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1.4.Agir pour l'émancipation

Dernières modifications : 23.02.2007, 11:23

La société étant faite par les hommes, par quelle logique absurde devons-nous nous incliner devant notre création ? Développons notre puissance d’agir en essayant de nous comprendre individuellement et collectivement.

« On nous vend un nouveau mensonge en guise d’histoire. Le mensonge de la défaite de l’espoir, le mensonge de la défaite de la dignité, le mensonge de la défaite de l’humanité. Le miroir du pouvoir nous propose en contrepoids sur la balance : le mensonge de la victoire du cynisme, le mensonge de la victoire de la servilité, le mensonge de la victoire du néolibéralisme. Au lieu de l’humanité, on nous offre des indices boursiers, au lieu de la dignité on nous offre la mondialisation de la misère ; au lieu de l’espoir, on nous offre le vide ; au lieu de la vie, on nous offre l’internationale de la terreur»." (Le sous-commandant Marcos, « Première déclaration de “La Realidad” contre le néolibéralisme et pour l’humanité », janvier 1996, in Sous-commandant Marcos, Ya basta!, Tome 2, Dagorno, 1996, p. 659.)


«Pour la première fois de son histoire, l'humanité connaît une période d'abondance. Parallèlement, la destruction de la nature n'a jamais été aussi exponentielle et la perte de la capacité normative de l'Etat aussi évidente. On tolère l'ordre meurtrier d'un monde qui accepte que les famines et les épidémies, pourtant évitables, tuent 100 000 personnes par jour. Et nous, les dominateurs, les Blancs, les riches, les informés, on reste silencieux, lâches, complices. [...] Sartre disait que, «pour aimer les hommes, il faut détester fortement ce qui les opprime».
(http://bombadabom.free.fr/economie_politique/_textes/JeanZiegler.pdf, Jean Ziegler)


« La menace ne vient donc pas de l'extérieur : ce qui guette l'humanité, c'est sa propre barbarie. [...]Les chiffres officiels, ceux du Pnud (Programme de Nations Unies pour le développement), par exemple, montrent qu'il suffirait d'une cinquantaine de milliards de dollars par an pour éradiquer la faim, permettre à tous l'accès à l'eau potable et aux soins de base. Comment peut-on prétendre qu'il est impossible de mobiliser une telle somme quand nous consacrons dix fois plus à la publicité ou à la consommation de stupéfiants et vingt fois plus à l'armement ? Contrairement à ce qu'affirme le discours dominant, les problèmes de l'humanité ne résultent pas principalement du manque de ressources naturelles, monétaires ou techniques. Quand on sait qu'aujourd'hui la fortune de 225 personnes est égale au revenu cumulé de 2.5 milliards d'humains, les propos de Gandhi prennent un tour prophétique : "Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre au besoin de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun. » (Patrick Viveret, Télérama n°2883 - 13 avril 2005, http://abel.jerome.free.fr/ressources/Telerama_Viveret.pdf)


L'impossible neutralité


« L’impératif de neutralité axiologique n’est trop souvent devenu aujourd’hui que l’occasion d’une posture aristocratique, détachement des affaires d’ici-bas pour ceux qui tiennent à leur rôle dans ce monde en danger où ils ont tant d’intérêts matériels, où la justification de la pratique scientifique n’est plus que corporatiste – préférence pusillanime pour les améliorations microscopiques. » (Thierry Discepolo, Agone, Le travail intellectuel au risque de l'engagement, p31, http://atheles.org/lyber_pdf/lyber_379.pdf)


« Selon Merleau Ponty, je suis d'abord au monde avant de réfléchir sur lui de manière consciente, et donc de prendre explicitement des décisions. [...] La liberté ne consiste pas alors pour lui « à se retrancher de toutes les inhérences terrestres, mais à les dépasser en les acceptant», car « la liberté n’est pas en deçà du monde, mais au contact avec lui ». Le non-engagement est donc illusoire [...]. » (DANIEL BENSAID & PHILIPPE CORCUFF, Agone, Le travail intellectuel au risque de l'engagement, p18-19, http://atheles.org/lyber_pdf/lyber_379.pdf)


« Rien faire, ça n'existe pas, on n'est pas coupé du monde, quoi qu'il arrive, on agit. A partir de là, il faut choisir son action. Plus on se vit comme un individu, plus on est aliéné à la massification. Le mythe de l'individu est une figure de l'impuissance. Au contraire, nous sommes organiquement lié. » (A partir de l'entretien avec Miguel Benassayag et Angélique Del Rey, auteurs de "Connaître et agir",
http://www.bibliotheque-sonore.net/philosophie/connaitre/index.html)


« Nous ne sommes pas dans un monde extérieur à nous, nous faisons partie du monde. Changer le monde commence peut-être par devenir conscient qu'on y peut soit même quelque chose... Plus nombreux nous seront à avoir conscience de cela, plus de chances nous aurons de le construire mieux. Le monde, c'est nous. » (Un autre regard sur la richesse - http://www.caracoleando.org/article64.html)


« Jean-Marie Harribey : Vous insistez sur les deux dimensions du social, à la fois collective et individuelle (p. 33), « dehors et dedans » (p. 44) et sur le fait que la lutte doit être menée simultanément sur les deux plans.[...] Alain Accardo : Je ne lui reproche qu’une chose [au combat traditionnel objectiviste]: de méconnaître la réalité du système qu’il combat en la réduisant à ses seuls aspects objectifs, comme si les structures du système social étaient uniquement des structures externes et ne s’inscrivaient pas aussi dans les individus sous forme de structures internes de la subjectivité personnelle.[...] Quand on veut changer le monde, il faut aussi se changer soi-même, et cela commence ici et maintenant, car le monde est en nous tout autant que nous sommes en lui. » (Dialogue avec Alain Accardo, Jean-Marie Harribey, http://harribey.u-bordeaux4.fr/ledire/accardo2.pdf)


«Il ne faut pas se laisser enfermer dans la nécessité d’avoir des discours d’experts pour négocier. Les choses ne sont pas si compliquées comme ils veulent nous le faire croire ; les revendications et les luttes sont une affaire de choix politique et non pas du domaine de l’expertise dans lequel les classes dominantes veulent enfermer les mouvements sociaux.» (Passé et présent des luttes sociales en France, Annie Collovald, http://www.local.attac.org/paris19/article.php3?id_article=25)



Voir aussi ces articles stimulants


Contre le conformisme généralisé, de Cornelius Castoriadis, 2000
http://www.costis.org/x/castoriadis/conformisme.htm

Feu, le citoyen ? François Brune, Décembre 1997
http://www.monde-diplomatique.fr/1997/12/BRUNE/9631.html

Rouvrir l’espace du politique, à propos de deux essais de Jacques Rancière, Olivier Doubre, Politis 17 novembre 2005
http://www.politis.fr/article1517.html

Qui sont les économistes de la contestation ? , Le Monde, Sept 2001
http://hussonet.free.fr/ecco.pdf