique est « ouvert » (Suède, États-Unis), il produit des stratégies dites assimilatives: les mouvements utilisent les institutions en place pour faire valoir leurs positions car le système politique offre de multiples points d'accès (pétitions, participation au jeu électoral ou à des procédures référendaires, etc.). À l'inverse, quand le système politique est « fermé » (France, Allemagne), les mouvements adoptent des stratégies de confrontation avec l'État (occupations de sites, désobéissance civile, manifestations, etc.), tout en s'exposant davantage à la répression. L'étude comparative des « nouveaux mouvements sociaux » français, hollandais, suisses et allemands menée par H. Kriesi et son équipe (Kriesi et aL, 1995) conclut elle aussi à une forte dépendance des stratégies, modes d'organisation, ampleur ou encore chances de succès des mobilisations en regard du type d'État auquel elles s'affrontent. Les mouvements sociaux suisses, par exemple, bénéficieraient d'une structure des opportunités « ouverte », car dotée de référendums d'initiative populaire qui leur permettent de communiquer pacifiquement leurs revendications aux autorités politiques, alors que leurs équivalents français seraient obligés de recourir au rapport de force pour s'imposer dans un système politique centralisé et fermé. » (Comment lutter ?, sociologie et mouvements sociaux, Lilian Mathieu, 2004, p53)


gaza
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« Quand les opprimés utilisent des moyens de lutte généralement non-violents, comme Chavez, Allende, Arbenz au Guatémala dans les années 1950, Mossadegh en Iran, les Palestiniens pendant la période d’Oslo, on leur vole leurs terres, on se moque d’eux de toutes les façons, on ne les écoute pas, on les renverse etc. Et quand ils utilisent des moyens violents, comme la résistance irakienne aujourd’hui, le Hezbollah, le Hamas etc., l’immense majorité des intellectuels occidentaux [...] lèvent les bras au ciel et crient à la démocratie, à la non-violence et au respect des Droits de l’Homme. Je pense qu’il serait très aimable de la part des oppresseurs de dire aux opprimés, une fois pour toutes, quelles armes ils ont le droit d’utiliser. » (Quelques remarques sur la violence révolutionnaire, par Jean Bricmont. http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4321)


Quand la France défendait le Liban. Parmi les premières cibles de l’opération d’« autodéfense » israélienne, l’aéroport civil de Beyrouth. L’histoire se répète. A la fin de l’année 1968, alors que le Proche-Orient ne se remettait pas de la guerre de juin 1967, la résistance palestinienne s’organisait. Le Front populaire pour la libération de la Palestine, un groupe radical, attaquait, le 26 décembre 1968, sur l’aéroport d’Athènes, un appareil d’El-Al, tuant un officier israélien à la retraite. Un des membres du commando était originaire du Liban et l’opération fut revendiquée à partir de ce pays. Deux jours plus tard, un commando israélien détruisait treize avions de ligne sur l’aéroport international de Beyrouth. Le Conseil de sécurité condamna à l’unanimité cette action et demanda à Israël de payer les dégâts, ce qu’il ne fit jamais. La France déclara que le principe des « représailles » était inacceptable et le général de Gaulle décréta l’embargo sur les armes à destination d’Israël, refusant de livrer 50 Mirages qu’Israël avait déjà payés (1). Le communiqué du conseil des ministres français du 8 janvier observait : « On a fait la comparaison entre l’attentat d’Athènes contre un avion israélien et l’opération contre l’aéroport de Beyrouth : en fait, ces deux opérations n’étaient pas comparables. A Athènes, il s’agissait d’un coup de main organisé par des hommes appartenant à une organisation clandestine. A Beyrouth, l’opération a été montée par un Etat avec son matériel militaire, en particulier des Super-Frelon et des Alouettes de fabrication française contre des installations civiles d’un autre Etat. » Et le gouvernement n’hésita pas à mettre en cause « les influences israéliennes [qui] se font sentir d’une certaine façon dans les proches milieux de l’information (2). » En ce temps là, le gaullisme ne mâchait pas ses mots.
(1) Lire Xavier Baron, Les Palestiniens, genèse d’une nation, Points Seuil, Paris, 2003 (rééd.)
(2) Cité par Samy Cohen, De Gaulle, les gaullistes et Israël, Alain Moreau, Paris, 1974, p. 134.
(Alain Gresh, Le Monde diplomatique, août 2006, http://www.redir.fr/goui)


The Weather Underground


Extraits tirés du documentaire The Weather undergournd, Sam Green, Bill Spiegel, 2003
A la fin des années 60 aux Etats-Unis, parallèlement au mouvement des Blacks Panthers largement inspiré des théories de Malcom X, une poignée d'étudiants blancs issus de la middle-class se mobilisent aux côtés du mouvement pour les Civil Rights et contre la guerre du Vietnam. Ils créent The Weather underground Organization, une formation révolutionnaire armée. Leur mot d'ordre : "Bring the war home" !

