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12.2.Capitulations quotidiennes

Dernières modifications : 10.02.2008, 13:34

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.» (Étienne de La Boétie (1530 – 1563), http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire_ou_le_Contr'un )


Poème attribué au pasteur Martin Niemoller, 1950
Poème attribué au pasteur Martin Niemoller, 1950


"Lorsque les nazis vinrent chercher les communistes, je me suis tu : je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je me suis tu : je n'étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les Juifs, je me suis tu : je n'étais pas Juif.
Lorsqu'ils sont venus chercher les catholiques, je me suis tu : je n'étais pas catholique.
Lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester.
"
(Pasteur Martin Niemoller, interné en Allemagne de 1938 à 1945 (1892 - 1984), À noter que la forme initiale exacte et l'origine de ce poème ne sont pas connues avec certitude)


Exposition deuxième guerre mondiale
http://www.eure-et-loir.pref.gouv.fr/expo/sommaire_exposition.html

Expulsion à Montreuil, 11 octobre 2005 : Notre tour viendra, notre tour est venu !
http://endehors.org/news/8719.shtml

Lettre de résistante. Aux françaises et aux français de bonne volonté ! aux démocrates !
http://www.antigone-net.net/index.php?option=com_content&task=view&id=239&Itemid=9

L'immigration


[...] la mise en oeuvre de la répression et les dérives qui l’accompagnent suscitent inévitablement des protestations de caractère moral ou humanitaire. Face à ces protestations, la riposte des responsables est la même, en 2006 comme en 1942, et elle est double : d’un côté, les autorités, nous disent-elles, ne font qu’appliquer la loi, et les protestataires s’entendent reprocher leur incivisme. Par ailleurs, pour désarmer les oppositions, les autorités introduisent des distinctions à l’intérieur de la population frappée par la répression. En 1942, le gouvernement de Vichy déclarait séparer le cas des Juifs français, dont il prétendait vouloir sauver au moins la vie, de celui des Juifs étrangers, livrés pieds et poings liés à l’occupant. De même aujourd’hui, Maître Arno Klarsfeld, l’ineffable médiateur promu par le Ministre de l’Intérieur, insiste sur l’opportunité d’opérer un tri, une sélection, entre les familles qui ont des attaches avec la France et celles qui n’en ont pas, l’expulsion de ces dernières n’appelant aucune objection de sa part. (1942-2006 : réflexions sur un parallèle contesté (Emmanuel Terray), http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=2159)


« Pour que les actes passifs de génocide soient perçus comme légitimes (naturels), le peuple doit participer à l’idéologie eugénique. Il doit croire que les espèces suivent un processus biologique qui s’efforce d’atteindre la perfection par le processus de sélection. Il doit croire que certaines populations sont plus aptes que d’autres. Il doit avoir un désir d’émulation de l’adaptation et avoir la foi en l’élimination de l’inadapté. » (Machine Chair, Critical Art Ensemble, p41, p55, http://www.art-act.net/machine_chair.pdf)

Voir l'article : 4.4.3.La sélection "naturelle"

« La conjoncture idéologique actuelle révèle, une fois de plus dans l'histoire de certains pays européens, le caractère profondément opportuniste, c'est-à-dire utilitariste et pragmatique, des politiques d'immigration. A des lieues des grands principes systématiquement invoqués, ces dernières sont toujours intéressées - mais rarement capables de continuité, et encore moins de respect des immigrés. Le tout dans la bonne vieille tradition des démographes français de la première moitié de ce siècle, sur un fond d'eugénisme persistant, qui consiste par exemple à considérer officiellement les «étrangers européens» comme supérieurs aux « étrangers non européens ». (La logique du "tri", politique des quotas, par Alain Morice, Novembre 2000, extrait de Manière de Voir 89, Banlieues, octobre-novembre 2006, p77)


