Téléchargement | Historique
-+
imprimer cette page exporter la page en PDF

11.Le néolibéralisme

Dernières modifications : 21.10.2007, 14:10

La définition du mot est déjà un enjeu en tant que tel.

« C'est un système de valeur basé sur la liberté, ce n'est pas synonyme du capitalisme. [...] La notion de liberté est au coeur du système, car il suppose non seulement la liberté économique, mais également la liberté individuelle et la démocratie. L'économie n'est donc qu'un aspect du libéralisme lui-même. » (La mondialisation, Jean Pierre Paulet).


« Un système de valeurs (liberté, bonheur, richesse) : le mobile
Des institutions pour réglementer (démocratie) : c'est la forme
Des modes des productions (machines, organisation etc.) »
(La mondialisation, Jean Pierre Paulet, p31).


Il faut essayer de distinguer le sens économique, philosophique ou politique.
D'emblée, le terme joue sur une connotation très positive : la liberté.
« Le libéral, selon le Littré, est généreux, large et tolérant, homme modéré, accueillant aux idées nouvelles et défenseur de la liberté de chacun. »
Peut on être libéral, http://www.lefigaro.fr/debats/20060610.FIG000000761_peut_on_etre_liberal_.html


Dans mon édition du Petit Robert, on apprend aussi que libéral s'oppose au despotisme, à l'absolutisme et ... au socialisme. C'est une définition déjà idéologiquement marquée, à savoir que le socialisme est un système autoritaire qui contrôle les citoyens. Pas facile. Le sens symbolique des mots est ici utilisé de façon subtile, nous le verrons ici Voir l'article : 11.4.Travail idéologique, symbolique et Voir l'article : 11.3.Contradictions

« Il faut rappeller que le contenu intellectuel du libéralisme n’est pas du tout associé aux valeurs du capitalisme. La révolution de 1789 était aussi une révolution libérale, les deux révolutions qui ont précédé les révolutions américaines et anglaises étaient des révolutions libérales Le libéralisme est un terme noble . Historiquement le socialisme est l’héritier du libéralisme, il ne doit pas en être le fossoyeur . » La gauche doit reconquérir le libéralisme, il lui appartient, http://multitudes.samizdat.net/La-gauche-doit-reconquerir-le.html


Un alibi


Ce que je retiens et ce qui paraît évident c'est que la version philosophique du libéralisme sert d'alibi à un système profondément inégalitaire et finalement autoritaire et répressif. Voir l'article : 6.5.La "liberté" par la répression

« Selon un usage fréquent, nous employons le terme « néolibéral », et non pas « libéral », pour éviter la confusion entre l 'apologie contemporaine du marché et le libéralisme politique qui promeut à la fois l'autonomie de la personne et la recherche du bien commun. » (Jacques Généreux, Les vraies lois de l'économie, p10)


« Néolibéralisme est un terme qui a plusieurs sens. Dans son cours de 1978, Michel Foucault l'appliquait à la politique économique de l'Allemagne d'après 1945 et à la réaction américaine après le New Deal un peu plus tard. [...] Il est habituel de désigner sous ce nom la version actuelle du capitalisme, caractérisée par la déréglementation des marchés financiers et la liberté de mouvement des capitaux, la rentabilité du capital étant désormais mieux assurée par la spéculation que par l'investissement industriel. » (Eric Hazan, LQR, la propagande au quotidien, p12)


«Historiquement, la question du libéralisme ne se pose jamais à l’intérieur d’un vide. Il s’agit toujours de supprimer des réglementations en place, dans un contexte où existent déjà des règles écrites, ou tacites. Si l’on supprime certaines règles écrites, on se retrouve dans le contexte des règles restantes et des principes tacites, c’est-à-dire que l’on renforce les pouvoirs de ceux qui en disposent déjà. Déjà en 1776, dans La Richesse des nations, Adam Smith faisait remarquer qu’il y a énormément de réglementations qui interdisent aux travailleurs de se concerter et très peu qui interdisent aux patrons d’en faire de même. La raison en est, disait-il, qu’il est beaucoup plus simple pour les patrons, qui sont en nombre réduit, de se rencontrer secrètement que ça ne l’est pour les ouvriers, qui doivent nécessairement se concerter en très grand nombre et dans des lieux publics. Ainsi, tout effort de déréglementation, de privatisation, revient à renforcer le pouvoir de ceux qui le possèdent en réalité déjà, en l’occurrence, pour reprendre Adam Smith, les patrons. Les débats sur le libéralisme ont toujours eu lieu à des moments historiques où la suppression de certaines lois conduit à éliminer les barrières mises en place pour contenir les excès de ceux qui disposent déjà du pouvoir.» (Paul Jorion, http://www.journaldumauss.net/spip.php?article147)


Les antilibéraux


« L’antilibéralisme devient le drapeau d’une contestation soft, celle qui allie la superficialité de l’analyse à l’incapacité de la pratique. Celle qui permet d’être antilibéral quand on est dans l’opposition et « social-libéral » quand on est au pouvoir... il suffit alors de saupoudrer des mesures libérales de quelques artifices « sociaux ». » Les habits fripés de l'anti-libéralisme, http://altermonde-levillage.nuxit.net/spip.php?article5839


Chronologie du mouvement antilibéral
http://www.alternativeunitaire2007.org/spip/rubrique.php3?id_rubrique=6

Malgré les critiques, ce mouvement est tout à fait cohérent dans son analyse et ses objectifs : du local au global pour repenser la démocratie, du travail de terrain mené par les acteurs sociaux, véritables soupape d'énergies et d'innovation au travail d'expertise, à la concrétisation politique. Le constat est que c'est l'idéologie libérale qu'il faut combattre, car les attaques contre le droit des peuples se font au nom du libéralisme.

