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Dernières modifications : 21.10.2007, 14:10

1984, de George Orwell, écrit en 1949
1984, de George Orwell, écrit en 1949


Extraits du livre

Le ministère de la Guerre = ministère de la Paix
Le ministère de l'Intérieur = ministère de l'Amour
LA GUERRE C'EST LA PAIX
LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE
L'IGNORANCE C'EST LA FORCE
2+2=5


« Le novlangue est un concept qui est volontairement caricaturé. Dans le contexte du livre [1984 de Georges Orwell], c’est la langue couramment employée par les membres du parti "intérieur", un language politique par excellence. Le novlangue est imposé aux membres du parti "extérieur", la classe des travailleurs, dont fait parti Winston. Celui-ci, malgré ses conditions de vie déplorable, faisait parti de la "classe bourgeoise" du système, car en dessous encore, il y a les prolétaires, les plus nombreux. Dans la démarche de ce livre, la dénonciation de Orwell est avant tout politique, et le novlangue une caricature de la dangereuse simplification du language politique, du moins lorsqu’il s’adresse aux membres du Parti, lequel, doit-on le rappeler, est unique. » http://lesogres.org/article.php3?id_article=1312


Le Novlangue est la langue de l’ANGSOC (SOCialisme ANGlais), le parti unique de l’Océania.

« En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes les deux. Employer la logique contre la logique. Répudier toute morale alors qu’on s’en réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. » (1984 de Orwell, 1949, p55)


L'Europe


Juste pour rire...
« L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12.9.92) (tiré de Oui-ouistes, PLPL, février 2005, http://www.homme-moderne.org/plpl/n23/23.pdf)


« Donc, les européistes et les libéraux ont en quelque sorte kidnappé le mot « européen », pour en faire une chasse gardée qui recouvre quelque chose dont nous ne voulons pas. Parce que tous ces traités, à quoi visent-t-ils ? À faire l'Europe ? Non ! A faire un marché unique européen. Mais depuis quand un marché unique est-il un objectif souhaitable en matière de civilisation ? Non seulement je récuse l'accusation d'anti-européen, mais j'accuse les européistes d'être profondément anti-européens, ils ne pensent qu'à une seule chose, c'est le marché, la libre circulation des biens, des services, des capitaux, qui sont d'ailleurs les « libertés fondamentales ». » (émission proposée et présentée par Pascale Fourier, 10 OCTOBRE 2007, Traité "simplifié": un nécessaire référendum..., Avec Bernard Cassen, du Monde Diplomatique, Président d'Honneur du mouvement Attac, http://dsedh.free.fr/transcriptions/Cassen179.htm)


« La liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force » sont les slogans du monde totalitaire d’Orwell : l’assassinat du sens détruit la liberté - et c’est bien à quelque chose de ce genre que nous assistons aujourd’hui, l’avantage étant que la disparition de la logique permet de dissimuler plus facilement l’abolition de la démocratie, y compris aux yeux des promoteurs mêmes de ce traité : puisque désormais l’incohérence et l’inconséquence abondent, on est devenu tout simplement irresponsable de ce qu’on dit. Ils veulent un Parlement européen qui n’aura pas le droit de proposer des lois - mais ils sont « démocrates ». Ils approuvent un texte qui, par la règle de la double unanimité, ne pourra, de fait, jamais être révisé ni amendé, un texte immobile et inchangeable pour les générations futures - mais c’est parce qu’ils sont « contre l’immobilisme », parce qu’ils désirent « avancer », et qu’ils pensent à « nos enfants ». Ils veulent qu’une commission non élue de vingt-cinq personnes puisse ou non, à sa guise, donner suite à la pétition d’un million de signataires - mais leur Oui sera « citoyen ». Ils veulent une charte des droits fondamentaux qui ne reconnaît ni le droit au divorce, ni le droit à l’IVG - mais ils sont « pour les droits des femmes ». Ils veulent une Constitution qui contraint les Etats à augmenter leurs budgets militaires, mais c’est parce qu’ils veulent une « Europe de paix » ; ils veulent une défense et une politique étrangère européennes soumises par le canal de l’OTAN au veto de Washington, mais c’est parce qu’ils sont pour une « Europe forte » et « indépendante » ; ils approuvent une Constitution qui ne reconnaît ni le droit à la retraite ni le droit à un revenu minimum européen, mais ils sont « de gauche ». A les entendre, on croirait que la droite, c’est la gauche, et que hier, c’est demain - pour reprendre les mots de Léo Ferré. A longueur d’ondes et de palabres, au fil des interviews serviles avec des journalistes qui sur dix millions d’années ne poseraient pas une seule question dérangeante, leurs mots vident les mots de tout sens. » (Tuer la logique pour tuer la démocratie - 16/06/2005 - Athané François, http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=871)