« La distinction entre immigration "subie" et immigration "choisie" entraîne l’"acceptation" d’une énorme régression idéologique, la division de l’humanité entre "espèces" nuisibles et utiles : selon Jean-Pierre Alaux, chargé d’études au Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), les discours politiques (de droite comme de gauche) et médiatiques agitent les peurs pour justifier une démarche néo-colonialiste. [...] En 1946, il y a soixante ans, la France a, pour sa part, affirmé dans le préambule de la Constitution d’alors que "tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés". En même temps, comme si de rien n’était, la France a continué à coloniser et à lutter contre les mouvements indépendantistes. Pour effacer les cicatrices économiques de la guerre, les pays européens ont instrumentalisé des migrants qui ne songeaient pas spontanément à venir. Et dès que sa reconstruction a été achevée, dans les années 70, l’Europe s’est murée. Derrière ce grand écart entre les leçons théoriquement tirées de la Deuxième Guerre mondiale et les politiques effectivement pratiquées depuis, il y a la très vieille idée qu’existeraient des inégalités "naturelles". Pourquoi l’inégalité serait-elle plus naturelle que l’égalité ? Egalité et inégalité sont des résultats momentanés de l’histoire des sociétés humaines. De la paix et de la guerre, de la liberté et de l’aliénation, de la justice et de l’injustice, qui peut dire lesquelles sont naturelles et lesquelles ne le sont pas ? C’est seulement la facilité qui porte à considérer l’inégalité comme naturelle. Ainsi qu’une absence d’anticipation à long terme de l’avenir.[...]Il s’agit, en réalité, d’une immigration "élue" par l’Etat français en raison de son utilité pour lui.[...] Ce formatage utilitariste, que beaucoup de ses promoteurs -Sarkozy notamment- nient contre toute évidence, est honnêtement assumé par quelqu’un comme Roselyne Bachelot-Narquin députée UMP, ancienne ministre de l’écologie dans le gouvernement Raffarin. Dès octobre 1999, elle écrivait, dans le Monde, qu’"il faut avoir le courage ou le cynisme de dire que nous allons nous livrer à une démarche néo-colonialiste de grande envergure pour assurer la survie de nos sociétés post-industrielles vieillissantes. Après avoir pillé le tiers-monde de ses matières premières, nous nous apprêtons à le piller de ce qui sera la grande source de richesses du troisième millénaire : l’intelligence". [...] On répond a une phénomène de fond reposant sur l’injustice dans le monde par un dispositif de guerre. En agitant les peurs, on pousse à considérer les étrangers comme des nuisibles, pas comme des êtres humains. Sous la pression du discours et de l’image, on s’interdit toute réflexion sur la réalité. [...] L’UE n’accorde son aide, sa coopération, ses préférences commerciales qu’aux pays qui lui garantissent qu’ils récupèreront leurs ressortissants en situation irrégulière chez nous ainsi que tous les étrangers qui ont transité par leur territoire pour gagner l’Europe.» (Jean Pierre Alaux, propos recueillis par Simon Barthélémy, Immigration "subie", xénophobie choisie, lundi 26 février 2007, http://ecorev.org/article.php3?id_article=543)


« Le 26 août 2005, 17 personnes (dont 14 enfants) périssent dans l’incendie d’un immeuble vétuste boulevard Vincent-Auriol, dans le 13e arrondissement de Paris. Le 29 août, 7 autres décèdent dans l’incendie d’un squat rue du Roi-Doré (3e). Toutes les victimes sont originaires d’Afrique noire. Le ministre de l’intérieur, M. Nicolas Sarkozy, annonce alors sa décision de procéder à un recensement et de fermer « tous les immeubles insalubres et les squats présumés dangereux » de la capitale. Trois jours plus tard, sous l’œil des caméras, des dizaines de familles – majoritairement africaines – sont délogées par les forces de l’ordre de deux grands squats parisiens, situés rue de la Tombe-Issoire (14e) et rue de la Fraternité (19e). Elles sont provisoirement relogées dans des hôtels de la région parisienne. Puis, le 16 septembre, une trentaine de personnes sont elles aussi expulsées d’un squat de la rue du Maroc (19e), alors qu’une partie d’entre elles venaient de se voir proposer un relogement. Les images de cette éviction prêtent à confusion : doit-elle permettre de sauver des personnes vulnérables d’un danger imminent, ou bien chasse-t-elle des individus menaçant la propriété et l’ordre public ? Les propos du ministre de l’intérieur, insistant sur l’irrégularité des occupants – alors même qu’une majorité d’entre eux dispose de titres de séjour –, attisent encore les soupçons de « parasitisme ». (Derrière la fatalité, l’épuration sociale, Le squat, un lieu de résistance, http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/BOUILLON/12811)


« Si souvent empressé a donner asile aux familles de tyrans - qu'ils soient, dans les années 1990, haïtiens ou rwandais -, le gouvernement n'en finit pas de durcir sa politique a l'égard des étrangers les plus démunis, mis en situation irrégulière et contraints à la clandestinité.[...]
De plus, nombre de circulaires ne sont pas publiées, l'un d'elles totalise 75 pages ! Le tout reste cependant opposable à des étrangers sans maîtrise, sinon de la langue française du moins de l'inimitable jargon bureaucratique à peine déchiffrable par des juristes nationaux expérimentés. Les dictatures latino-﷓américaines, dans les années 1970, pratiquaient les décrets secrets applicables à des citoyens qui n'en avaient pas connaissance, signes grossiers d'un Etat de non-droit.[...]
Au-dela, le ministre de l'intérieur s'emploie de plus en plus activement à enrôler la population civile dans la police des étrangers; jusqu'à encourager la délation. Ce sont d'abord les fonctionnaires des services préfectoraux en contact avec les administrés, souvent placés dans des conditions matérielles propres à créer et entretenir des rapports tendus. Incités à retarder la délivrance de documents, en particulier dans l'attente d'une réglementation nouvelle plus restrictive dont on anticipe l'application, ils pratiquent également la convocation-piège débouchant directement dans les locaux de police et la reconduite à la frontière, le tout expédié dans la journée. Ce sont ensuite les maires, tenus de donner un avis motivé si les conditions de ressources et de logement de l'étranger résidant dans commune, préalablement à un visa d'autorisation de visites ou à u regroupement familial. Ils sont également appelés à participer parfois avec zèle non seulement à la chasse aux mariages blancs mais aussi à dénonciation de futurs conjoints en situation irrégulière. Ce sont également les compagnies aériennes, dont le personnel est transformé en auxiliaire de police, chargées à leur risque financier de vérifier avant le départ les visas des personnes qu'elles acheminent en France. Ce sont enfin, de plus en plus fréquemment, les agents des services publics : hôpitaux, écoles, bureaux de poste... incités ou empressés à vérifier préalablement le titre de séjour et à dénoncer à la police les situations irrégulières, renouant avec des comportements détestables que l'on croyait révolus. Sans même l'excuse de l'efficacité. (Dans l'étau policier, par Christian de Brie, décembre 2004, extrait de Manière de Voir 89, Banlieues, octobre-novembre 2006)


