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11.1.Histoire

Dernières modifications : 26.02.2007, 11:41

Comment en Bolivie, l'Etat permet de privatiser l'eau de pluie ? Comment peut-on penser que le travail est un coût ? Comment peut-on rémunérer les actionnaires à un pourcentage de 3 fois voir plus supérieur au taux de croissance ? Comment peut-on au nom de la liberté, organiser une société du contrôle, de la méfiance et de la suspicion ? Comment l'inversion des valeurs est devenue la norme ? Comment en est-on arriver là ?

Libéralisme, conservateurs, classique, néo, ultra ?



C'est bien sûr une histoire croisée, complexe entre plusieurs mouvements. Plus spécifiquement, notre objet étant l'histoire du libéralisme, il faut remonter au 18ème siècle pour comprendre son histoire.

« L'appellation « classique », inventée par Karl Marx (1818-1883) et retenue par l'histoire de la pensée économique, désigne le courant libéral dominant en Angleterre et en France de la fin du XVIIIè siècle au milieu du XIXè siècle. Ses principaux représentants sont Adam Smith (1723-1790), David Ricardo (1772-1823), Jean-Baptiste Say (1767-1832), John Stuart Mill (1806-1873).» (Jacques Généreux, Les vraies lois de l'économie, p14)


En résumant grossièrement, on a là une vision purement économique et calculatrice de l'homme. Voir l'article : 10.2.3.L'utilitarisme. La fameuse "main invisible" des marchés exprime l'idée que sans contraintes, il y a mécaniquement une auto-régularisation. Il faudrait analyser plus sérieusement ce que les libéraux de cette époque considéraient comme contraintes.

C'est en tout cas l'époque "paléotechnique" du charbon, du fer et de la vapeur de l'Angleterre. L'industrie se développe selon un modèle prédateur, frappé de gigantisme. Cela favorise l'émergence de gros apports de capitaux privés. La course au rendement est l'objectif. On use de tous les moyens disponibles, notamment la mécanisation du travail, la division des tâches et le rythme continu du travail. La mine par exemple est le premier environnement inorganique totalement construit par l'homme. Un profond mouvement de déshumanisation s'opère, la nature semble être dominée. On associe aussi cette période au fer et au sang, la volonté de puissance amène à une connivence entre les milieux financier, industriel et militaire => première guerre mondiale. (d'après "Technique et civilisation", de Lewis Mumford)

Voir l'article : 10.1.Le commerce ou la guerre

Bref récapitulatif historique :
http://abel.jerome.free.fr/ressources/HistoireXX.pdf

Le consensus keynésien « du nom de l'économiste anglais John Maynard Keynes (1883-1946), à l'origine d'un courant qui conteste la capacité autorégulatrice des marchés et démontre la nécessité d'une régulation politique de l'économie. Keynes combat le courant néoclassique, qui croit au contraire à l'équilibre général spontané et optimal de marchés concurrentiels [...]. Les néoclassiques dominaient la profession dans les années 30, avant de se faire voler la vedette par les keynésiens des années 1940 aux années 1970. A partir de la fin des années 1970, la contestation de l'Etat et la victoire des politiques néolibérales coïncident avec une nouvelle domination académique du courant néoclassique.» (Jacques Généreux, Les vraies lois de l'économie, p13)


Voir l'article : 1.3.Un combat permanent (à la fin, le résumé de Serge Halimi)

Le néo-libéralisme naît après la Seconde Guerre mondiale en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord. Il traduit une réaction théorique et politique véhémente contre l'interventionnisme étatique et l'Etat social (Welfare State). Friedrich August von Hayek publie en 1944 The Road to Serfdom (traduit par La route de la servitude). Cet ouvrage constitue en quelque sorte la charte fondatrice du néo-libéralisme. Une attaque passionnée contre toute limitation par l'Etat du libre fonctionnement des mécanismes du marché y est développée. Ces entraves sont dénoncées car elles contiennent, à son avis, une menace mortelle contre la liberté économique mais aussi politique. A cette époque, la cible immédiate de von Hayek est le Parti travailliste anglais. Les élections s'annoncent en Grande-Bretagne et ce parti va finalement les gagner en juillet 1945, portant Clement Attlee au poste de premier ministre. Le message de von Hayek, net, peut être résumé ainsi: malgré ses bonnes intentions, la social-démocratie modérée anglaise conduit au même désastre que le nazisme allemand, au servage (serfdom) moderne. (Histoire et leçons du libéralisme, Von Hayek, La Société du Mont-Pèlerin, Lexique, http://www.alencontre.org/EdPage2/p2_neolib_intro.html)


La mondialisation libérale, on peut la dater de la fin des années 70, au moment où le capitalisme était en crise. Le capitalisme était en crise parce que :
- il y avait une chûte des taux de profit des entreprises,
- il y avait de l’inflation, qui a été exacerbé par les chocs pétroliers de 1974 et de 1979,
- et il y avait un partage des richesses dans l’économie qui était relativement favorable aux salariés qui, à l’époque, étaient dans une position de rapport de force relativement en leur faveur. http://dsedh.free.fr/transcriptions/plihon1.htm


Autres liens


http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9olib%C3%A9ralisme

L’essence du néolibéralisme
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/10167

FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU LIBERALISME
http://www.france.attac.org/IMG/pdf/222-fjointATTACFr.pdf

Une courte histoire du néolibéralisme
http://www.france.attac.org/spip.php?article407