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12.L'ordre insécuritaire

Dernières modifications : 26.01.2009, 12:10

Illustration Amandine Petit, Maniere de voir, banlieues, octobre-novembre 2006
Illustration Amandine Petit, Maniere de voir, banlieues, octobre-novembre 2006


« Les orientations inégalitaires individualisent ou « ethnicisent » les relations sociales afin de pouvoir plus facilement réprimer ceux qu'elles maltraitent quand ils se soulèvent. » (Serge Halimi, Manière de Voir 89, Banlieues, octobre-novembre 2006)



« Sur la dissolution de l'ancienne identité de classe, je crois qu'on assiste à une régression. On est bien évidemment pas les seuls à l'avoir repéré, mais on assiste à une régression sur des identités de type ethnique et c'est très très frappant quand on réalise une enquête dans une quartier comme les Cosmonautes (93) où les individus ont tendance à se définir et à définir les autres essentiellement en premier lieu en tous les cas à partir de catégories de types ethnico-communautaires. Ce qui est très frappant d'ailleurs dans un quartier comme celui-là, c'est à quel point chacun connaît l'origine de l'autre : "lui c'est le marocain, lui c'est l'algérien, oui ils sont maliens", etc. bon français évidemment bon. Qu'est-ce que c'est que l'ethnicisation ? Je crois que l'ethnicisation, c'est expliquer le social par de l'éthnique justement, enfin si on veut essayer de le définir de manière un peu schématique, et expliquer les problèmes sociaux en clés de lecture éthnique, ethnico-communautaires. On le voit bien avec le problème de l'emploi, c'est frappant, très frappant, c'est-à-dire que, évidemment que les français dits de souche, ce que dans les cités on appelle les gaulois, les français-français comme disent certains jeunes habitants de la cité. Les français-français imputent aux étrangers leurs situations de chômeurs, leurs précarités, les difficultés. Cela peut aller très loin. Je me souviens d'une discussion avec un électeur du front national qui nous décrivait les conditions de travail de sa femme dans une entreprise de taille moyenne, et je lui disais pourquoi pas de grèves ?, pourquoi pas de réactions ? Il me disait "mais, il n'y a que des blacks, elle ne travaillent qu'avec des blacks, ils ne font jamais grève ces gens-là". C'est-à-dire que même le non recours à l'action collective était expliqué dans une ... Lui expliquait absolument tout ce qui se passait dans le quartier à partir de ces catégories-là, les incivilités, la délinquance, etc. Mais c'est vrai aussi dans l'autre sens, c'est quelque chose que l'on ne voit peut-être pas très bien. Quand aujourd'hui un jeune d'origine étrangère explique sa situation de chômeur ou le non emploi, il l'explique quasiment exclusivement en termes de discrimination. Je ne suis pas du tout en train de discuter la réalité ou non de ces discriminations, mais simplement ce qu'on s'aperçoit c'est qu'il y a d'autres modèles explicatifs potentiellement disponibles. On pourrait voir dans la situation du chômeur ou du non emploi, des licenciements réalisés pour faire plus de profits. On pourrait avoir une clé de lecture traditionnelle qui était précisément celle du mouvementy ouvrier, du monde communiste, on pourrait expliquer ça par le capitalisme, par la recherche du profit, etc. Non. On est sans emploi parce qu'on est victime de l'immigration, ou on est sans emploi parce qu'on est victime d'une discrimination à l'embauche. Ca c'est typiquement de l'ethnicisation du social et c'est très puissant aujourd'hui en particulier dans les quartiers populaires mais pas seulement. » (Jean-Yves Dormagen, dans l'émission la suite dans les idées du 25 février 2007, http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/suite_idees/)


« Le grand obstacle à notre mouvement vient des "réalistes" qui vénèrent plus l'ordre que la justice et qui préfèrent une paix négative, caractérisée par l'absence de tension, à une paix positive, caractérisée par la mise au jour des conflits. Encore faut-il bien préciser que nous, qui produisons les actions directes, ne sommes pas ceux qui produisons les tensions. Nous nous contentons de les dévoiler. Nous les faisons apparaître au grand jour pour qu'on puisse les reconnaître et les traiter. » (Martin Luther King)


« Lorsqu'on voit des gens très instruits contempler sans broncher l'oppression et la persécution, on ne sait ce qu'il faut mépriser le plus de leur cynisme ou de leur aveuglement. » (George Orwell, Vérité et mensonge, éditions 13bis, 1946)


« La peur paralyse la société et la rend conservatrice. Ce n’est pas un sentiment libérateur, au contraire, elle fait en sorte que les personnes se ferment, se méfient les unes des autres. Tout au long de l’histoire de l’humanité, ce sentiment a été d’une grande utilité. Le nazisme, l’Inquisition de l’Eglise, les Etats-Unis avec la persécution de l’Islam, en sont des exemples clairs. Le choix d’un ennemi crée la propagation de la peur, qui produit des résultats concrets, tels que la criminalisation des luttes sociales, la création de boucs émissaires, l’obsession pour la sécurité publique. Si nous discutions de ces thèmes sans la propagation de la peur promue par les médias, nous serions en train de parler de réforme agraire, d’éducation publique, de programmes sociaux, de santé, de travail. Pourtant, plus on se sent instable dans le néolibéralisme par rapport à la sécurité de l’emploi, par rapport à l’accès à la santé, plus on se sent fragilisé dans cet ordre économique, plus on devient conservateur. » http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1796


Illustrateur TOAD, shoot, Juillet-Août 2006
Illustrateur TOAD, shoot, Juillet-Août 2006

La guerre permanente et les politiques sécuritaires. L’« économie de prédation » des grandes puissances trouve son prolongement dans la « guerre permanente » pour le contrôle des ressources naturelles, notamment énergétiques, dont des pays peu développés sont dotés, et dont les pays riches ont besoin. Mais cet usage de la guerre est d’abord l’expression d’une volonté de domination beaucoup plus générale. Les Etats des pays les plus puissants, pour l’essentiel regroupés dans l’OTAN sous la houlette de Washington, et leurs appareils guerriers et policiers, sont le bras armé, non pas d’une « main invisible », mais des intérêts des sociétés transnationales et des classes qui les régissent. Pour satisfaire leurs appétits illimités, les grandes puissances et leurs alliés régionaux (Israël en particulier), s’appuient sans vergogne sur des courants rétrogrades ou des régimes politiques réactionnaires. Elles ouvrent la voie à la montée des intégrismes religieux et au développement d’un terrorisme qu’elles ont antérieurement encouragé, tout en pratiquant elles-mêmes le terrorisme d’Etat, chaque fois qu’elles le jugent nécessaire. Le néolibéralisme n’a évidemment pas inventé ces pratiques d’intervention aux quatre coins de la planète, qui mobilisent toutes les formes de la violence, la corruption, la subversion ou la guerre, mais il les a systématisées. Le rôle central des Etats-Unis dans cette situation de confrontation dramatique, et dans l’accélération du militarisme en général, est évidemment écrasant. Cette prééminence ne doit cependant pas occulter celle des autres grands pays développés, notamment de la France, et les stratégies des élites d’Etats fortement militarisés qui aspirent à partager les bénéfices de la mondialisation néolibérale. La montée des intégrismes et des fanatismes que provoque la mondialisation libérale est utilisée pour justifier le renforcement des politiques sécuritaires dans les pays riches. Par un extraordinaire tour de passe-passe, le néolibéralisme produit ainsi lui-même les dangers qu’il prétend combattre. par la militarisation. L’exemple de l’Irak est à cet égard aveuglant de clarté. (Manifeste Attac 2007, http://www.france.attac.org/IMG/pdf/Manifeste_2007.pdf)


« Naturellement, l'homme du peuple ne désire pas la guerre, mais après tout, c'est aux décideurs du pays de déterminer les directions. Et il est toujours très facile d'y entrainer le peuple, qu'il s'agisse d'une démocratie, d'une dictature fasciste, d'un parlement, ou d'une dictature communiste. Qu'il ait le droit de parole ou non, le peuple peut être facilement plié à la volonté des décideurs. Vous n'avez qu'à lui dire qu'il est attaqué, et vous acusez ensuite les pacifistes d'exposer leur pays au danger, par leur manque de patriotisme. Ca fonctionne de la même façon dans tous les pays. » (Hermann Goering, Reich-Maréchal de l'Allemagne nazie, au procès de Nuremberg)


« Les contraintes de la concurrence se conjuguent avec les routines professionnelles pour conduire les télévisions à produire l'image d'un monde plein de violences et de crimes, de guerres ethniques et de haines racistes, et à proposer à la contemplation quotidienne un environnement de menaces, incompréhensible et inquiétant, dont il faut avant tout se retirer et se protéger, une succession absurde de désastres auxquels on ne comprend rien et sur lesquels on ne peut rien. (Contre-feux, Pierre Bourdieu, 1998) »


« Ils essaient par la baïonnette et le canon, de dénouer le lien social.» (Technique et civilisation, 1936-1950, Lewis Mumford, p265-266-267)