La version libérale du libéralisme


« Le libéralisme est basé sur la conviction que la concurrence est le meilleur moyen de guider les efforts individuels. » (Friedrich A. Von Hayek, la route de la servitude, 1944, p33)


« Quand le marché est impliqué dans une prise de décision, il en résulte généralement une bonne décision » (Extrait du documentaire « Turbulences » de Carole Poliquin, 1997)


La théorie moderne du dynamisme, initialement formulée par Friedrich Hayek dans les années 30, explique pourquoi le système de la libre entreprise, s’il est suffisamment pur, est nécessairement le système le plus dynamique. De nouvelles idées jaillissent du savoir-faire spécialisé du salarié le plus humble. La pluralité des expériences et des connaissances que les financiers mobilisent pour prendre leurs décisions donne à la plupart des entrepreneurs une chance de soumettre leurs idées à une évaluation éclairée. Le financier et l’entrepreneur n’ont pas besoin de l’approbation de l’Etat ou des partenaires sociaux, ils ne devront pas leur rendre de compte par la suite. Il est ainsi possible d’initier des projets qui paraîtraient trop innovants, insuffisamment transparents et trop incertains pour être approuvés par l’Etat ou les partenaires sociaux. Enfin, la pluralité des connaissances et des expériences que les managers et les consommateurs mobilisent pour décider quelles innovations tester et adopter est cruciale pour donner une chance aux plus prometteuses d’entre elles. Là où le système continental réunit des experts pour fixer la norme d’un bien, le capitalisme en autorise le lancement de toutes les versions. Pour la plupart d’entre nous, le système de la libre entreprise est le seul à même de nous proposer des défis toujours renouvelés. (Edmund S. Phelps, Le Figaro, 22 juin 2006, http://www.redir.fr/gjui)


Voir l'article : 6.1.Etat et marché
Voir l'article : 8.5.2.Epanouissement personnel

11.1.Histoire

Dernières modifications : 26.02.2007, 11:41

Comment en Bolivie, l'Etat permet de privatiser l'eau de pluie ? Comment peut-on penser que le travail est un coût ? Comment peut-on rémunérer les actionnaires à un pourcentage de 3 fois voir plus supérieur au taux de croissance ? Comment peut-on au nom de la liberté, organiser une société du contrôle, de la méfiance et de la suspicion ? Comment l'inversion des valeurs est devenue la norme ? Comment en est-on arriver là ?

Libéralisme, conservateurs, classique, néo, ultra ?



C'est bien sûr une histoire croisée, complexe entre plusieurs mouvements. Plus spécifiquement, notre objet étant l'histoire du libéralisme, il faut remonter au 18ème siècle pour comprendre son histoire.

« L'appellation « classique », inventée par Karl Marx (1818-1883) et retenue par l'histoire de la pensée économique, désigne le courant libéral dominant en Angleterre et en France de la fin du XVIIIè siècle au milieu du XIXè siècle. Ses principaux représentants sont Adam Smith (1723-1790), David Ricardo (1772-1823), Jean-Baptiste Say (1767-1832), John Stuart Mill (1806-1873).» (Jacques Généreux, Les vraies lois de l'économie, p14)


En résumant grossièrement, on a là une vision purement économique et calculatrice de l'homme. Voir l'article : 10.2.3.L'utilitarisme. La fameuse "main invisible" des marchés exprime l'idée que sans contraintes, il y a mécaniquement une auto-régularisation. Il faudrait analyser plus sérieusement ce que les libéraux de cette époque considéraient comme contraintes.

C'est en tout cas l'époque "paléotechnique" du charbon, du fer et de la vapeur de l'Angleterre. L'industrie se développe selon un modèle prédateur, frappé de gigantisme. Cela favorise l'émergence de gros apports de capitaux privés. La course au rendement est l'objectif. On use de tous les moyens disponibles, notamment la mécanisation du travail, la division des tâches et le rythme continu du travail. La mine par exemple est le premier environnement inorganique totalement construit par l'homme. Un profond mouvement de déshumanisation s'opère, la nature semble être dominée. On associe aussi cette période au fer et au sang, la volonté de puissance amène à une connivence entre les milieux financier, industriel et militaire => première guerre mondiale. (d'après "Technique et civilisation", de Lewis Mumford)

Voir l'article : 10.1.Le commerce ou la guerre

Bref récapitulatif historique :
http://abel.jerome.free.fr/ressources/HistoireXX.pdf

Le consensus keynésien « du nom de l'économiste anglais John Maynard Keynes (1883-1946), à l'origine d'un courant qui conteste la capacité autorégulatrice des marchés et démontre la nécessité d'une régulation politique de l'économie. Keynes combat le courant néoclassique, qui croit au contraire à l'équilibre général spontané et optimal de marchés concurrentiels [...]. Les néoclassiques dominaient la profession dans les années 30, avant de se faire voler la vedette par les keynésiens des années 1940 aux années 1970. A partir de la fin des années 1970, la contestation de l'Etat et la victoire des politiques néolibérales coïncident avec une nouvelle domination académique du courant néoclassique.» (Jacques Généreux, Les vraies lois de l'économie, p13)


Voir l'article : 1.3.Un combat permanent (à la fin, le résumé de Serge Halimi)

Le néo-libéralisme naît après la Seconde Guerre mondiale en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord. Il traduit une réaction théorique et politique véhémente contre l'interventionnisme étatique et l'Etat social (Welfare State). Friedrich August von Hayek publie en 1944 The Road to Serfdom (traduit par La route de la servitude). Cet ouvrage constitue en quelque sorte la charte fondatrice du néo-libéralisme. Une attaque passionnée contre toute limitation par l'Etat du libre fonctionnement des mécanismes du marché y est développée. Ces entraves sont dénoncées car elles contiennent, à son avis, une menace mortelle contre la liberté économique mais aussi politique. A cette époque, la cible immédiate de von Hayek est le Parti travailliste anglais. Les élections s'annoncent en Grande-Bretagne et ce parti va finalement les gagner en juillet 1945, portant Clement Attlee au poste de premier ministre. Le message de von Hayek, net, peut être résumé ainsi: malgré ses bonnes intentions, la social-démocratie modérée anglaise conduit au même désastre que le nazisme allemand, au servage (serfdom) moderne. (Histoire et leçons du libéralisme, Von Hayek, La Société du Mont-Pèlerin, Lexique, http://www.alencontre.org/EdPage2/p2_neolib_intro.html)


La mondialisation libérale, on peut la dater de la fin des années 70, au moment où le capitalisme était en crise. Le capitalisme était en crise parce que :
- il y avait une chûte des taux de profit des entreprises,
- il y avait de l’inflation, qui a été exacerbé par les chocs pétroliers de 1974 et de 1979,
- et il y avait un partage des richesses dans l’économie qui était relativement favorable aux salariés qui, à l’époque, étaient dans une position de rapport de force relativement en leur faveur. http://dsedh.free.fr/transcriptions/plihon1.htm