Voir aussi "Parler pour ne rien dire", de Raymond Devos
http://pintopc.home.cern.ch/pintopc/www/RDevos/Riendire.htm

« Aujourd’hui comme l’écrit François Brune (Enseignant et écrivain) dans un article intitulé "combattre l’esprit de 1984 " tiré de Manière de voir sur les " sociétés sous contrôle " (2001, n°56) : " Il rôde dans nos têtes l’esprit de 1984, ce fatal complexe de peur-haine qui nous fait nous retrancher de ce monde ". 1984 est là dans nos imaginaires qu’on le veuille ou non. Un peu plus loin, l’auteur rajoute : " 1984 ne doit pas être vu comme le tableau futur d’une catastrophe mais comme la peinture lucide des dynamiques qui facilitent son avènement au quotidien. Le diagnostic l’emporte sur le pronostic. " Pour résumer ma pensée je dirais que Orwell a posé avec 1984 un univers qui s’est lentement glissé dans nos imaginaires et nos manières de pensées, qui a participé à poser les termes du débat sur la gouvernance des populations dans l’objectif de nous permettre de nous dégager de ces formes d’oppressions et de peurs qui résident tout d'abord en nous (" si vous désirez une image de l’avenir " nous dit le tortionnaire de 1984, " imaginez une botte piétinant un visage humain…éternellement "). Mais pour cela il faut que la peur diminue et que la conscience progresse, dans le cas contraire nos peurs suppriment le sens. Ne parvenant pas à donner du sens à notre vie individuelle et sociale, on devient alors soi-même expert du double langage, du double jeu et de la double pensée, on torture au nom de la liberté, on théorise habilement pour faire accepter l’oppression de l’homme, on devient " spécialistes de l’histoire employés à refaire la passé pour justifier le présent ", etc. Ce qui devait être un avertissement pour le futur, est travesti déformé, découpé pour ne garder que des images sécurisantes et expurger de sens pour devenir le futur " acceptable " avec notre accord tacite, par démission de la pensée. On est dans l’idéal technologique, le futur sans conflit… » (Fabrice Fernandez, http://www.redir.fr/ghvi)


Big brother award
Big brother award

"Si vous désirez une image de l'avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain, éternellement." (1984, Georges Orwell, p377)


Les Big Brother Awards France, qui auront lieu ce vendredi 3 février, viennent de remettre en ligne la version non censurée du sinistre Livre Bleu du Gixel, qui avait précisément valu à ce Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques le prix Orwell Novlang aux Big Brother Awards 2004. Extrait du Livre Bleu avant qu’il ne soit “rectifié” :
“La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.
Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes :
. Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.
. Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo
. Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet, …
La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de surveillance et de contrôle, il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l’apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gène occasionnée. Là encore, l’électronique et l’informatique peuvent contribuer largement à cette tâche”. http://rewriting.net/2006/02/02/la-guerre-cest-la-paix/


Chaque année, Privacy International et ses partenaires décernent, dans une quinzaine de pays, des "Big Brother Awards" aux institutions, sociétés ou personnes s’étant distinguées par leur mépris du droit fondamental à la vie privée ou par leur promotion de la surveillance et du contrôle des individus
http://bigbrotherawards.eu.org/

LQR


« LQR comme Lingua Quintae Respublicae, cette langue qui chaque jour efface les résistances, les différences, les opinions et travaille à la domestication des esprits. » (Entretien avec Eric Hazan, éditeur et écrivain, autour de son livre "LQR la propagande du quotidien" publié aux éditions Raisons d’agir, 15 février 2006 , http://w3.la-bas.org/article.php3?id_article=852)


« la LQR s'emploie à assurer l'apathie [...]. C'est une arme postmoderne, bien adaptée aux conditions « démocratiques » où il ne s'agit plus de l'emporter dans la guerre civile mais d'escamoter le conflit, de le rendre invisible et inaudible. Et comme un prestidigitateur qui conclurait son numéro en disparaissant son propre chapeau, la LQR réussit à se répandre sans que personne ou presque ne semble en remarquer les progrès.» (Eric Hazan, "LQR la propagande du quotidien")


Exemples


On parle d'inemployabilité, de collaboration, de partenaires sociaux. Nouveau mot pour dire licencier = se séparer. Le licenciement = séparabilité.