« Denis Diderot : « Il y a peu d'âmes assez fermes que la misère n'abatte pas (...). La misère est la mère des grands crimes : ce sont les souverains qui font les misérables, qui répondront dans ce monde et dans l'autre des crimes que la misère aura commis. » (Cité dans Manière de Voir 89, Banlieues, Octobre Novembre 2006, p84)

Voir l'article : 4.2.1.Atteinte à l'intégrité physique

« Le système dans lequel nous vivons est profondément insécurisant parce qu'il charge chaque individu du fardeau de la responsabilité intégrale de son existence dans un monde où les liens de solidarité traditionnelle se sont largement délités. » ("La performance, une nouvelle idéologie ?", sous la direction de Benoît Heilbrunn, 2004, p 76)

Voir l'article : 4.2.2.Conditions de travail

12.1.La construction de l'ennemi

Dernières modifications : 26.01.2009, 12:10

Il faut nommer l'ennemi


Voir l'article : 8.3.Stratégies de dominations
Voir l'article : 8.3.1.Précautions
Voir l'article : 8.4.2.Mettre au ban de la société

En tonnant contre l'"ultralibéralisme" sans en désigner les architectes, la gauche de la gauche donne des coups d'épées dans l'eau.[...] Comment lutter sans identifier d'adversaire ? Pourfendre "les marchés" sans nommer les architects des marchés dématérialise la lutte sociale. C'est oublier que les mécanismes analysés par les économistes sont aussi sanctionnés par des individus au profit de groupes sociaux particuliers ; qu'ils sont appliqués par des courroies de transmission politiques, relayées par la presse qui ment. Une critique qui ne cible personne épargne tout le monde. Il faut nommer l'ennemi." (Plan B n°6, février 2007, p3)


"Dans un univers où les positions sociales s'identifient souvent à des "noms", la critique scientifique doit parfois prendre la forme d'une critique ad hominem." (Pierre Bourdieu, 1975, cité dans Plan B n°6, février 2007, p3))


Par exemple, pour le pacte écologique de la fondation Nicolas Hulot proposé aux candidats à l'élection présidentielle de 2007, le principal reproche que l'on puisse faire, c'est que nous soyons tous responsables du réchauffement climatique, sans distinction et au même niveau.

" On accuse au même titre les travailleurs, les consommateurs que les grandes entreprises capitalistes qui polluent et on met tout le monde, en quelque sorte, dans le même sac." (Arlette Laguiller sur France 2, http://www.redir.fr/gqti)


"Je ne veux pas accuser indistinctement toutes les catégories sociales et, surtout, approuver des mesures qui font payer les dégâts aux plus faibles. Ce ne sont pas les consommateurs qui fabriquent ou décident les emballages alléchants que l’on trouve dans les supermarchés. Alors, pourquoi leur faire payer une taxe sur leurs destruction, ou sur les réfrigérateurs mis au rebut. Ce ne sont pas les ouvriers des chaînes de montage chez Peugeot-Citroën ou Renault qui décident si les véhicules seront à essence, à gazole ou électriques. "(Arlette Laguiller, réponse au pact écologie.pdf, http://www.redir.fr/grti)


" Nous ne pouvons absolument pas souscrire au premier engagement demandé. En effet, nous ne considérons pas que les enjeux écologiques soient « une priorité commune qui dépasse les clivages entre partis politiques ». Bien au contraire ! Nous sommes convaincus que pour fournir des réponses à la hauteur de ces enjeux, il faut s’attaquer à la racine du mal. Les menaces sur la planète sont une des conséquences barbares du système économique et politique actuel : le capitalisme mondialisé. C’est la course au profit qui est responsable des désastres écologiques passés, présents et à venir. Ce sont les multinationales et leur concurrence exacerbée qui détruisent la biodiversité et menacent les conditions d’existence des hommes et des femmes. Ce sont les politiques irresponsables - nucléaire, OGM, agriculture productiviste, dilapidation des ressources naturelles (à commencer par l’air, l’eau et la terre) – qui sont en cause. Les différents gouvernements qui se sont succédé aux affaires depuis trente ans n’ont pu freiner cette course vers l’abîme parce qu’ils pas pu - ou pas voulu - s’affronter aux véritables responsables. Que leurs héritiers directs paraissent aujourd’hui se préoccuper d’écologie sans effectuer aucun retour critique n’a rien qui puisse rassurer pour l’avenir. A l’inverse, nous pensons qu’une transformation radicale, écosocialiste de la société est nécessaire pour commencer à remédier aux dégâts du capitalisme et du productivisme. C’est là, pour nous, un clivage politique fondamental, à la fois légitime et indispensable." (LCR, http://besancenot2007.org/spip.php?article284)


Les instrumentalisations de l'ennemi


De l’utilité domestique de l’ennemi
http://www.vialibre5.com/pages/magazine/n13-pages/n13-page_debat_1.htm
L’invention de l’ennemi, Choc des civilisations : la vieille histoire du « nouveau totalitarisme »
http://www.voltairenet.org/article143295.html
INTELLECTUELS MÉDIATIQUES, Les nouveaux réactionnaires, Octobre 2002, Maurice T.Maschino
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/MASCHINO/16996

COMMUNISTES


http://www.katardat.org/marxuniv/2002-SUWW2/Images/images01.html

affiche_anti_communiste
affiche_anti_communiste

Affiche anti-bolchévique hongroise, Mano Miltiades, 1919.
Affiche anti-bolchévique hongroise, Mano Miltiades, 1919.


En 1940, la France est battue par les troupes allemandes en un mois. Il faut trouver des bouc-émissaires.

« Brusquement, il y a eu une sorte de mutation politique et le climat de Bordeaux était un climat abominable. La trahison s'étalait ouvertement, le besoin de capitulation, la volonté à n'importe quel prix de s'entendre avec les vainqueurs, l'anglophobie, traditionnelle en France et qui revient si facilement à la surface. Tout cela s'affichait avec une espèce de cynisme affreux. Personne ne parlait de la responsabilité des chefs militaires qui s'étaient trompés, par contre on faisait tout, on attribuait toutes les erreurs à Léon Blum, au Front Populaire, etc. On se consolait des malheurs de la patrie en savourant des satisfactions de revanche en matière de politique intérieure, ce qui n'a fait que se développer par la suite comme vous le savez. » (Pierre Mendès France, ancien parlementaire de la 3ème République, entretien dans le documentaire "Le chagrin et la pitié", 1969, de Marcel Ophuls)



«Christian de la Mazière : Pétain dans une série de discours a tiré les conséquences de cette défaite. Il les avait tiré très adroitement, c'était très séduisant. Si vous relisez les textes maintenant, moi je ne les ai plus relu, cela ne m'intéresse plus, je crois que si on les relit on sera étonné.
Journaliste : Oui, ça utilisait beaucoup les inconscients collectifs de l'époque.
CDM : Absolument.
Journaliste: Les bouc-émissaires qui étaient le parlementarisme.
CDM : Le parlementarisme, un certain patronat louche, étranger ...
Journaliste : Cosmopolite.
CDM : Cosmopolite sinon métèque, et mais bien sûr le parti communiste qui était la cause de tout. » (Christian de la Mazière, ancien jeune d'extrême droite en 1940, entretien dans le documentaire "Le chagrin et la pitié", 1969, de Marcel Ophuls)


Le plan Marshall contre les communistes
« L'altruisme américain demeure toutefois relatif, même à cette époque: le plan Marshall n'a jamais eu pour objet exclusif d'aider l'Europe à se redresser. Le président Kennedy l'admet en 1961 : « L'aide étrangère est un moyen par lequel les États-Unis maintiennent dans le monde une position d'influence et de contrôle, et appuient bon nombre de pays qui sinon s' écrouleraient ou passeraient dans le camp communiste (Graham Hancock, Lords of Poverty.. The Power, Prestige, and Corruption of the International Aid Business, Atlantic Monthly Press, New York, 1989) ». Les alliés des États-Unis ne sont pas dupes des générosités américaines et savent, si nécessaire, jouer sur les frayeurs anticommunistes de leur protecteur pour arracher les concours économiques qu'ils réclament: « Les communistes nous rendent un grand service, explique Pierre Mendès France au lendemain de la guerre. Comme nous faisons face à une "menace communiste", les Américains font l'impossible pour nous aider. Cette peur du communisme nous est indispensable. Il ne faut pas qu'elle se dissipe.» De temps en temps, quelques ajustements mineurs (fine-tuning) s'imposent; l'avant-garde des experts dispose d'assez de compétence pour en signaler l'opportunité. » ( Le grand bond en arrière, Serge Halimi, p53)


Le mccarthisme (ou maccarthysme ou maccarthisme) est un épisode de l'histoire américaine, connue également sous le nom de « Terreur Rouge » (Red Scare), qui s'étala approximativement de 1950 à 1956. Elle désigne non seulement la procédure inquisitoriale menée par la commission du Sénateur Joseph McCarthy consistant à traquer d'éventuels agents, militants ou sympathisants communistes aux États-Unis mais également une ambiance politique consistant à réduire l'expression d'opinions politiques ou sociales jugées défavorables, en limitant les droits civiques sous le motif de défendre la sécurité nationale. http://fr.wikipedia.org/wiki/Maccarthisme



BOURGEOISIE


« La définition française permet de souligner que le génocide n’est pas toujours du même type –racial comme dans le cas des juifs -, mais qu’il peut aussi viser des groupes sociaux. Dans un livre publié à Berlin en 1924 – intitulé La Terreur rouge en Russie – l’historien russe, et socialiste, Sergueï Melgounov, citait Latzis, l’un des premiers chefs de la Tcheka (la police politique soviétique) qui, le 1er novembre 1918, donna des directives à ses sbires : « Nous ne faisons pas la guerre contre les personnes en particulier. Nous exterminons la bourgeoisie comme classe. Ne cherchez pas, dans l’enquête, des documents et des preuves sur ce que l’accusé a fait, en actes ou en paroles, contre l’autorité soviétique. La première question que vous devez lui poser, c’est à quelle classe il appartient, quelles sont son origine, son éducation, son instruction, sa profession.» (Jacques Baynac, La Terreur sous Lénine, 1975) » (Les crimes du communisme, Stéphane Courtois, dans Le livre noir du communisme, 1997, p26)



JUIFS


Le complot Juif
Le complot Juif



IMMIGRES


La France, tu l'aimes ou tu la quittes.
La France, tu l'aimes ou tu la quittes.

affiche FN
affiche FN


Voir l'article : 12.L'ordre insécuritaire : notamment l'ethnicisation des rapports sociaux.