Autres liens


http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9olib%C3%A9ralisme

L’essence du néolibéralisme
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/10167

FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU LIBERALISME
http://www.france.attac.org/IMG/pdf/222-fjointATTACFr.pdf

Une courte histoire du néolibéralisme
http://www.france.attac.org/spip.php?article407

11.2.Méthodes économiques

Dernières modifications : 25.02.2007, 16:48

La notion de «consensus de Washington» a été créée en 1999 par l’économiste John Williamson. Sous ce nom, il a résumé tout ce qu’il considérait comme consensus actuel entre le Congrès des Etats-Unis, le FMI, la Banque mondiale et d’importantes «fabriques à penser». Dix recommandations politiques formaient ce consensus concernant la «réforme» d’économies en souffrance:

1.La discipline budgétaire,
2.L’acheminement des dépenses publiques dans des directions qui promettent aussi bien une croissance économique qu’une répartition égale des revenus,
3.Des réformes fiscales comportant des taux d’imposition maximaux peu élevés et une large assiette fiscale,
4.Une libéralisation des marchés financiers,
5.La création d’un cours du change stable et compétitif,
6.La libéralisation du commerce,
7.L’abolition des barrières à l’entrée sur le marché et la libéralisation des investissements directs étrangers (égalité de traitement entre les entreprises étrangères et celles du pays),
8.Les privatisations,
9.La déréglementation,
10.La protection de la propriété privée

http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/Lic-ecod/docs_pdf/Webconswash.pdf


*Organisation volontaire du chômage et démantèlement progressif de l’assurance-chômage.
*Politique systématique de privatisation, démantèlement des services publics, ouverture à la concurrence.
*Destruction programmée du statut de la fonction publique.
*Détricotage de la législation du travail, annualisation du temps de travail, « flexibilité », remise en cause des 35h, recours aux CDD, promotion du temps partiel et de la précarité, limitation des missions des inspecteurs du travail.
*Réduction du « coût » du travail et des cotisations sociales « qui empêchent le développement des entreprises » (Ernest-Antoine Seillière), recours massifs aux délocalisations, « création de valeur » confisquée par les actionnaires et les dirigeants des entreprises au détriment des salariés.
*Organisation de l’autonomie des différents niveaux de négociation afin de « faciliter le dialogue social entravé par un excès de législation », limitation du droit de grève.
*Remise en question des dispositifs d’aide sociale, « coûteux et inutiles » (!)
*Affaiblissement du système de retraite par répartition, création de formules individuelles et privées d’épargne salariale, fonds de pension, développement des stocks-options.
*Suppressions de postes d’enseignants, l’école au service des entreprises.
*Baisse des crédits de la recherche publique et alignement sur la recherche privée.
http://france.attac.org/article.php3?id_article=2548



11.3.Contradictions

Dernières modifications : 06.03.2007, 18:29

Les mensonges du libéralisme
http://www.syti.net/Liberalisme.html

En dehors des discours, ce que l'on constate dans les faits :

Il n'y a pas moins d’Etat

. Les gouvernements signent des accords, valident les lois du marché et organisent leur impuissance. La critique sur le volontarisme est donc sans objet. Il y a juste mions de social et plus de répressif. Voir l'article : 6.4.Réglementer le "laissez faire"

La prise de risque est décidée par ceux qui risquent le moins, elle est finalement reportée sur les plus fragilisés

Voir l'article : 8.5.3.Actionnariat salarié et partage du "risque"

«Si les conservateurs sont du côté du laisser-faire, c'est qu'en général ces lois tendancielles conservent, et qu'elles ont besoin du laisser-faire pour conserver. » (Pierre Bourdieu, Contre-feux, p62)


Le libéralisme s'accompagne très bien d'un ordre moral, sécuritaire et répressif

(ex: Patrioct act). Voir l'article : 6.5.La "liberté" par la répression

Libéralisme économique et régime politique autoritaire
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/DIXON/14454

http://www.homme-moderne.org/societe/politics/jpj/liberal.html
http://www.syti.net/LiberalFascisme.html

http://www.monde-diplomatique.fr/2000/08/MARCOS/14136

Eric Zemmour, Mais pourquoi est-elle si méchante ?
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2302

Lettre ouverte à Éric Zemmour et à tous ceux qui se sont contentés de naître
http://lmsi.net/article.php3?id_article=591

"Perversité : c'est au nom de la "solidarité" avec les pays d'Europe centrale et orientale qu'on élargit une Union européenne mettant les peuples en concurrence les uns avec les autres." http://www.monde-diplomatique.fr/2005/06/ROBERT/12288


« Le néolibéralisme se nourrit, en même temps qu’il les engendre, des fortes inégalités entre catégories sociales, entre pays, et également entre hommes et femmes. » (Manifeste Attac 2007, http://www.france.attac.org/IMG/pdf/Manifeste_2007.pdf)


« La haine de l'islam s'exprime désormais dans des milieux, des revues, des institutions que l'on pensait sinon imperméables au racisme, du moins opposés à son expression ouverte. C'est ainsi que Robert Misrahi, professeur émérite à la Sorbonne, explique dans Le Figaro du 16 octobre 2004 que « si les islamistes souhaitent la mort non seulement de leurs victimes mais encore des nations musulmanes. Cette dissymétrie, qui empêche le retour à l'état de nature intégral, est à l'honneur de toutes les démocraties. Mais elle ne doit pas devenir l'arme ultime des islamistes [...]. A trop vouloir sauvegarder notre pureté et notre légalisme, nous nous ferions les complices des agresseurs et nous manquerions, par notre passivité, à la responsabilité que nous avons à l'égard de toutes les victimes de la violence idéologique ».» (Eric Hazan, « LQR la propagande au quotidien », p90)


Le libéralisme s'accompagne très bien d'un protectionnisme économique

ex: USA

Le libéralisme s'accompagne très bien de la concentration de richesse de quelques-uns.

Voir l'article : 6.6.Monopoles publics / privésVoir l'article : 9.2.Il faut s'adapter ... aux inégalités

La propagande sur l'individualisme est menée de façon massive, autoritaire

Voir l'article : 4.3.4.Individualiser

Au lieu de prôner la diversité, la mondialisation est surtout un phénomène d'uniformisation agressive des cultures humaines et biologiques.