Extraits novlangue
http://www.politis.fr/article617.html

Petit dictionnaire novlangue
http://www.lagauche.com/gauche/lghebdo/1998/1998-01-04.html

Lexiques


Lexique évolutif
http://www.politiquedudechiffrage.blogspot.com/

Acrimed : Lexique pour temps de grèves et de manifestations.
http://www.acrimed.org/article1131.html

Acrimed : Lexique pour temps d’Europe et de Référendum.
http://www.acrimed.org/article2063.html

Neuf / vieux, Progrès / conservatisme
« C'est le propre des révolutions conservatrices, celle des années trente en Allemagne, celle des Thatcher, Reagan et autres, de présenter des restaurations comme des révolutions. » (Pierre Bourdieu, Contre-feux, p40)


« Il y a, à peu prés une semaine, la successeure du baron Seillière à la tête du Medef, Mme Laurence Parisot, a prononcé, sur le ton d’un menuet, repris par tous les médias de façon acritique, une petite phrase extraordinaire : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » Ce n’est qu’une apologie perverse de la barbarie… » [Le Figaro, 30 août 2005]. En effet, depuis l’aube des temps, l’humanité, s’efforce de se protéger de la faim, du froid, de la maladie, de la souffrance, les humains sont passés de la cueillette et de la chasse, à l’agriculture et à l’élevage, pour être moins soumis à la précarité dans nos vies, depuis des millénaires, les humains ont combattu pour que leur sort s’améliore, pour la civilisation, et voilà que cette Mme Parisot, tranquillement, nous dit qu’il faut faire le chemin inverse, non seulement dans nos vies, dans nos amours, dans notre santé, mais dans toutes nos activités créatrices, productrices.. Hop, demi-tour, revenez en arrière, retour à la barbarie ! Et M. de Villepin nous fait un contrat à vil prix, un “contrat nouvelle embauche” auquel l’employeur peut mettre fin sans motif, et les députés Ump, le 13 juillet dernier, enlèvent le mot «itinérant» après le mot « salarié » dans le Code du travail, et hop, tous les salariés peuvent être soumis au forfait jour… Le forfait jour ? Philippe le Bel avait décrété la première réduction du temps de travail, en interdisant que les paysans travaillent avant le lever du soleil et après le coucher du soleil, avec le forfait jour, exit Philippe le bel, vous pouvez ! Non seulement le cadre dit « supérieur », mais le cadre dit « autonome » puis le « salarié itinérant » commercial de base, ou agent d’entretien, puis tous les salariés sans exception… peuvent en tous temps travailler 13 heures par jour... Retour aux loueurs de bras du XIXème siècle, aux journaliers, oui, c’est à cela qu’aujourd’hui nous ramène la droite libérale intégriste, en cassant le code du travail, les 35 h, le droit du licenciement, nos retraites, notre Sécu, c’est un choix de civilisation, une rupture, et dans un si grand choix, on ne va choisir la petite voie minable du social libéralisme, on va choisir sur le fond, et c’est un choix historique entre socialisme ou barbarie !… » (Gérard Filoche, 11.09.05, http://renouveausocialiste.fr/news/23.shtml)


Sur le site du gouvernement, on y trouve cette introduction, qui ressemble à s'y méprandre aux citations d'Orwell : ministère de la Guerre = ministère de la Paix, ministère de l'Intérieur = ministère de l'Amour :
« Quand la défense avance, la paix progresse. En 1945, parallèlement à l'unification des trois ministères de la Guerre, de la Marine et de l'Air en un seul organe : successivement, depuis 1958, ministère des Armées puis ministère de la Défense nationale avant de recevoir son nom de ministère de la Défense en 1974.» http://www.redir.fr/gkui


« Ernest-Antoine Seillère explique que la notion d' « entrepreneur » - qui désignait naguère un petit patron du bâtiment – s' « est parfaitement enracinée pour essayer de se substituer à celle de « chef d'entreprise » (hiérarchique) et à celle de « patron » ( qui est un peu archaïque quadn on l'associe à « patronat »). Il faire attention à la terminologie. « Entrepreneur », c'est positif, « patron » c'est autoritaire, « chef d'entreprise » c'est technologique » (Entreprendre, décembre 2004). On voit bien le soin que nos « élites » mettent à affiner le vocabulaire de la LQR. C'est d'ailleurs le même Seillère qui a remplacé la dénomination archaïque du syndicat patronal – le CNPF ou Centre national du patronat français – par le « positif » Mouvement des entreprises de France ou Medef.» (Eric Hazan, « LQR la propagande au quotidien », p30-31)


Voir l'article : 8.5.1.Partenaires sociaux