Vidéo Sarkozy + De Villiers = amour
http://www.dailymotion.com/video/xj7co_sarko-tu-laimes-ou-tu-la-quittes

Votez Le Pen
Votez Le Pen

Act Up-Paris & du 9ème Collectif de Sans-Papiers : affiche Sarkozy / « Votez Le Pen », une affiche pour dénoncer un discours raciste et une politique meurtrière
http://www.actupparis.org/article2303.html

Urgent : gouvernement cherche boucs émissaires… & Ordre moral et immigration
http://increvablesanarchistes.org/articles/1981_2000/1998_gauchdroitsanspapier.htm

Article Télérama n°2753 - 16 Octobre 2002, Gérard Noiriel
http://abel.jerome.free.fr/ressources/Telerama_Immigration_Noiriel.pdf

Proche-Orient


Que reste-t-il des espoirs nés lors des accords d'Oslo, Claude Lanzmann, Le Monde, 4 août 2006
http://www.redir.fr/gyvi

Sur le conflit israëlo-palestinien
http://aamd57.free.fr/TextesdeConferences.htm
http://www.francais-mondearabe.net/spip.php?article637
http://www.amis.monde-diplomatique.fr/article626.html

MUSULMANS


caricature_Mahomet
caricature_Mahomet


« Censure », « droit au blasphème » et islamophobie, Retour sur « l’affaire des caricatures de Mahomet », http://lmsi.net/article.php3?id_article=510

Islam, médias et opinions publiques, déconstruire le "choc des civilisations. Depuis le 11 septembre 2001, un fossé s’est creusé entre les opinions européennes et l’islam. Une peur diffuse s’est emparée des esprits. On s’interroge gravement sur la compatibilité entre l’islam et les principes de liberté, de démocratie, de pluralisme. Certains n’hésitent pas à parler de « guerre de civilisations ». C’est contre cette vision que s’inscrit la réflexion de la Commission Islam & Laïcité, en partant de l’état de l’opinion et des principaux points d’incompréhension. Notre objectif est de faciliter un dialogue multiforme entre musulmans et non musulmans, entre Orient et Occident. En étudiant l’état de l’opinion publique dans différents pays européens, en nous interrogeant sur la perception de l’islam et des musulmans, nous tenterons de mesurer les principaux points d’incompréhension et de peur et ce qui a changé au cours des dernières décennies avec l’installation en Europe de millions de citoyens d’origine musulmane. http://www.islamlaicite.org/article321.html


Les architectes du choc des civilisations
http://www.antigone-net.net/index.php?option=com_content&task=blogsection&id=34

L’obsession identitaire des médias français
http://www.voltairenet.org/article136361.html

« Charlie Hebdo » et Prochoix, Vendre le « choc des civilisations » à la gauche
http://www.voltairenet.org/article17482.html

"LA CHASSE AUX MÉCRÉANTS, DE L’INQUISITION À L’AFFAIRE DES CARICATURES"
http://www.vox-populi.net/article.php3?id_article=301

Luc Ferry se détend sur RTL
http://lesogres.org/article.php3?id_article=1493
http://lesogres.info/article.php3?id_article=1958

L'Express du 02/03/2006, Islamisme, Le manifeste des douze : ensemble contre le nouveau totalitarisme :
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/islamisme/dossier.asp?ida=437179

« Un trait caractéristique des procédés polémiques de M. Bruckner est le recours fréquent aux termes d’"apaisement" et de "collaborateur". Cet usage est rarement innocent. L’idée est d’associer aux collaborateurs des nazis ceux qui cherchent un accommodement avec la majorité des musulmans. Sauf à vouloir seulement se montrer blessant, cela ne peut que signifier que M. Bruckner voit l’émergence de l’islamisme comme un phénomène comparable à la montée du nazisme. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Même si je perçois les dangers de l’islamisme, je considère cette vision comme excessivement alarmiste. » (intervention de l’écrivain hollandais Ian Buruma, dans Le Monde du 28 février, « Combattre l’intégrisme, mais sans alarmisme »en réponse à Pascal Bruckner (« Pour en finir avec le multiculturalisme, » Le Monde, 19 février, cité dans http://blog.mondediplo.net/2007-02-28-Quel-debat-autour-de-l-islam, Alain Gresh)



"[Un journaliste]...Dans votre livre, vous affirmez que certains responsables politiques voient dans le monde musulman, une menace stratégique qui aurait remplacé la menace soviétique. Selon eux, l’Islam est une religion pathologiquement belligène."
" J’essaye effectivement d’analyser les racines du discours sur la guerre contre la terreur. Il est faux de dire que la thématique de la menace venue de l’Islam serait postérieure au 11 septembre 2001, elle est bien plus ancienne et tout au long des années 90, nous avons de nombreuses déclarations de responsables occidentaux qui présentent d’une façon presque essentialiste, l’Islam comme étant la menace suprême.
Tout ceci remonte en fait à la disparition de l’Union soviétique. Certains responsables occidentaux ont voulu trouver un substitut à cette menace défunte et ont très rapidement proposé de remplacer la menace Sud comme facteur fédérateur des Occidentaux évidemment sous la houlette américaine. Je fais dans le livre l’historique de ces analyses, des tentatives, de ne pas changer le cadre des schémas de pensées et de la réorienter simplement géographiquement en faisant pointer les chars non plus sur l’Est mais sur le Sud.
Par la suite le discours sur le choc des civilisations est venu ce greffer sur cette thématique de la menace Sud. Elle avait pour avantage de donner une grille de lecture plus intellectuelle apparemment moins ouvertement raciste et plus sophistiquée. Huntington explique dans son livre sur le choc des civilisations que l’Islam a des frontières sanglantes qu’il a fait plus de guerres que les autres civilisations et que les guerres qu’il a mené ont été plus sanglantes. Il n’est pourtant pas besoin d’avoir des connaissances encyclopédiques pour souligner le fait qu’aucune des deux Guerres Mondiales n’a été déclenchée par l’Islam, pas plus que les goulags soviétiques ou chinois, le génocide au Rwanda, pour ne pas parler des méfaits de la colonisation..." (Pascal Boniface,"Vers la Quatrième guerre mondiale ?" aux éditions Armand Colin, cité dans l'article http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7931">"l'incantation du mal")



ANTI-BUSH = FASCISME ?


Bush
Bush

Quelques mois à peine après le 11 septembre, l’éditorialiste néo-conservateur Alexandre Adler publiait J’ai vu finir le monde ancien, dans lequel il parlait déjà de « fascisme musulman » : « Je prétends donc que l’anti-américanisme d’aujourd’hui, sous des dehors vaguement progressistes, n’est qu’un conglomérat de vieux rêves évanouis sous les décombres du mur de Berlin – un sentiment fascisant qui, de fait, se trouve en sympathie avec le « fascisme musulman » propagé par les islamistes ». J’ai vu finir le monde ancien, Paris, Grasset, 2002 ; Hachette, Pluriel, p. 69. Ce livre avait reçu le Prix du livre politique de l’Assemblée nationale 2003 attribué par un panel d’éditorialiste en vue.