TheAmericanworld
TheAmericanworld


Le libéralisme s'accompagne très bien d'une faible démocratie

Transformer le citoyen en consommateur, Voir l'article : 8.3.2.Lieux de pouvoirs anti-démocratiques, Voir l'article : 6.8.La loi ou le contrat, Voir l'article : 8.3.6."Think Tanks"

Le paradoxe de la publicité

Il faut prouver que les consommateurs sont séduits par le message pour avoir des contrats et en même temps affirmer qu'ils ne sont pas si crédules. Voir l'article : 11.4.Travail idéologique, symbolique, Voir l'article : 4.4.2.Cynisme, ironie

Pourquoi nous appelons-nous « Casseurs de pub » ?
http://www.casseursdepub.org/

Uniformisation / diversité

Un des aspects de la contradiction presque pathologique : Normaliser le travailleur dans les nouveaux canons de la rentabilité et en même temps il faut pouvoir susciter chez lui le désir de consommer.

« Les médicaments font partie du quotidien de la société pancapitaliste. (...) Ces médicaments [les psychorégulateurs] sont conçus pour «normaliser» autant le comportement que l’apparence sociale du corps. La plupart des anti-dépresseurs et psychorégulateurs sont conçus pour les gens qui gardent une fonction sociale et sont raisonnablement bien intégrés à leurs systèmes. Le problème, c’est leurs changements d’humeur pouvant interrompre les espaces de production et de consommation. Le travail efficace nécessite un comportement, stabilisé, rationnel et instrumental. (...) Contrairement à l’environnement de la production, qui nécessite une action instrumentale, stable, rationnelle, l’environnement de la consommation excessive nécessite une action affective, instable et irrationnelle. Sans cela, le consommateur ne pourrait être convaincu d’acheter ce dont il n’a pas réellement besoin (de préférence avec l’argent qu’il lui reste encore à gagner). Le fournisseur du produit doit établir un déclencheur du plaisir, basé sur l’émotion des consommateurs, qui puisse être activé par des méthodes spectaculaires. (...) Les psychorégulateurs mettent le capital dans une position délicate en utilisant une stratégie de contrôle social qui se met lui-même en échec lorsque l’on passe d’un contexte de production à celui de consommation. » (Gagner du Temps Pour La Machine Chair : Pharmacologie et Ordre Social, dans Machine Chair, Critical Art Ensemble, http://www.art-act.net/machine_chair.pdf, p88-90-91-92)


« La recherche des motivations par le calcul est cependant confrontée à un paradoxe: son objet étant le désir, et le désir recherchant la singularité de ce qui échappe à tout calcul et qui s'excepte en ce sens, sa mise en oeuvre conduit inévitablement à la démotivation, tout en induisant la désingularisation du consommateur. [...] Les consommateurs ainsi hypersynchronisés (par les médias de masse), perdant leur singularité psychique aussi bien que collective, sont à court terme condamnés à perdre aussi le désir de toute autre singularité, c'est-à-dire leur désir tout court, et, progressivement, le désir même de consommer. » (Performance et singularité, Bernard Stiegler, dans "La performance, une nouvelle idéologie ?", sous la direction de Benoît Heilbrunn, 2004, p 240, p243)


Voir l'article : 6.6.Monopoles publics / privés

Logique commercial / innovation

Dans L’homme unidimensionnel, Herbert Marcuse constate que “les défenseurs de la culture de masse trouvent ridicule qu’on puisse protester contre l’emploi de Bach comme musique de fond dans la cuisine, contre la vente des œuvres de Platon, de Hegel, de Shelley, de Baudelaire, de Marx et de Freud, au drugstore. Ils insistent sur le fait que les classiques ont quitté le mausolée et sont revenus à la vie, le fait qu’ainsi le public est éduqué. C’est vrai, mais s’ils reviennent à la vie comme classiques, ils revivent comme autres qu’eux-mêmes, ils sont privés de leur force antagonique, de leur étrangeté qui était la dimension même de leur vérité. Le but et la fonction de ces œuvres ont donc fondamentalement changé. Si à l’origine, elles étaient en contradiction avec le statu quo, cette contradiction a maintenant disparu” (Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel (Paris, éd. de Minuit, 1968), p.89, cité dans La critique situationniste ou la praxis du dépassement de l’art, Thomas Genty,1998,http://infokiosques.net/spip.php?article=120)


La créativité est par essence révolutionnaire. La fonction du spectacle idéologique, artistique, culturel consiste à changer les loups de la spontanéité en bergers du savoir et de la beauté. Les anthologies sont pavées de textes d’agitation, les musées d’appels insurrectionnels ; l’histoire les conserve si bien dans le jus de leur durée qu’on en oublie de les voir ou de les entendre. Et c’est ici que la société de consommation agit soudain comme un dissolvant salutaire. L’art n’érige plus aujourd’hui que des cathédrales en plastique. Il n’y a plus d’esthétique qui, sous la dictature du consommable, ne disparaisse avant d’avoir connu ses œuvres maîtresses. L’immaturé est la loi du consommable (...). Bernard Buffet, Georges Mathieu, Alain Robbe-Grillet, Pop Art et Yé-Yé s’achètent les yeux fermés aux grands magasins du Printemps” . (Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre..., op. cit., p.147, cité dans La critique situationniste ou la praxis du dépassement de l’art, Thomas Genty, 1998, http://infokiosques.net/spip.php?article=120 )


« A travers l’audimat, c’est la logique du commercial qui s’impose aux productions culturelles. Or, il est important de savoir que, historiquement, toutes les productions culturelles que je considère, - et je ne suis pas le seul, j’espère - , qu’un certain nombre de gens considèrent comme les productions les plus hautes de l’humanité, les mathématiques, la poésie, la littérature, la philosophie, toutes ces choses ont été produites contre l’équivalent de l’audimat, contre la logique du commerce. » (Pierre Bourdieu, Sur la télévision, 1996, p29)


« On peut et on doit lutter contre l’audimat au nom de la démocratie. (…). L’audimat, c’est la sanction du marché, de l’économie, c’est-à-dire d’une légalité externe et purement commerciale, et la soumission aux exigences de cet instrument de marketing est l’exact équivalent en matière de culture de ce qu’est la démagogie orientée par les sondages d’opinion en matière de politique. » (Pierre Bourdieu, Sur la télévision, 1996, p77-78)