Brian Flanagan : Les marches de protestation sur Washington, qui avaient rassemblé 500 000 à un million de personnes, n'ont pas freiné les Etats-Unis, la guerre s'est intensifiée. A mesure que le mouvement protestataire a grandi, la situation s'est aggravée. (8min37)


Bill Ayers : La guerre et les tueries s'étendaient et tout était commis en notre nom. On pensait qu'il fallait tout faire pour arrêter la guerre. (> 8min37)


Brian Flanagan : La guerre du Vietnam nous a rendu fous. C'était une sorte de ... d'hystérie collective provoquée par les bombardements américains, entre autres choses. On s'est nourris de ça. Quand on pense avoir le droit pour soi, on peut faire des choses terrifiantes. (38min)


Bill Ayers : On s'est intéressés aux flingues, aux bombes. On a appris à s'en servir, on s'est entrainés. Dans le même temps, l'organisation était incapable de répondre à la question : "Jusqu'où faut-il aller ?" Certains pensaient que plus on foutait la merde, mieux c'était. Quel qu'en soit le prix. Plus nos actions étaient destrucrices pour le gouvernement américain, mieux c'était.


From a unpublished memoir by Mark Rudd : A ce stade du raisonnement, aucun Américain n'était innocent. Du moins, parmi les Blancs. Tous avaient leur part dans les atrocités du Viêtnam. Que ce soit l'ignorance passive, la connivence et l'acceptation des privilèges. Tous coupables. Tous les Américains étaient des cibles légitimes. On voulait que le pays ait un aperçu de ce qu'il faisait subir. Comme ces Américains qu'on raillait, j'adhérais à cette logique monstrueuse et démente. J'acceptais de prendre les risques et d'en subir les conséquences, mais surtout j'étais rempli de haine. Je brandissais ma haine comme un signe de supériorité morale.


Brian Flanagan : Quand on pense avoir une autorité morale, c'est très dangereux, ça fait faire des choses terribles. On voit ça avec les terroristes de nos jours, ils pensent peut-être qu'Allah est de leur côté, ou que l'histoire est de leur côté. Ca les pousse à commettre des excès. [...] Il y a un grand danger à se positionner moralement, on est tombés dans ce piège, en grande partie à cause de la guerre au Viêtnam. Je crois que cette guerre nous a rendus un peu dingues. C'est la seule explication que j'aie. 1:23


Naomi Jaffe : Si c'était à refaire , je le referais. J'aimerais le faire mieux, autrement, plus intelligemment. [...] A mon avis, le monde est passé tout près de ces changements, et je crois que ça, ça a préparé le terrain pour un retour possible des mouvements contestataires à venir. Il y a une histoire de la résistance, une histoire de la façon dont les gens s'y engagent. Je crois que ça prépare le terrain pour le retour de ce type de résistance.
Journaliste : Vous y croyez ?
Naomi Jaffe : Je crois que ça a déjà commencé. (1:26:20 )


Liens


Quelques remarques sur la violence, la démocratie et l’espoir, par Jean Bricmont.
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2261

The Revolution will be not televised, documentaire sur le coup d'Etat contre Hugo Chavez en 2002
http://www.redir.fr/gpui

Ungdomshuset, squat danois en résistance
http://squat.net/tanneries/documents/Tanneries_-_Ungeren-FR-20061217.txt

VENEZUELA BOLIVARIANA : (attention 510 Mo !) Un documentaire de 76 minutes qui analyse la Révolution Bolivarienne du Venezuela.
http://www.zalea.org/videos/venezuela_bolivariana.mp4

Commune d'Oaxaca (Mexique)
Voir l'article : 6.5.La "liberté" par la répression

Espagne 1936
http://www.dailymotion.com/group/2255/video/xug92_vivrelutopie

Histoire d’une mobilisation de roms à Saint Etienne
http://www.maisondelaphotographie.org/IMG/mov/tousleschemins.mov

Article 13 : témoignage vidéos des sans papiers, Marseille, 2006
http://article13.multiply.com/video/item/1

Arrachage d’OGM : quand 100 C.R.S protègent les intérêts privés, des plans de maïs illégaux.
http://www.latelevisionpaysanne.org/
La concurrence est forte sur le marché de la peur