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11.4.5.La publicité

Dernières modifications : 26.02.2007, 17:13

YannLeBreton_pub
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« Le but de la publicité, bien sûr, est de vous faire désirer quelque chose. De créer le désir. Et ce, en vous rendant d’abord malheureux de ce que vous avez ou n’avez pas. La publicité élargit ce fossé entre ce que vous avez et ce que vous désirez. Vouloir acheter est alors une réponse aux sentiments d’insatisfaction, d’envie et de manque. Un état de conflit perpétuel. C’est sur ces émotions-là qu’on a construit une économie mondiale et une philosophie dominante, encourageant l’acte de dépense en vue d’accroître son bonheur personnel, son bien-être et, finalement son identité. […] Quand on construit un système sur la base du désir, de l’insatisfaction, de l’envie et de l’insuffisance, les gens achètent des choses, certes, mais il n’est pas surprenant que ce soit au prix de quelques dégâts psychiques.» (Jelly Helm, professeur de publicité, ‘Saving advertsing’, 2000, p6, cité dans La loi du plus fort, la société de l’image, Rick Poynor, 2002, p147)


« Le fait que certaines publicités soient bien faites est hors de propos, puisque ce qui compte, c’est l’impact de l’ensemble des publicités sur le spectateur, comme étant le mode de discours public dominant. Ici, le média est le message, et le message est un système de valeurs incarnant une idéologie que beaucoup d’entre nous ne partagent pas, et contre laquelle nous voulons résister. » (La loi du plus fort, la société de l’image, Rick Poynor, 2002, p147)


«[Les défenseurs du marketing] adorent le langage de la contagion : les consommateurs sont une population passive, disent-ils, attendant d’être infectée par leurs ingénieux virus-idées. Les gens ont développés des « anti-corps » au marketing traditionnel – d’où le besoin de techniques plus puissantes. » (La loi du plus fort, la société de l’image, Rick Poynor, 2002, p183)


« M. Marie-Françoise Mouzet, enseignante de français à Colombes, s'insurge : « Comment demander aux enseignants d'avoir un travail éducatif avec les jeunes alors que la société dans son ensemble est en totale faillite éthique ? Ce qui est mis en valeur, partout, c'est les bagnoles, les fringues, le fric, le flingue et la loi de la jungle! On nous demande, à nous, de tenir un discours totalement inverse : ce qui est important, c'est le métier que vous aurez, le plaisir que vous aurez à l'accomplir. On ne leur montre à la télé que des jeux ineptes où l'on gagne des millions de centimes en tournant une roue. Nous sommes en permanence en complet décalage. On a envie de dire : ça suffit! ». » (Manière de voir, Banlieue, Octobre-Novembre 2006, p73)


BebeJO
BebeJO


Susan Linn, Professor of Psychiatry, Baker Children's Center, Harvard
« La publicité à laquelle sont exposés nos enfants est mise au point par des psychologues, réhaussée par la technologie des médias qu'on croyait impossible.[...] Une famille seule ne peut combattre une industrie qui dépense tant [des centaines de milliards d'euros] pour conquérir leurs enfants. C'est impossible. Ce sont les consommateurs de demain, alors, on s'adresse à eux maintenant. On crée un lien, et une fois adultes, on les tient. » (documentaire The Corporation, 1:04:45, Mark Achbar, Jennifer Abbott, 2003, http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Corporation)


« Les sciences humaines collaborent avec les professionnels de la publicité, car celle-ci se nourrit d'une connaissance approfondie de la société pour lancer et ajuster ses tirs. [...] d'un côté, [les publicitaires] doivent argumenter de l'efficacité de leurs messages (auprès des annonceurs) ; dès lors, pour eux, conclure que l'on ne sait pas grand chose sur les effets des médias apparaît comme la solution à ce noeud gordien.» (Enfants, consommation et publicité télévisée, Monique Dagnaud, 2003, p56)


« Quels sont les conséquences d'un ciblage publicitaire intensif auprès d'enfants d'âge précoce ? Même si à l'évidence les jeunes disposent d'un bagage critique, il fait aussi compter avec leur crédulité, la confiance qu'ils accordent au monde tel qu'on leur présente, surtout pour une génération que les parents, dans l'ensemble, gâtent et s'évertuent à protéger de tout ... sauf des images. Ils auront donc tendance à avaliser candidement un imaginaire social idéalisé, à penser que cette féerie de de consommation est de l'ordre d'un dû et qu'on peut y accéder de façon magique, sans beaucoup d'efforts. Donc ils inclineront à vivre dans un monde déréalisé, ce qui rendra d'autant plus éprouvant le jour où surviendra le contact avec la société telle qu'elle est, compétitive et productrice d'inégalités. Et, surtout, toutes les valeurs en concurrence avec celle du matérialisme, du plaisir immédiat et du symbolisme attaché aux marques et aux produits risquent d'être disqualifiés à leurs yeux, car les gratifications qu'elles apportent apparaissent moins évidentes.» (Enfants, consommation et publicité télévisée, Monique Dagnaud, 2003, p57)