« Ayant adopté comme moteur de son activité la compétition généralisée, entre individus, entre entreprises, entre nations, ayant choisi comme critère de réussite le profit, elle diffuse à propos de la science deux idées fausses, l'une sur sa finalité (le bonheur de comprendre est remplacé par le plaisir d'être efficace), l'autre sur sa pratique (la participation à une oeuvre collective de l'ensemble humain est oubliée au profit d'une lutte individuelle, souvent désespérée, pour y trouver une place et la conserver).[...]
La plupart des novations conceptuelles n'ont eu, au moins dans un premier temps, aucune application pratique. La découverte par Galilée au xviie de la proportionnalité entre la force et l'accélération (et non, comme on le croyait depuis les Grecs, entre la force et la vitesse) a fait renoncer à une erreur de vingt siècles, mais n'a rien changé dans l'immédiat à la vie des hommes, pas plus que l'hypothèse proposée par Darwin au xixe siècle d'une origine commune de tous les êtres vivants ou que la découverte au XXe par l'astronome Hubble de l'expansion de l'Univers. Ces renouvellements conceptuels transforment fondamentalement notre regard sur le monde et sur nous-mêmes, ils orientent donc notre réflexion dans des directions inédites et ont parfois, à la longue, des conséquences concrètes indirectes , mais les chercheurs qui les ont proposés n'avaient pour objectif que d'améliorer notre lucidité, non d'accroître une quelconque efficacité.[...]
Plongée dans cet environnement qui propose comme maître mot la rentabilité, la recherche scientifique accepte progressivement de se mettre au service du profit. Le comportement du chercheur tend à devenir semblable à celui d'une prostituée, elle loue ses charmes pour le plaisir d'un client dont elle ne connaît que l'obsession du désir, il loue son intelligence, son savoir, son imagination au profit d'un employeur dont il ne connaÎt que l'obsession de là rentabilité.» (Albert Jacquart, La Science a l’usage des non scientifiques, éd Le Livre de Poche, 2001, p18-19-20)


11.4.Travail idéologique, symbolique

Dernières modifications : 01.03.2007, 16:29

"Le modèle politique néolibéral a su imposer depuis plusieurs décennies un cadre de pensée dont la simplicité et la cohérence apparentes permettent de créer une forme d’adhésion immédiate. Il a su affubler cette idéologie d’un langage positif, la « naturaliser » c'est-à-dire lui donner toutes les marques de l’évidence. De façon plus perverse encore, le projet néolibéral s’est approprié les termes traditionnellement et symboliquement associés à la gauche tels que réforme, progrès ou liberté. La preuve la plus éclatante de l’efficacité rhétorique de ce modèle est sa capacité à aspirer les propositions issues de la gauche tout en les détournant et les vidant de leur sens : ainsi la droite peut-elle aujourd’hui en toute tranquillité prétendre intégrer à son programme la discrimination positive, le développement durable, la sécurité sociale professionnelle ou le droit au logement." ( L’Autre campagne, De nouveaux récits politiques pour une utopie concrète, par Georges Debrégeas et Thomas Lacoste, http://www.lautrecampagne.org/article.php?id=121)


« Enregimenter l'esprit du public aussi sûrement qu'une armée enrégiment les corps de ses soldats. » (Edward Barnays, cité dans « Tous pouvoirs confondus », Goeffrey Geuens, 2003, p11)


« Convertir les élites économiques à la philosophie néolibérale. »
(http://www.collectif29mai.be/spip/article.php3?id_article=52)


« Une explication pour ce triomphe du néolibéralisme et pour les désastres économique, politique, social et écologique qui l'accompagnent est que les néolibéraux ont acheté et payé pour leur propre "Grande Transformation" nocive et régressive. Ils ont compris ce que les progressistes n'ont pas compris, que les idées ont des effets. Commençant par un petit groupe embryonnaire a l'Université de Chicago avec pour noyau l'économiste philosophe Friedrich von Hayek et ses étudiants comme Milton Friedman, les néolibéraux et leurs fondateurs ont créé un réseau international énorme de fondations, instituts, centres de recherche, publications, chercheurs, écrivains et experts en relations publiques pour développer, bien présenter et attirer sans arrêt l'attention sur leurs idées et leur doctrine. » (http://www.france.attac.org/spip.php?article407)


Voir l'article : 8.3.6."Think Tanks"

« On entend dire partout, à longueur de journée, - et c'est ce qui fait la force de ce discours dominant -, qu’il n’y a rien à opposer à la vision néo-libérale, qu’elle parvient à se présenter comme évidente, comme dépourvue de toute alternative. Si elle a cette sorte de banalité, c'est qu’il y a tout un travail d'inculcation symbolique auquel participent, passivement, les journalistes ou les simples citoyens, et surtout, activement, un certain nombre d'intellectuels.» (Pierre Bourdieu, Contre-feux)


Voir l'article : 1.3.Un combat permanent

« [il faut savoir mener] la lutte proprement symbolique contre le travail incessant des « penseurs » néo-libéraux pour discréditer et disqualifier l'héritage de mots, de traditions et de représentations associés aux conquêtes historiques des mouvements sociaux du passé et du présent; à condition aussi que l'on sache défendre les institutions correspondantes, droit du travail, assistance sociale, sécurité sociale, etc. contre la volonté de les renvoyer à l'archaïsme d'un passé dépassé ou, pire, de les constituer, contre toute vraisemblance, en privilèges inutiles ou inacceptables. » (Pierre Bourdieu, Contre-feux)


« Les clichés, les phrases toutes faites, l'adhésion à des codes d'expression ou de conduite conventionnels et standardisés, ont socialement la fonction reconnue de nous protéger de la réalité, de cette exigence de pensée que les évènements et les faits éveillent en vertu de leur existence.» (Hannah Arendt, Considérations morales, Rivages poche, 1996 (1971))


« Les mots sont importants. Vivre dans l’omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés clôturant la pensée et la création mieux que ne le ferait la plus efficace censure. » (Collectif Les Mots Sont Importants, http://www.lmsi.net/)