Les plus belles perles de ce type d'argumentaires sur ce blog :
http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2006/06/

AXE DU MAL
http://fr.wikipedia.org/wiki/Axe_du_Mal
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/03/RAMONET/16213

NOUVEL ORDRE MONDIAL
Voir l'article : 8.3.6."Think Tanks"
Voir l'article : 6.5.La "liberté" par la répression

04.11.01_bush_benladen
04.11.01_bush_benladen


12.2.Capitulations quotidiennes

Dernières modifications : 10.02.2008, 13:34

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.» (Étienne de La Boétie (1530 – 1563), http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire_ou_le_Contr'un )


Poème attribué au pasteur Martin Niemoller, 1950
Poème attribué au pasteur Martin Niemoller, 1950


"Lorsque les nazis vinrent chercher les communistes, je me suis tu : je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je me suis tu : je n'étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les Juifs, je me suis tu : je n'étais pas Juif.
Lorsqu'ils sont venus chercher les catholiques, je me suis tu : je n'étais pas catholique.
Lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester.
"
(Pasteur Martin Niemoller, interné en Allemagne de 1938 à 1945 (1892 - 1984), À noter que la forme initiale exacte et l'origine de ce poème ne sont pas connues avec certitude)


Exposition deuxième guerre mondiale
http://www.eure-et-loir.pref.gouv.fr/expo/sommaire_exposition.html

Expulsion à Montreuil, 11 octobre 2005 : Notre tour viendra, notre tour est venu !
http://endehors.org/news/8719.shtml

Lettre de résistante. Aux françaises et aux français de bonne volonté ! aux démocrates !
http://www.antigone-net.net/index.php?option=com_content&task=view&id=239&Itemid=9

L'immigration


[...] la mise en oeuvre de la répression et les dérives qui l’accompagnent suscitent inévitablement des protestations de caractère moral ou humanitaire. Face à ces protestations, la riposte des responsables est la même, en 2006 comme en 1942, et elle est double : d’un côté, les autorités, nous disent-elles, ne font qu’appliquer la loi, et les protestataires s’entendent reprocher leur incivisme. Par ailleurs, pour désarmer les oppositions, les autorités introduisent des distinctions à l’intérieur de la population frappée par la répression. En 1942, le gouvernement de Vichy déclarait séparer le cas des Juifs français, dont il prétendait vouloir sauver au moins la vie, de celui des Juifs étrangers, livrés pieds et poings liés à l’occupant. De même aujourd’hui, Maître Arno Klarsfeld, l’ineffable médiateur promu par le Ministre de l’Intérieur, insiste sur l’opportunité d’opérer un tri, une sélection, entre les familles qui ont des attaches avec la France et celles qui n’en ont pas, l’expulsion de ces dernières n’appelant aucune objection de sa part. (1942-2006 : réflexions sur un parallèle contesté (Emmanuel Terray), http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=2159)


« Pour que les actes passifs de génocide soient perçus comme légitimes (naturels), le peuple doit participer à l’idéologie eugénique. Il doit croire que les espèces suivent un processus biologique qui s’efforce d’atteindre la perfection par le processus de sélection. Il doit croire que certaines populations sont plus aptes que d’autres. Il doit avoir un désir d’émulation de l’adaptation et avoir la foi en l’élimination de l’inadapté. » (Machine Chair, Critical Art Ensemble, p41, p55, http://www.art-act.net/machine_chair.pdf)

Voir l'article : 4.4.3.La sélection "naturelle"

« La conjoncture idéologique actuelle révèle, une fois de plus dans l'histoire de certains pays européens, le caractère profondément opportuniste, c'est-à-dire utilitariste et pragmatique, des politiques d'immigration. A des lieues des grands principes systématiquement invoqués, ces dernières sont toujours intéressées - mais rarement capables de continuité, et encore moins de respect des immigrés. Le tout dans la bonne vieille tradition des démographes français de la première moitié de ce siècle, sur un fond d'eugénisme persistant, qui consiste par exemple à considérer officiellement les «étrangers européens» comme supérieurs aux « étrangers non européens ». (La logique du "tri", politique des quotas, par Alain Morice, Novembre 2000, extrait de Manière de Voir 89, Banlieues, octobre-novembre 2006, p77)


« La distinction entre immigration "subie" et immigration "choisie" entraîne l’"acceptation" d’une énorme régression idéologique, la division de l’humanité entre "espèces" nuisibles et utiles : selon Jean-Pierre Alaux, chargé d’études au Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), les discours politiques (de droite comme de gauche) et médiatiques agitent les peurs pour justifier une démarche néo-colonialiste. [...] En 1946, il y a soixante ans, la France a, pour sa part, affirmé dans le préambule de la Constitution d’alors que "tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés". En même temps, comme si de rien n’était, la France a continué à coloniser et à lutter contre les mouvements indépendantistes. Pour effacer les cicatrices économiques de la guerre, les pays européens ont instrumentalisé des migrants qui ne songeaient pas spontanément à venir. Et dès que sa reconstruction a été achevée, dans les années 70, l’Europe s’est murée. Derrière ce grand écart entre les leçons théoriquement tirées de la Deuxième Guerre mondiale et les politiques effectivement pratiquées depuis, il y a la très vieille idée qu’existeraient des inégalités "naturelles". Pourquoi l’inégalité serait-elle plus naturelle que l’égalité ? Egalité et inégalité sont des résultats momentanés de l’histoire des sociétés humaines. De la paix et de la guerre, de la liberté et de l’aliénation, de la justice et de l’injustice, qui peut dire lesquelles sont naturelles et lesquelles ne le sont pas ? C’est seulement la facilité qui porte à considérer l’inégalité comme naturelle. Ainsi qu’une absence d’anticipation à long terme de l’avenir.[...]Il s’agit, en réalité, d’une immigration "élue" par l’Etat français en raison de son utilité pour lui.[...] Ce formatage utilitariste, que beaucoup de ses promoteurs -Sarkozy notamment- nient contre toute évidence, est honnêtement assumé par quelqu’un comme Roselyne Bachelot-Narquin députée UMP, ancienne ministre de l’écologie dans le gouvernement Raffarin. Dès octobre 1999, elle écrivait, dans le Monde, qu’"il faut avoir le courage ou le cynisme de dire que nous allons nous livrer à une démarche néo-colonialiste de grande envergure pour assurer la survie de nos sociétés post-industrielles vieillissantes. Après avoir pillé le tiers-monde de ses matières premières, nous nous apprêtons à le piller de ce qui sera la grande source de richesses du troisième millénaire : l’intelligence". [...] On répond a une phénomène de fond reposant sur l’injustice dans le monde par un dispositif de guerre. En agitant les peurs, on pousse à considérer les étrangers comme des nuisibles, pas comme des êtres humains. Sous la pression du discours et de l’image, on s’interdit toute réflexion sur la réalité. [...] L’UE n’accorde son aide, sa coopération, ses préférences commerciales qu’aux pays qui lui garantissent qu’ils récupèreront leurs ressortissants en situation irrégulière chez nous ainsi que tous les étrangers qui ont transité par leur territoire pour gagner l’Europe.» (Jean Pierre Alaux, propos recueillis par Simon Barthélémy, Immigration "subie", xénophobie choisie, lundi 26 février 2007, http://ecorev.org/article.php3?id_article=543)


« Le 26 août 2005, 17 personnes (dont 14 enfants) périssent dans l’incendie d’un immeuble vétuste boulevard Vincent-Auriol, dans le 13e arrondissement de Paris. Le 29 août, 7 autres décèdent dans l’incendie d’un squat rue du Roi-Doré (3e). Toutes les victimes sont originaires d’Afrique noire. Le ministre de l’intérieur, M. Nicolas Sarkozy, annonce alors sa décision de procéder à un recensement et de fermer « tous les immeubles insalubres et les squats présumés dangereux » de la capitale. Trois jours plus tard, sous l’œil des caméras, des dizaines de familles – majoritairement africaines – sont délogées par les forces de l’ordre de deux grands squats parisiens, situés rue de la Tombe-Issoire (14e) et rue de la Fraternité (19e). Elles sont provisoirement relogées dans des hôtels de la région parisienne. Puis, le 16 septembre, une trentaine de personnes sont elles aussi expulsées d’un squat de la rue du Maroc (19e), alors qu’une partie d’entre elles venaient de se voir proposer un relogement. Les images de cette éviction prêtent à confusion : doit-elle permettre de sauver des personnes vulnérables d’un danger imminent, ou bien chasse-t-elle des individus menaçant la propriété et l’ordre public ? Les propos du ministre de l’intérieur, insistant sur l’irrégularité des occupants – alors même qu’une majorité d’entre eux dispose de titres de séjour –, attisent encore les soupçons de « parasitisme ». (Derrière la fatalité, l’épuration sociale, Le squat, un lieu de résistance, http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/BOUILLON/12811)