« En 1938, Albert Sarraut, ministre de l'intérieur, publiait une série de circulaires pour une « action méthodique, énergique et prompte en vue de débarrasser notre pays des éléments indésirables trop nombreux qui y circulent » [...] Un député de cette « Chambre introuvable » élue en mars dernier glorifie le modèle américain où l'« on dénonce les clandestins à la police. Ce n'est pas perçu comme de la délation ( ... ). Il y a un navire américain, et ( ... ) tout le monde ne peut monter à bord sans risque de le faire couler »(Cité par Le Quotidien de Paris, 16 avril 1993). A la mer, les miséreux, et tant pis s'ils se noient. Si cet élu du peuple avait étudié d'un peu plus près le cas américain, il aurait mesuré à quel point une politique répressive, aussi bien contre les délinquants que contre les immigrés, est peu efficace. Dans un pays où le nombre de prisonniers par habitant est cinq fois supérieur à celui de la France, où plus de 2 500 personnes attendent leur exécution dans les « corridors de la mort », on compte près de 22 Américains tués chaque année pour 100000 hommes entre 15 et 24 ans, contre 1,4 dan l'Hexagone ...
En France, plus de 500 quartiers - 3 millions d'habitants concernés sont considérés comme «sensibles». Le taux de chômage entre 20 et 24 ans y est de 24,1 % pour les hommes et de 30,7 % pour les femmes (contre 14,8 % et 25,3 % à l'échelle nationale). La proportion des moins de 20 ans y atteint 32,9 % (contre 26,5 %), celle des étrangers de moins de 15 ans 21,6 % (contre 7 % [15]). Comment résoudre les problèmes de ces banlieues? Par la réforme du code de la nationalité? Par un renforcement des contrôles d'identité ? Par la banalisation des propositions du Front national? 38% des Français se disent proches de M. Le Pen en matière d'immigration : ne finiront-ils pas par préférer l'original à la trouble copie que proposent les autres forces politiques? (Ces "étrangers" si coupables, si vulnérables ..., par Alain Gresh, mai 1993, extrait de Manière de Voir 89, Banlieues, octobre-novembre 2006)


Le travail


Extraits tirés de CQFD N°42, ANTHOLOGIE DES DURS A LA BESOGNE, février 2007
http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1295

« Le travail, c’est l’émancipation. Le chômage, c’est l’aliénation. » Nicolas Sarkozy, sur TF1, 05/02/2007


« L’essentiel est le sens de la vie. Le travail fait partie intégrante de l’équilibre de la condition humaine car il constitue la contribution de chacun à la vie en société. Le loisir n’existe que par rapport au travail. Aujourd’hui, alors que l’automatisation tend à éliminer les tâches pénibles et répétitives, le moment est venu de réhabiliter le travail. L’exemple à donner aux jeunes est simple : les gens les plus heureux sont ceux qui travaillent beaucoup et s’épanouissent dans leur travail. » Claude Allègre, L’Express, 25/10/2001


« Dans l’après-guerre, de nombreux intellectuels se sont confrontés à une remarque d’Adorno demandant si on pouvait encore écrire un poème après Auschwitz : mais personne n’a songé à se demander ce qu’il en était du travail après Auschwitz, et ce bien qu’après l’écrasement du nazisme les surveillants zélés du camp aient tous allégués pour excuse qu’ils n’avaient fait que leur travail. » Matière Première n°1, février 2005


Soumission à l'autorité


Expérience de Stanley Milgram (1960-1970)

« C'est une experience classique de psychologie sociale sur la soumission à l'autorité. Elle nous met en garde, je pense, contre le fait qu'on est susceptible, simplement parce qu'on est réceptif à l'aurorité, de commettre des choses qu'on ne commettrait pas si on était plus critique envers l'autorité.» (Normand Baillargeon, entendu dans l'émission de radio "La-bas si j'y suis" du 31 janvier 2008, 19:30,
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1359)


vidéo 1 :
http://www.dailymotion.com/related/920882/video/x2tc9h_processus-de-soumission-a-lautorite_politics

vidéo 2 :
http://www.dailymotion.com/video/xjqk2_autorite-danger