« GUERRE SÉMANTIQUE. Guerre sans merci. Les mots sont un pouvoir. Il s'agit bien souvent à la fois des mots utilisés par les politiques, introduisant par des formules un vocabulaire qui n'est jamais neutre. Il s'agit aussi du vocabulaire médiatique, qui reprend la plupart du temps les formules officielles, mais qui peut aussi se saisir du vocabulaire militant. Le remplacement du mot « clandestins » par celui de «sans-papiers» est une victoire dans cette guerre infinie, tout comme la quasi-disparition du terme d'« exclus » dans le vocabulaire médiatique, remplacé par précaires et chômeurs. La guerre sémantique est bien souvent le signe annonciateur d'autres guerres. Car lorsque l'on change les mots, c'est que l'on entend changer les choses. La transformation d'un ministère de l'Éducation nationale en un ministère de l'Éducation tout court est ainsi le signe de la volonté de privatisation d'une partie de ce service public en France. Sous le gouvernement Jospin, l'usage du mot citoyen en forme adjectivée a été le signe permanent d'un passage à une politique sociale libérale, privant la citoyenneté de son sens précis, et de sa force par la même occasion pour la déplacer du centre du processus démocratique à une position d'attribut « qualitatif » à des politiques censées être les seules possibles et ne pas relever d'un contrôle ou d'une volonté populaire. Côté militant, le passage d'antimondialisation à altermondialisation signifie la volonté d'afficher le mouvement comme une « force de proposition », quitte à se distinguer des militants plus contestataires. Dans cette guerre, il ne faut pas négliger la question du « politiquement correct ». Se réapproprier des mots interdits peut être une tactique de lutte, mais c'est aussi un enjeu face au consensus imposé, aux formes de censure larvées. » (GUERILLA KIT de Morjane Baba, p109-110, 2003)


« Comprendre les enjeux socio-politiques liés à des débats qui a priori paraissent très techniques, (les débats liés à la liberté de l'investissement et au libre-échange commercial et financiers), c'est avant tout comprendre que l'on se trouve dans une situation de confrontation idéologique très rude entre conceptions du monde diamétralement opposées : d'une part, une vision de libéralisme économique où l'économie est la fin de l'activité humaine et n'a pas d'autre objectif que de chercher par tous les moyens à amplifier les rapports de domination politique et économique d'une franche très aisée de propriétaires financiers sur le reste de la population; d'autre part, une vision où les droits collectifs pour la réalisation de l'émancipation et du bien-être des populations font de l'économie un moyen parmi d'autres pour réaliser ces fins. Or cette confrontation a beaucoup de mal à s'inscrire dans le débat démocratique car tout est fait pour que le vocabulaire mobilisé dans la mise en œuvre du projet néo-libéral soit banalisé et considéré par tous comme relevant de l'évidence et de la nécessité -et l'action quotidienne des grands médias détenus par les grands groupes mondiaux financiers a, à ce titre, un rôle central pour nous habituer peu à peu à penser avec en tête des références saturées par l'idéologie néo-libérale. Ainsi, les termes mobilisés pour faire ratifier des accords de libre-échange par les Parlements peuvent paraître tout à fait "normaux" et "naturels", faisant partie du vocabulaire économique banal : ils ne le sont pas! Parce que, en tant qu'outils au service de la diffusion d'une manière unique de penser la société, ils prennent sens, non pas séparément, mais à l'intérieur d'un réseau de significations et de représentations particulières du monde où chaque mot se trouve en résonance avec les autres pour s'attacher à banaliser la même idée : toute l'énergie et les ressources de la société doivent être mobilisées au service de la constitution d'une rente de plus en plus élevée pour ceux qui détiennent le pouvoir financier. Le néo-libéralisme hypertrophie la place de l'économie dans la société en vue d'imposer et de démultiplier le pouvoir des propriétaires de capitaux. Pour que, collectivement, il nous soit possible de remettre l'économie à sa "juste place", celle de moyen au service de la réalisation des valeurs démocratiques (accès égal à tous aux droits sociaux individuels et collectifs : enseignement, santé, logement, sécurité sociale, environnement protégé et non dégradé,…), il nous faut au préalable démystifier ensemble ce vocabulaire au service de l'idéologie de la rente dont on voudrait nous nourrir et nous pétrir comme s'il était immanquablement notre pain quotidien. » (Investissement, compétitivité, libre-échange, flexibilité : les quatre principes idéologiques de la régression sociale, Corinne Gobin (directrice du GRAID-Institut de Sociologie, ULB, http://users.swing.be/deroubaix/CGFSBII.doc)


« Dans quelle mesure les années 1980 permettent-elles de comprendre la France d’aujourd’hui ? Reconstituant, année après année, les étapes de ce tournant présenté comme inexorable, François Cusset montre que cette décennie signe avant tout la disparition de tout sens critique : des « experts » se mettent à professer le marché comme fin de la politique ; des « intellectuels » médiatiques discourent en chœur sur la fin des idéologies et délivrent des sermons simplistes sur le « mal » et le « sens de la vie ». On a ainsi vu triompher une idéologie réactionnaire d’un genre nouveau, où l’esprit de la révolution est passé dans l’entreprise, promue comme lieu par excellence de l’anticonformisme. La télévision, devenue le cœur de l’espace public, a commencé à diffuser le bavardage publicitaire qui lui tient lieu de vision du monde. Derrière le basculement des années 1980, et tout ce qu’elles nous ont légué, on trouve des intellectuels d’État et des idéologues télévisuels, quelques moralistes de plume et sociologues de la pub. » (François CUSSET, La décennie, Le grand cauchemar des années 1980, http://www.redir.fr/gsti )


11.4.1.Médias

Dernières modifications : 20.10.2007, 21:41

Les médias veillent, dormez citoyens
Les médias veillent, dormez citoyens

William Colby : « Un renseignement si précieux soit-il ne devient une information que si le pouvoir politique a la volonté de l'exploiter.» (Cité dans La face cachée du 11 Septembre, Eric Laurent, p63)


Voir l'article : 8.4.1.Les classes populaires invisibles
Voir l'article : 8.2.1.Le vote du 29 mai 2005
Voir l'article : 8.3.Stratégies de dominations