« Si souvent empressé a donner asile aux familles de tyrans - qu'ils soient, dans les années 1990, haïtiens ou rwandais -, le gouvernement n'en finit pas de durcir sa politique a l'égard des étrangers les plus démunis, mis en situation irrégulière et contraints à la clandestinité.[...]
De plus, nombre de circulaires ne sont pas publiées, l'un d'elles totalise 75 pages ! Le tout reste cependant opposable à des étrangers sans maîtrise, sinon de la langue française du moins de l'inimitable jargon bureaucratique à peine déchiffrable par des juristes nationaux expérimentés. Les dictatures latino-﷓américaines, dans les années 1970, pratiquaient les décrets secrets applicables à des citoyens qui n'en avaient pas connaissance, signes grossiers d'un Etat de non-droit.[...]
Au-dela, le ministre de l'intérieur s'emploie de plus en plus activement à enrôler la population civile dans la police des étrangers; jusqu'à encourager la délation. Ce sont d'abord les fonctionnaires des services préfectoraux en contact avec les administrés, souvent placés dans des conditions matérielles propres à créer et entretenir des rapports tendus. Incités à retarder la délivrance de documents, en particulier dans l'attente d'une réglementation nouvelle plus restrictive dont on anticipe l'application, ils pratiquent également la convocation-piège débouchant directement dans les locaux de police et la reconduite à la frontière, le tout expédié dans la journée. Ce sont ensuite les maires, tenus de donner un avis motivé si les conditions de ressources et de logement de l'étranger résidant dans commune, préalablement à un visa d'autorisation de visites ou à u regroupement familial. Ils sont également appelés à participer parfois avec zèle non seulement à la chasse aux mariages blancs mais aussi à dénonciation de futurs conjoints en situation irrégulière. Ce sont également les compagnies aériennes, dont le personnel est transformé en auxiliaire de police, chargées à leur risque financier de vérifier avant le départ les visas des personnes qu'elles acheminent en France. Ce sont enfin, de plus en plus fréquemment, les agents des services publics : hôpitaux, écoles, bureaux de poste... incités ou empressés à vérifier préalablement le titre de séjour et à dénoncer à la police les situations irrégulières, renouant avec des comportements détestables que l'on croyait révolus. Sans même l'excuse de l'efficacité. (Dans l'étau policier, par Christian de Brie, décembre 2004, extrait de Manière de Voir 89, Banlieues, octobre-novembre 2006)


« En 1938, Albert Sarraut, ministre de l'intérieur, publiait une série de circulaires pour une « action méthodique, énergique et prompte en vue de débarrasser notre pays des éléments indésirables trop nombreux qui y circulent » [...] Un député de cette « Chambre introuvable » élue en mars dernier glorifie le modèle américain où l'« on dénonce les clandestins à la police. Ce n'est pas perçu comme de la délation ( ... ). Il y a un navire américain, et ( ... ) tout le monde ne peut monter à bord sans risque de le faire couler »(Cité par Le Quotidien de Paris, 16 avril 1993). A la mer, les miséreux, et tant pis s'ils se noient. Si cet élu du peuple avait étudié d'un peu plus près le cas américain, il aurait mesuré à quel point une politique répressive, aussi bien contre les délinquants que contre les immigrés, est peu efficace. Dans un pays où le nombre de prisonniers par habitant est cinq fois supérieur à celui de la France, où plus de 2 500 personnes attendent leur exécution dans les « corridors de la mort », on compte près de 22 Américains tués chaque année pour 100000 hommes entre 15 et 24 ans, contre 1,4 dan l'Hexagone ...
En France, plus de 500 quartiers - 3 millions d'habitants concernés sont considérés comme «sensibles». Le taux de chômage entre 20 et 24 ans y est de 24,1 % pour les hommes et de 30,7 % pour les femmes (contre 14,8 % et 25,3 % à l'échelle nationale). La proportion des moins de 20 ans y atteint 32,9 % (contre 26,5 %), celle des étrangers de moins de 15 ans 21,6 % (contre 7 % [15]). Comment résoudre les problèmes de ces banlieues? Par la réforme du code de la nationalité? Par un renforcement des contrôles d'identité ? Par la banalisation des propositions du Front national? 38% des Français se disent proches de M. Le Pen en matière d'immigration : ne finiront-ils pas par préférer l'original à la trouble copie que proposent les autres forces politiques? (Ces "étrangers" si coupables, si vulnérables ..., par Alain Gresh, mai 1993, extrait de Manière de Voir 89, Banlieues, octobre-novembre 2006)


Le travail


Extraits tirés de CQFD N°42, ANTHOLOGIE DES DURS A LA BESOGNE, février 2007
http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1295

« Le travail, c’est l’émancipation. Le chômage, c’est l’aliénation. » Nicolas Sarkozy, sur TF1, 05/02/2007


« L’essentiel est le sens de la vie. Le travail fait partie intégrante de l’équilibre de la condition humaine car il constitue la contribution de chacun à la vie en société. Le loisir n’existe que par rapport au travail. Aujourd’hui, alors que l’automatisation tend à éliminer les tâches pénibles et répétitives, le moment est venu de réhabiliter le travail. L’exemple à donner aux jeunes est simple : les gens les plus heureux sont ceux qui travaillent beaucoup et s’épanouissent dans leur travail. » Claude Allègre, L’Express, 25/10/2001


« Dans l’après-guerre, de nombreux intellectuels se sont confrontés à une remarque d’Adorno demandant si on pouvait encore écrire un poème après Auschwitz : mais personne n’a songé à se demander ce qu’il en était du travail après Auschwitz, et ce bien qu’après l’écrasement du nazisme les surveillants zélés du camp aient tous allégués pour excuse qu’ils n’avaient fait que leur travail. » Matière Première n°1, février 2005


Soumission à l'autorité


Expérience de Stanley Milgram (1960-1970)

« C'est une experience classique de psychologie sociale sur la soumission à l'autorité. Elle nous met en garde, je pense, contre le fait qu'on est susceptible, simplement parce qu'on est réceptif à l'aurorité, de commettre des choses qu'on ne commettrait pas si on était plus critique envers l'autorité.» (Normand Baillargeon, entendu dans l'émission de radio "La-bas si j'y suis" du 31 janvier 2008, 19:30,
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1359)


vidéo 1 :
http://www.dailymotion.com/related/920882/video/x2tc9h_processus-de-soumission-a-lautorite_politics

vidéo 2 :
http://www.dailymotion.com/video/xjqk2_autorite-danger

12.3.L'étau policier

Dernières modifications : 27.02.2007, 17:25

« Le libéralisme sécuritaire glorifie l'État minimal pour ce qui relève des services rendus au public, de la redistribution, du contrôle de l'utilisation de la main-d'oeuvre, et milite pour un État fort quand il s'agit de masquer, contenir ou réprimer les conséquences sociales de cette dérégulation du travail et de la détérioration de la protection sociale. » (Fondation Copernic, « Diagnostics pour sortir du libéralisme », p76)


"Police Partout ! La globalisation est aussi celle de la police et des pratiques sécuritaires. Dans le nouveau monde tel qu'on nous le dessine, le danger est partout, les insécurités sont notre ennemi principal. L'aisance et la croissance auraient pour parallèle le développement d'une peur, peur de perdre ses biens, peur dans un ordre de plus en plus inégalitaire qui met les riches en face des pauvres et, entre eux, un dispositif policier de plus en plus « performant ». Partout dans notre riche Nord, les polices s'organisent, se modernisent, se font visibles pour rendre visible le pouvoir. Alors que la sphère publique, celle de la citoyenneté et du vivre ensemble, s'amenuise l'ordre public fait spectacle et réprime. Les législations s'harmonisent pou criminaliser et réprimer certains d'entre nous en particulier : les plus démunis, les rejetés, les contestataires, ceux qui font désordre en général. Partout les prisons se remplissent, les rues se garnissent de caméras et de police. Et partout l'opposition devient un jeu périlleux, la résistance doit entrer dans ce monde là, elle doit désobéir pour affirmer une autre légitimité, au risque de sa liberté et de son intégrité physique parfois. La ruse ici est au centre. Mais le jeu est sérieux." (Guerrilla Kit, de Morjan, p55)


Aux États-Unis, on assiste à un dédoublement de l'État, avec d'un côté un État qui assure des garanties sociales, mais pour les privilégiés, suffisamment assurés pour donner des assurances, des garanties, et un Etat répressif, policier, pour le peuple. Dans l'État de Californie, un des plus riches des États-Unis, - il a été un moment constitué par certains sociologues français en paradis de toutes les libérations -, et des plus conservateurs aussi, qui est doté de l'université sans doute la plus prestigieuse du monde, le budget des prisons est supérieur, depuis 1994, au budget de toutes les universités réunies. Les Noirs du ghetto de Chicago ne connaissait de l'État que le policier, le juge, le gardien de prison et la parole officer, c'est-à-dire l'officier d'application des peines devant qui ils doivent se présenter régulièrement sous peine de repartir en prison. On a affaire là à une sorte de réalisation du rêve des dominants, un État qui, comme l'a montré Loïc Wacquant, se réduit de plus en plus à sa fonction policière. (Contre-Feux, Pierre Bourdieu, p37)


Autrement dit, comme Loïc Wacquant a eu l’occasion de montrer sur l’exemple des USA, ce pays du libéralisme réellement existant, qui sert de modèle aux promoteurs de la «refondation sociale», le démantèlement de l’Etat social ne peut qu’aller de pair avec le développement de l’Etat pénal : là où la cotisation sociale et la prestation sociale sont renvoyées aux poubelles de l’Histoire, c’est la matraque et la chaise électrique (ou la guillotine) que l’ont (re)met en service. L’exaltation de l’insécurité comme vertu du marché se retourne ainsi nécessairement en phobie insécuritaire, dès lors que l’insécurité marchande suscite la révolte contre le marché lui-même. L’une n’est pourtant que le verso de l’autre : car ce sont précisément les victimes de l’insécurité réputée vertueuse du marché qui se font ordinairement les auteurs de l’insécurité délictuelle et criminelle. La liberté pour les gagnants, la prison pour les perdants ! Telle est en définitive la devise inavouée parce qu’inavouable de tout le discours de la «refondation sociale», dont la force tient moins à sa cohérence formelle qu’à la puissance industrielle et financière de ses ténors qui, en matière d’opinions comme en tout autre, en possèdent ou en contrôlent les moyens sociaux de production. Devise en laquelle éclate leur cynisme foncier. http://www.alencontre.org/page/print/BihrRefondSoc11_05.htm


« Libéral-autoritaire, c'est à dire:
- libéral sur le plan économique, sauf à protéger quelques clientèles;
- autoritaire sur le plan des libertés individuelles, sauf à protéger certains intérêts particuliers.
Dans cette optique, le projet libéral s'inscrit d'abord dans un débat idéologique et prend pour référence le modèle américain, réduisant en principe le plus possible le domaine d'intervention de l'État. Selon ce modèle idéal, l'État doit assurer seulement les fonctions de souveraineté qui le légitiment: sécurité extérieure, police, justice, trois missions fondant la notion même d'État. Les mécanismes du marché, les initiatives individuelles, l'autorégulation sociale devront progressivement réduire les autres domaines d'intervention, telles la solidarité, la culture, l'éducation... Véhiculée à longueur de médias, ce modèle culturel américain est aussi présenté comme la référence obligée en matière de protection des libertés. Profondément inégalitaire, la société américaine utilise comme mythe fondateur les principes constitutionnels touchant aux libertés. La réalité est bien différente, gérée par une corporation très influente de professionnels du droit tirant un profit maximum d'un marché qu'ils développent à l'envi. Elle suscite un système policier peu contrôlé dans ses pratiques quotidiennes, souvent corrompu, concurrencé par des agences de protection privées, un appareil judiciaire profondément influencé par la situation sociale et financière des individus, un monde carcéral hypertrophié et violent. Ainsi, avec sept cent cinquante mille détenus, les États-Unis sont le troisième pays au monde en nombre de personnes incarcérées par rapport à la population, juste derrière l'URSS et l'Afrique du Sud. Cette population carcérale a doublé depuis 1970, le nombre de femmes détenues ayant, quant à lui, augmenté de 65% entre 1978 et 1983. Le surpeuplement est tel que l'espace moyen dont dispose chaque prisonnier dans sa cellule est inférieur à 2 mètres carrés.
La sur-représentation des populations précarisées, les Noirs en particulier, est patente. Au 1er juin 1987, sur 1901 prisonniers condamnés à mort, 787 sont de race noire. Au 1er octobre 1986, 32 détenus en attente d'exécution étaient mineurs au moment des faits ayant motivé leur condamnation, 18 prisonniers ont été gazés, électrocutés ou empoisonnés par des injections mortelles en 1986. Amnesty International estime que ce chiffre pourrait être porté à 40 en 1987. C'est la violence entretenue par la société américaine qui produit de façon consubstantielle la violence de son système répressif. Plus les inégalités sociales s'accroissent, moins les mécanismes d'aide et de redistribution sont efficaces. Aux solidarités se substituent répression brutale et charité-spectacle. » (Jean-Paul Jean http://www.homme-moderne.org/societe/politics/jpj/liberal.html)


12.4.Résistances et violences

Dernières modifications : 09.03.2007, 18:18

Quand désobéir devient un devoir
Quand désobéir devient un devoir


C'est le sens de l'appel du Réseau Education Sans Frontières, "Nous les prenons sous notre protection." :
http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=24

« Quand le gouvernement encourage les intérêts privés ou les laisse s’imposer aux dépens de tous et de la terre. Quand la loi privilégie l’intérêt particulier au détriment de l’intérêt général, criminalisant ceux qui, en nombre restreint, ont osé l’enfreindre. Que reste-t-il aux citoyens responsables pour que le droit redevienne la référence de régulation entre les personnes et les biens, pour que l’Etat retrouve son indépendance et soit cette instance de défense et de préservation du bien commun ? Il ne reste plus en conscience aux citoyens que d’affronter cet état de non-droit pour rétablir la justice au risque des amendes et des peines de prison possibles. Plus la conviction sera forte, plus le nombre des volontaires sera important, plus nous changerons le rapport de force. Agir à visage découvert et en plein jour, c’est cela notre force et notre expression démocratique pour que ce danger soit pris en compte avant qu’il ne soit trop tard. Dans l’état de nécessité actuelle où nous nous trouvons, nous n’avons plus rien à notre disposition pour que la démocratie reste une réalité. C’est l’impuissance de l’Etat et l’usage inversé de la loi qui nous font entrer en résistance pour refuser la fatalité. " Renoncer à la Désobéissance Civile, c’est mettre la conscience en prison", a dit Gandhi. La désobéissance civile est une action citoyenne et réfléchie. Elle peut compter sur un soutien important de la collectivité puisque 70% des Français de tous bords politiques sont opposés aux OGM dans leur alimentation. Dès maintenant, nous pouvons penser à une journée de fauchage volontaire sur toute l’étendue du territoire français. » (Désobéissance civile... face aux OGM, http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=3850)


Une petite hypocrisie ne faisant pas de mal, écoutez notre bon ministre :
« Aucune violence ne sera jamais légitime (en parlant d'un guet-apens contre des policiers à Epinay)" (interview de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture, lors de l'exposition « Rue au grand palais, Paris, 13-15 décembre 2006, pris sur ce blog http://www.oliaza.ouvaton.org/?p=42)


Illustration Nicolas Filloque, Manière de Voir, Banlieue, Octobre-Novembre 2006
Illustration Nicolas Filloque, Manière de Voir, Banlieue, Octobre-Novembre 2006


« On ne peut pas tricher avec la loi de la conservation de la violence: toute violence se paie et par exemple la violence structurale qu'exercent les marchés financiers, sous forme de débauchages, de précarisation, etc., a sa contrepartie à plus ou moins long terme sous forme de suicides, de délinquance, de crimes, de drogue, d'alcoolisme, de petites ou de grandes violences quotidiennes. » (Contre-feux, Pierre Bourdieu, p46)


« La France des «plans sociaux» est aujourd'hui celle des périphéries urbaines ou rurales. De Romorantin à Alençon, de Boulogne-sur-Mer à Givet, de Prémorel à Longwy ce sont les zones industrielles ou rurales des périphéries qui subissent en priorité la précarisation de l'emploi et le chômage. Ces vagues de licenciement ont entraîné partout des réactions violentes des travailleurs. Les uns menaçant de provoquer une catastrophe écologique, les autres de faire exploser des fûts de gaz ou encore de voter pour le Front national. Peu ou pas syndiqués, politiquement inexistant, ces travailleurs n'ont d'autre choix que la radicalisation. La question est de savoir combien de temps encore les couches populaires respecteront un système qui les désavoue en peu plus chaque jour ? » (Atlas des nouvelles fractures sociales en France, par Christophe Guilluy - Christophe Noyé, 2004)


«La bourgeoisie montante s'est réservé l'illégalisme des droits : « La possibilité de tourner ses propres règlements et ses propres lois ; de faire assurer tout un immense secteur de la circulation économique par un jeu qui se déploie dans les marges de la législation - marges prévues par ses silences ou libérées par une tolérance de fait. » (Les privilèges de la délinquance économique et financière : Pierre Lascourmes, Directeur de recherche au CNRS, Cevipof, Sciences-po, dans Alternatives Economiques n°65 - Hors-série - Le Capitalisme-2005, p48)

Voir l'article : 10.4.4.Criminalité financière

« L'action collective protestataire, en d'autres termes, serait un des rares registres d'intervention dans le jeu politique accessible aux groupes exclus du système politique, une « arme des faibles » en quelque sorte, permettant aux « sans voix » de se faire entendre lorsque les voies d'expression politique ordinaires - c'est-à-dire en premier lieu par la délégation électorale - leur sont fermées. Cette fermeture expliquerait la dimension « perturbatrice » des mouvements sociaux, dont les militants devraient en quelque sorte s'imposer, en le perturbant (au besoin par la violence), dans un jeu politique contrôlé par et pour un groupe plus ou moins restreint d'« élites ». Une conception comme celle de Charles Tilly (1978), qui envisage l'action contestataire comme le fait de « challengers » tentant par la perturbation et le rapport de force de forcer l'entrée d'un système politique (polity) dont les « membres », entendant pour leur part défendre leurs intérêts, tenteraient de les tenir à distance par la répression, est exemplaire de cette conception des mouvements sociaux (et, par extension, des mouvements révolutionnaires). » (Comment lutter ?, sociologie et mouvements sociaux, Lilian Mathieu, 2004, p20)