« La fabrication du consentement, Noam Chomsky et les médias. Si je dis que Khadafi est un terroriste, Khomeiny un tueur, que les Russes ont envahi l'Afghanistan etc. tous diront oui sans discuter. Par contre, si je dis autre chose que des idées reçues, si je dis quelque chose d'inattendu de controversé comme : les plus vastes opérations terroristes viennent de Washington ou bien : si les lois de Nuremberg étaient appliquées , on aurait pendu tous les présidents américains depuis 1945. Les gens s'attendent, avec raison à comprendre ce que vous dîtes ."Mais je n'ai jamais entendu ça !" Si vous dîtes ça, vous feriez bien d'étayer votre propos car il est assez déroutant. Mais le devoir de concision vous en empêche. C'est le génie de cette contrainte structurelle. C'est une chose importante, car la beauté de la concision - dire quelques phrases entre deux pubs - c'est de limiter le propos à des lieux communs. » (Noam Chomsky, dans le documentaire Enfin Pris de Pierre Carles, 2004, 24:17)


Rien de tel qu'un bon débat


« Le 12 mars 2005, lors d’une conférence organisée à Londres, John Nichols, coordinateur d’un mouvement américain de lutte contre la concentration capitaliste des médias et contre l’Accord général sur le commerce de services (AGCS), a évoqué les émissions de « débats » entre frères siamois qui pullulent aux États-Unis, mais aussi en France : « Le déclin du journalisme d’enquête sociale et l’essor de la communication et du bavardage sont liés à l’obsession de rentabilité. Une enquête, outre qu’elle peut être dérangeante car elle risque de s’intéresser aux entourloupes d’un personnage ou une entreprise puissante, coûte cher. Il est beaucoup plus sûr et plus économique de remplacer ça par un “débat”, plus ou moins agité, entre journalistes cabotins capables de pontifier sur tout avec la même assurance et en faisant des bons mots. » http://www.homme-moderne.org/plpl/n24/p8.html


Voir l'article : 11.3.Contradictions


« Il est exclu qu'on lui donne la parole parce qu'il faut absolument qu'il ait un contradicteur. Pourquoi ? Parce qu'on a l'image du débat qui est en fait la forme soft de l'image du catch, l'ange blanc et le bourreau de béthune. On a une bonne émission de télé quand on débat. Et s'il n'y a pas débat il n'y a pas démocratie, etc. Tout ça n'a strictement aucun sens. Ca veut dire qu'il y a des savoirs, des connaissances qui ne passent pas. » (Pierre Bourdieu, dans le documentaire Enfin Pris de Pierre Carles, 2004, >23ème minute)



« Mais je le rappelle tout de même que refuser le débat à la télévision, cela ne veut pas dire refuser d'exprimer ses idées de manière contradictoires. Moi j'ai écrit un livre. Il se trouve que ce livre a eu un certain succès. Ceux qui ne sont pas d'accord peuvent tout à fait s'exprimer sous cette forme écrite que j'ai moi-même choisi et nous pouvons débattre de cette manière. Mais pourquoi imposer automatiquement la simultanéité de la réponse, l'espèce de théâtre de l'affrontement. Je ne suis pas sûr que cette forme là à ma droite à ma gauche et paf! le simulacre, le théâtre soit un bon moyen d'exprimer ses idées surtout lorsque ces idées sont à la fois relativement complexes et souvent occultés et qu'elles exigent donc beaucoup de temps pour ce développer. » (Serge Halimi, dans le documentaire Enfin Pris de Pierre Carles, 2004, >20ème minute)


La parti de la presse et de l'argent


« Vétéran et ancien médiateur du Washington Post, Richard Harwood a résumé en ces termes la métamorphose de sa profession aux États-Unis: « Dans le temps, nous ne décrivions pas l'existence des gens ordinaires: nous en faisions partie. Nous vivions dans les mêmes quartiers. Les reporters se percevaient comme membres de la classe ouvrière .... Et puis des gens plus instruits sont devenus journalistes; le salaire a augmenté; des jeunes toujours mieux formés ont voulu intégrer la profession. Auparavant, les reporters avaient un niveau de vie légèrement supérieur à celui de leurs voisins de quartier, les ouvriers. Depuis les années 80, les reporters ont un niveau de vie légèrement inférieur à celui de leurs voisins de quartier, les avocats et les patrons. Or les milliers de personnes qui reçoivent des salaires annuels supérieurs à 100 000 dollars sculptent l'image que le public se fait du journalisme .... Et leur vie quotidienne les rend effectivement beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs payés au salaire minimum.» » (Le grand bond en arrière, Serge Halimi p272)


Voir l'article : 8.3.3.Connivences

Liberation = Liberalisme
Liberation = Liberalisme

« Briser les tabous » : une cohorte d'anciens gauchistes adopta d'autant plus volontiers ce mot d'ordre qu'il maquillait l'abandon des conquêtes passées du fard de la subversion. « Aujourd'hui, les tabous, remarquait Guy Hocquenghem sur le plateau d'« Apostrophes » en 1986, ce sont toutes les idées contestataires dites de Mai 68. Et détruire les tabous consiste essentiellement à permettre aux gens d'avoir des positions encore plus réactionnaires, c'est-à-dire datant d'avant Mai 68. » Avant de « briser les tabous » de la protection sociale, du libre-échange, de la guerre impérialiste et du profit, Libération s'attaqua à celui de la publicité. Le morceau était de taille pour un journal dont le manifeste déclarait : « Il n'y aura pas de publicité car les annonceurs, en finançant la presse, la dirigent et la censurent. » Entérinée à l'automne 1981, l'introduction de la publicité intervient le 16 février 1982. Entre-temps, Jacques Séguéla a encouragé Serge July à franchir le Rubicon : « Les annonceurs se précipiteront. Tu seras le Decaux de la presse quotidienne. » Enflammé par cette perspective, le directeur de Libération rédige une série d'articles prophylactiques qui balaient les réserves d'un lectorat « simpliste ». Non, Libération ne se normalise pas ; c'est « la publicité qui se normalis[e] définitivement en entrant dans Libération ». Non, Libération ne change pas ; c'est « la publicité [qui] a changé ». Elle est un art. « À tel point, ajoute July, qu'on ne sait plus très bien où commence la culture et où finit la publicité. » Sans elle, Libération eût été « incomplet » car « de nouvelles valeurs sociales se sont imposées qui croisent celles pour lesquelles la publicité est un moyen prédisposé. Ce retour, par exemple, de l'esprit d'entreprise dans la fin des années 1970 » (Libération, 12.2.1982). Et le jour où Libération accueille sa première page de réclame, July exhorte les industriels : « Soyez inventifs. Nous aimerions [...] que les annonceurs prennent avec nous le risque de la création, des audaces et des provocations » (16.2.1982). En octobre 1975, le directeur de Libération ridiculisait encore Le Nouvel Observateur en comptabilisant les pages que l'hebdomadaire vendait aux marchands (Libération, 9.10.1975). » (Un marché, une marque, un homme-sandwich. Extrait du livre de Pierre Rimbert : Libération, de Sartre à Rothschild Éditions Raisons d'Agir, novembre 2005, pp.49-54. http://www.homme-moderne.org/societe/media/rimbert/libe/marche.html et http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1080)