« À l'inverse, on entend rarement parler de grèves de chefs d'entreprise ou de manifestations de hauts fonctionnaires: non pas que ceux-ci n'aient jamais de revendications à faire valoir, mais ils utilisent pour cela d'autres modes d'action plus discrets et efficaces - tels que le lobbying (Offerlé 1994; Balme et a/. 2002) Voir l'article : 8.3.5."Dictature" des experts, lobby - et, surtout, disposent déjà de canaux d'accès privilégiés, voire d'une présence directe, au sein des structures de pouvoir. Pour autant, il convient de nuancer cette vision. Tout d'abord, au niveau des individus qui se mobilisent, on constate que le recours à l'action protestataire n'est pas tant le fait des plus dominés que de ceux que l'on pourrait appeler les « dominants parmi les dominés ». S'engager dans un mouvement social exige en effet un certain nombre de ressources ou de compétences dont sont généralement dépourvus les membres des populations les plus dominées ou « exclues ». La plupart des études sur le militantisme indiquent ainsi que les militants se recrutent majoritairement parmi les individus qui disposent d'un haut niveau de politisation, lequel est généralement corrélé à un haut niveau de diplôme. De même, les études consacrées aux mobilisations de populations dominées ou « exclues » - telles que les sans-papiers ou les prostituées (Siméant 1998; Mathieu 2001) montrent que leur engagement dans une action contestataire est dépendant du soutien actif de militants aguerris qui, dans bien des cas, n'appartiennent pas à leur groupe. (Comment lutter ?, sociologie et mouvements sociaux, Lilian Mathieu, 2004, p21)


« Travaillant pour sa part à partir de la démarche qu'ont adoptée Herbert Kitschelt et H. Kriesi. Le premier (Kitschelt 1986) a comparé les mouvements antinucléaires suédois, américain, français et allemand, et conclu à une relation significative entre les stratégies et impacts des mobilisations et le degré d'ouverture ou de fermeture de la structure des opportunités de chaque État. Ainsi, quand le système politique est « ouvert » (Suède, États-Unis), il produit des stratégies dites assimilatives: les mouvements utilisent les institutions en place pour faire valoir leurs positions car le système politique offre de multiples points d'accès (pétitions, participation au jeu électoral ou à des procédures référendaires, etc.). À l'inverse, quand le système politique est « fermé » (France, Allemagne), les mouvements adoptent des stratégies de confrontation avec l'État (occupations de sites, désobéissance civile, manifestations, etc.), tout en s'exposant davantage à la répression. L'étude comparative des « nouveaux mouvements sociaux » français, hollandais, suisses et allemands menée par H. Kriesi et son équipe (Kriesi et aL, 1995) conclut elle aussi à une forte dépendance des stratégies, modes d'organisation, ampleur ou encore chances de succès des mobilisations en regard du type d'État auquel elles s'affrontent. Les mouvements sociaux suisses, par exemple, bénéficieraient d'une structure des opportunités « ouverte », car dotée de référendums d'initiative populaire qui leur permettent de communiquer pacifiquement leurs revendications aux autorités politiques, alors que leurs équivalents français seraient obligés de recourir au rapport de force pour s'imposer dans un système politique centralisé et fermé. » (Comment lutter ?, sociologie et mouvements sociaux, Lilian Mathieu, 2004, p53)


gaza
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« Quand les opprimés utilisent des moyens de lutte généralement non-violents, comme Chavez, Allende, Arbenz au Guatémala dans les années 1950, Mossadegh en Iran, les Palestiniens pendant la période d’Oslo, on leur vole leurs terres, on se moque d’eux de toutes les façons, on ne les écoute pas, on les renverse etc. Et quand ils utilisent des moyens violents, comme la résistance irakienne aujourd’hui, le Hezbollah, le Hamas etc., l’immense majorité des intellectuels occidentaux [...] lèvent les bras au ciel et crient à la démocratie, à la non-violence et au respect des Droits de l’Homme. Je pense qu’il serait très aimable de la part des oppresseurs de dire aux opprimés, une fois pour toutes, quelles armes ils ont le droit d’utiliser. » (Quelques remarques sur la violence révolutionnaire, par Jean Bricmont. http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4321)


Quand la France défendait le Liban. Parmi les premières cibles de l’opération d’« autodéfense » israélienne, l’aéroport civil de Beyrouth. L’histoire se répète. A la fin de l’année 1968, alors que le Proche-Orient ne se remettait pas de la guerre de juin 1967, la résistance palestinienne s’organisait. Le Front populaire pour la libération de la Palestine, un groupe radical, attaquait, le 26 décembre 1968, sur l’aéroport d’Athènes, un appareil d’El-Al, tuant un officier israélien à la retraite. Un des membres du commando était originaire du Liban et l’opération fut revendiquée à partir de ce pays. Deux jours plus tard, un commando israélien détruisait treize avions de ligne sur l’aéroport international de Beyrouth. Le Conseil de sécurité condamna à l’unanimité cette action et demanda à Israël de payer les dégâts, ce qu’il ne fit jamais. La France déclara que le principe des « représailles » était inacceptable et le général de Gaulle décréta l’embargo sur les armes à destination d’Israël, refusant de livrer 50 Mirages qu’Israël avait déjà payés (1). Le communiqué du conseil des ministres français du 8 janvier observait : « On a fait la comparaison entre l’attentat d’Athènes contre un avion israélien et l’opération contre l’aéroport de Beyrouth : en fait, ces deux opérations n’étaient pas comparables. A Athènes, il s’agissait d’un coup de main organisé par des hommes appartenant à une organisation clandestine. A Beyrouth, l’opération a été montée par un Etat avec son matériel militaire, en particulier des Super-Frelon et des Alouettes de fabrication française contre des installations civiles d’un autre Etat. » Et le gouvernement n’hésita pas à mettre en cause « les influences israéliennes [qui] se font sentir d’une certaine façon dans les proches milieux de l’information (2). » En ce temps là, le gaullisme ne mâchait pas ses mots.
(1) Lire Xavier Baron, Les Palestiniens, genèse d’une nation, Points Seuil, Paris, 2003 (rééd.)
(2) Cité par Samy Cohen, De Gaulle, les gaullistes et Israël, Alain Moreau, Paris, 1974, p. 134.
(Alain Gresh, Le Monde diplomatique, août 2006, http://www.redir.fr/goui)


The Weather Underground


Extraits tirés du documentaire The Weather undergournd, Sam Green, Bill Spiegel, 2003
A la fin des années 60 aux Etats-Unis, parallèlement au mouvement des Blacks Panthers largement inspiré des théories de Malcom X, une poignée d'étudiants blancs issus de la middle-class se mobilisent aux côtés du mouvement pour les Civil Rights et contre la guerre du Vietnam. Ils créent The Weather underground Organization, une formation révolutionnaire armée. Leur mot d'ordre : "Bring the war home" !

Brian Flanagan : Les marches de protestation sur Washington, qui avaient rassemblé 500 000 à un million de personnes, n'ont pas freiné les Etats-Unis, la guerre s'est intensifiée. A mesure que le mouvement protestataire a grandi, la situation s'est aggravée. (8min37)


Bill Ayers : La guerre et les tueries s'étendaient et tout était commis en notre nom. On pensait qu'il fallait tout faire pour arrêter la guerre. (> 8min37)


Brian Flanagan : La guerre du Vietnam nous a rendu fous. C'était une sorte de ... d'hystérie collective provoquée par les bombardements américains, entre autres choses. On s'est nourris de ça. Quand on pense avoir le droit pour soi, on peut faire des choses terrifiantes. (38min)


Bill Ayers : On s'est intéressés aux flingues, aux bombes. On a appris à s'en servir, on s'est entrainés. Dans le même temps, l'organisation était incapable de répondre à la question : "Jusqu'où faut-il aller ?" Certains pensaient que plus on foutait la merde, mieux c'était. Quel qu'en soit le prix. Plus nos actions étaient destrucrices pour le gouvernement américain, mieux c'était.


From a unpublished memoir by Mark Rudd : A ce stade du raisonnement, aucun Américain n'était innocent. Du moins, parmi les Blancs. Tous avaient leur part dans les atrocités du Viêtnam. Que ce soit l'ignorance passive, la connivence et l'acceptation des privilèges. Tous coupables. Tous les Américains étaient des cibles légitimes. On voulait que le pays ait un aperçu de ce qu'il faisait subir. Comme ces Américains qu'on raillait, j'adhérais à cette logique monstrueuse et démente. J'acceptais de prendre les risques et d'en subir les conséquences, mais surtout j'étais rempli de haine. Je brandissais ma haine comme un signe de supériorité morale.


Brian Flanagan : Quand on pense avoir une autorité morale, c'est très dangereux, ça fait faire des choses terribles. On voit ça avec les terroristes de nos jours, ils pensent peut-être qu'Allah est de leur côté, ou que l'histoire est de leur côté. Ca les pousse à commettre des excès. [...] Il y a un grand danger à se positionner moralement, on est tombés dans ce piège, en grande partie à cause de la guerre au Viêtnam. Je crois que cette guerre nous a rendus un peu dingues. C'est la seule explication que j'aie. 1:23


Naomi Jaffe : Si c'était à refaire , je le referais. J'aimerais le faire mieux, autrement, plus intelligemment. [...] A mon avis, le monde est passé tout près de ces changements, et je crois que ça, ça a préparé le terrain pour un retour possible des mouvements contestataires à venir. Il y a une histoire de la résistance, une histoire de la façon dont les gens s'y engagent. Je crois que ça prépare le terrain pour le retour de ce type de résistance.
Journaliste : Vous y croyez ?
Naomi Jaffe : Je crois que ça a déjà commencé. (1:26:20 )


Liens


Quelques remarques sur la violence, la démocratie et l’espoir, par Jean Bricmont.
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2261

The Revolution will be not televised, documentaire sur le coup d'Etat contre Hugo Chavez en 2002
http://www.redir.fr/gpui

Ungdomshuset, squat danois en résistance
http://squat.net/tanneries/documents/Tanneries_-_Ungeren-FR-20061217.txt

VENEZUELA BOLIVARIANA : (attention 510 Mo !) Un documentaire de 76 minutes qui analyse la Révolution Bolivarienne du Venezuela.
http://www.zalea.org/videos/venezuela_bolivariana.mp4

Commune d'Oaxaca (Mexique)
Voir l'article : 6.5.La "liberté" par la répression

Espagne 1936
http://www.dailymotion.com/group/2255/video/xug92_vivrelutopie

Histoire d’une mobilisation de roms à Saint Etienne
http://www.maisondelaphotographie.org/IMG/mov/tousleschemins.mov

Article 13 : témoignage vidéos des sans papiers, Marseille, 2006
http://article13.multiply.com/video/item/1

Arrachage d’OGM : quand 100 C.R.S protègent les intérêts privés, des plans de maïs illégaux.
http://www.latelevisionpaysanne.org/
La concurrence est forte sur le marché de la peur

12.5.Sarkozy

Dernières modifications : 16.09.2007, 14:56

Volontarisme censé trancher avec l'inaction, hyperactif, construction médiatique, intérêt de classe.

Un danger


Dossier : http://www.syti.net/SarkozyDanger.html

Le travail c'est la liberté ?
http://www.voteren2007.com/?2007/01/18/14-le-travail-c-est-la-liberte

Le vrai Sarkozy, un dossier récent de Marianne - 14 avril 2007
http://abel.jerome.free.fr/ressources/LeVraiSarkozy_Marianne_04.2007.pdf

Sarko = 1m62, Bush = 1m80
Sarko = 1m62, Bush = 1m80

La photo "truquée" de Sarkozy au côté de Bush !
http://non-a-lintox.org/post/2007/03/01/La-photo-truquee-de-Sarkozy-au-cote-de-Bush
http://sarkostique.over-blog.com/article-3986479.html

Sarkozy dessiné par Plantu - Polémiques sur La mouche, Le Monde 29 - 30 avril 2007
Sarkozy dessiné par Plantu - Polémiques sur La mouche, Le Monde 29 - 30 avril 2007


>>> Article complet en image

Ensemble ... hum hum ... tout devient possible
Ensemble ... hum hum ... tout devient possible


sarkozy_1er_de_lan
sarkozy_1er_de_lan

« Le grand tort de Nicolas Sarkozy est d'avoir donné à croire qu'il suffisait d'afficher une forte volonté politique au sommet et de se parer de la figure de l'homme providentiel pour résoudre les problèmes sociaux auxquels la France est confrontée, qu'ils se nomment insécurité, prostitution, trafic de drogue ou immigration clandestine. Or, toutes ces questions naissant de tendances lourds de notre société. On peut en modifier les effets, infléchir les évolutions, mais cela suppose non pas l'agitation d'un seul, mais un long travail de concertation avec tous les acteurs, afin de mettre en mouvement la société. » (Alternatives Economiques – novembre 2006, p7)


Sarkozy en banlieue
Sarkozy en banlieue


Voyez-vous quelques similitudes entre l'argumentaire de 2005 sur les banlieusards et celui sur les blousons noirs dans les années 60?


« Dans la panique, on demande à la justice de condamner sur la base de dossiers mal ficelés, histoire d'aider à ramener le calme. Or, le juge est censé punir des coupables, en s'appuyant sur une procédure respectueuse des droits des prévenus. » (L'ordre public avant la justice, Par Jacqueline COIGNARD, http://www.liberation.com/page.php?Article=389095)


Nicolas Sarkozy : "La police de proximité est là pour prévenir mais si elle est faite au détriment du travail d'investigation et d'interpellation, elle ne sert à rien."
http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/banlieue/dossier.asp?ida=435794
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-11-12/2005-11-12-817717


« La France sévèrement condamnée par le Conseil de l’Europe : Le rôle de la police dans une société démocratique est évidemment essentiel pour défendre l’ordre public et préserver les droits de la population. La police est souvent le premier des corps étatiques saisi par les citoyens en cas de problèmes. Dès lors, de son image, de l’opinion qu’elle suscite auprès du public, découle fréquemment la première des perceptions de l’action étatique envers la population. C’est pourquoi cette action se doit d’être exemplaire dans un état démocratique : aucun détournement de la puissance publique, aucun abus de pouvoir ne peut être toléré par l’Etat en la matière, car c’est son image même qui en pâtirait inévitablement. Les forces de l’ordre, en coopération avec celles de la justice, doivent donc former l’avant-garde des défenseurs principaux des droits de l’homme. » (http://www.raidh.org/La-France-severement-condamnee-par)


L'histoire mobilisée


« Dans le passage consacré à l'anti-repentance, on constate aussi que le candidat UMP a forgé un nouveau « concept », inconnu jusqu'ici des historiens, celui de « communautarisme historique ». Je doute qu'il laisse sa marque dans l'histoire de la pensée, mais ce n'était pas le but visé par son auteur. Il s'agissait de marquer l'opinion, en utilisant des formules choc. Il faut se souvenir, en effet, que dans un monde dominé par les sondages, ce ne sont pas les arguments rationnels qui comptent, mais les formules permettant de conforter le sens commun en jouant sur des réflexes et des associations d'idées. La mise en équivalence entre gauche et communautarisme se fait ici grâce à toute une série d'amalgames dont la fonction principale est d'imposer l'idée que la gauche représente l'anti-France. Ce type de rhétorique n'est pas vraiment nouveau, lui non plus. A partir du moment où l'un des deux camps du champ politique se présente comme le représentant de la France toute entière, par définition le camp adverse doit être assimilé à l'anti-France.
Dans le langage polémique actuel, les ennemis de la République et de la France, ce sont les « communautaristes ». Ce terme ne désigne plus rien de précis et fonctionne comme une insulte ou un stigmate très efficace pour discréditer des concurrents. Le simple fait de rappeler que la politique est toujours un enjeu de luttes, qu'elle est fondée sur des rapports de force ; le simple fait de rattacher un programme politique à la tradition de pensée dont il est issu, peut donc désormais être vu comme un délit de « communautarisme historique ».
En utilisant ce type d'anathème pour discréditer ses adversaires politiques, le candidat de l'UMP persiste dans la même rhétorique que celle qu'il avait déjà mobilisée lors des violences de novembre 2005. Parler de « communautarisme historique » pour disqualifier ceux qui défendent la posture de la repentance, c'est la même chose que dénoncer la « racaille » dans les conflits sociaux. C'est utiliser des références propres à un domaine, pour les plaquer sur un autre. Dans les deux cas, il s'agit de criminaliser des points de vue concurrents pour mieux les discréditer. » (Les usages de l'histoire dans le discours public de Nicolas Sarkozy Gérard Noiriel, http://cvuh.free.fr/articles/noiriel.usages.sarkozy.html)


Vidéos


3 vidéos : Décryptage, en trois parties vidéobloguées, de la nouvelle loi Sarkozy sur la “prévention de la délinquance”, présentée par le ministre de l’intérieur devant les députés le 21/11/06… Un dernier cadeau avant les présidentielles, à rajouter à la panoplie de lois sécuritaires et liberticides proposées par le ministre en cinq ans.
http://www.oliaza.ouvaton.org/?p=44

Le vrai Sarkozy
http://www.dailymotion.com/video/xcryj_le-vrai-sarkozy

Sarkozy et moi
http://rennes-info.org/Sarkozy-et-moi-video.html

Les vrais amis de Sarkozy
http://www.dailymotion.com/video/xxd34_lesamisdesarkozy
http://www.dailymotion.com/video/xxd97_lesamisdesarkozysuite

Censure des médias
http://www.dailymotion.com/video/xnk1k_sarkozy-et-la-censure

Quand plusieurs journalistes chantent devant Nicolas Sarkozy et Maurice Druon | NOUVELOBS.COM | 09.03.2007 | 13:16
http://www.redir.fr/grkj

VIDEO Europe 1, Elkabbach, Hélène Fontanaud, Nicolas Sarkozy, Maurice Druon et le Chant des Partisans.
http://www.page2007.com/2007/03/03/video-europe-1-maurice-druon-nicolas-sarkozy-et-le-chant-des-partisans/

Propagande U.M.P
http://www.dailymotion.com/video/xoezk_ump-expression-directe

Avec Nicolas Sarkozy, imaginons la France d'après....
Avec Nicolas Sarkozy, imaginons la France d'après....

Photo prise au 8 rue La Boétie, à Paris, 8ème arrondissement, le 15 février, lors de la manifestation des salariés parisiens de l'entreprise Alcatel, devant le siège d'Alcatel-Lucent. (source : Jean-Jacques Larrochelle, Le Monde 25-26 mars 2007, p19)

Nous avons d'ores et déjà un aperçu de cette France :
http://www.preparonslechangement.net/dotclear/index.php?2007/03/15/162-sarkozy-le-qg