« En mars 2006, le nouveau patron [de l'Oréal] exigeait de ses rédactions que tout projet d’ouvrage écrit par un collaborateur de Prisma Presse lui soit soumis à l’avance, qu’il ne comporte « aucune orientation ou interprétation politiques » et qu’il ne mette pas en cause « l’un quelconque des partenaires ou annonceurs publicitaires » du groupe [20 Minutes, 21 mars 2006]. Des dirigeants aux ordres du marché, un ton résolument positif propice aux pages de publicité, une nouvelle école de journalisme à Sciences Po qui intègre dans son cursus « la capacité à attirer la publicité » : la presse ne sait plus quoi inventer pour se vendre aux annonceurs. La plupart des titres économiques ou généralistes se sont dotés de pages consacrées aux médias, au marketing et à la publicité. Leur fonction ? Installer une courroie de transmission avec le monde forcément passionnant de la « communication ». Le Figaro, créateur en 1987 d’une page quotidienne réservée à « la vie des médias et de la publicité », vite relayée par une émission clone sur LCI et TF1, a poussé très loin cette sorte de compromission institutionnelle. La rubrique offre un traitement hyperbolique à une actualité professionnelle (comme l’obtention des budgets d’achat d’espace publicitaire) qui ne présente pas le moindre intérêt pour un lectorat grand public.[...] En 1992, un livre blanc des journalistes du Figaro dénonçait déjà une « confusion entre rédaction et publicité qui contraint des confrères à citer dans des articles des annonceurs du journal et à signer des portraits-interviews entièrement réalisés par les commanditaires avec l’accord des gestionnaires du journal» [Le Canard enchaîné, 22 avril 1992]. » (A lire : On achète bien les cerveaux. La publicité et les médias (extrait), Marie Bénilde, http://www.acrimed.org/article2549.html)


Sculpture_RachelDilk
Sculpture_RachelDilk

« Patrick Le Lay, P-DG de TF1 : " Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. [...] Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » (Les dirigeants face au changement, Paris, 2004)


media-pouvoir
media-pouvoir



« Un journal « permet de faire passer un certain nombre d’idées saines», déclarait Serge Dassault. Interrogé par Pierre Weill (France Inter, 10.12.2004, 8h20) sur ce que sont ces “idées saines”, Serge Dassault a fourni un échantillon de sa philosophie sociale. On peut l’écouter jusqu’à lundi matin sur le site de France Inter. Extrait : Les idées saines ? « Ce n’est pas de la désinformation » explique Serge Dassault. « C’est les idées qui font que ça marche. Par exemple, les idées de gauches sont des idées pas saines. Aujourd’hui, nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent. [...] “Faut pas travailler”, “il faut pas gagner beaucoup d’argent”, “faut partir en vacances” [...] les idées pas saines, c’est les idées qui trompent le monde [...] la vérité c’est la vie ; la vie c’est ce qui marche. Aujourd’hui quand on pousse les gens à ne pas travailler on est dans l’erreur, quand on parle des acquis sociaux... non ! Y a pas d’acquis sociaux ! » » (http://www.acrimed.org/article1853.html)


La presse selon Dassault : les « idées saines » (10.12.2004)
http://www.acrimed.org/article1853.html
http://www.fluctuat.net/blog/2059-Les-idees-saines-de-Serge-Dassault

Almanach critique des médias
http://www.arenes.fr/livres/fiche-livre.php?numero_livre=125

Un journalisme de révérence, Serge Halimi, Février 1995
http://www.homme-moderne.org/societe/media/halimi/reverence.html

Les médias, gardiens de l’ordre social
http://www.monde-diplomatique.fr/2003/09/BALBASTRE/10459

Mix & Remix, Ils sont vraiment très forts ces americains.
Mix & Remix, Ils sont vraiment très forts ces americains.


Les sondages


« Indigestion de sondages. Vous en aviez l’intuition ? Le Canard Enchaîné du 7 mars a compté pour vous : « Depuis la mi-janvier, les médias ont publié une quarantaine de sondages, soit un par jour ouvrable. Et ça va s’accélérer. Ipsos [pour Le Point], par exemple, propose, depuis le 1er mars, un " baromètre électoral en continu « qui permet, en renouvelant chaque jour par tiers une population d’un millier de sondés, de proposer des résultats quotidiens. » Facétieux, le volatile s’interroge : « A quand un suivi heure par heure des états d’âme de l’électeur ? » Les quotidiens parisiens, eux, s’interrogent, une nouvelle fois, sur la valeur prédictive de ces enquêtes. Le 15 septembre 2006, Le Monde s’était demandé sur deux pages : « Les sondages se trompent-ils ? » Plus récemment, Libération du 27 février analysait sur trois pages « L’élection dans le miroir aux sondages ». Dans les deux cas, le débat n’a lieu qu’entre dirigeants d’instituts de sondages [Alain Garrigou, professeur de science politique et auteur d’un livre de critique des sondages et de leurs usages (L’Ivresse des sondages, La Découverte, 2006) est interviewé par Libération à la fin du dossier consacré à ce sujet. Cette interview est bien isolée face aux points de vue de six sondologues.] Dans les deux cas, la discussion s’organise autour de la seule interrogation : « Une photographie de l’opinion ou une prévision ? » Dans les deux cas, la question de l’usage des sondages par les médias, à commencer par Le Monde et Libération, est évacuée. Le 10 mars, toujours dans Le Monde, une "brève" permet de mieux cerner certains enjeux de la profusion de sondages actuelle. Des dirigeants socialistes auraient ainsi raconté au « journal de référence » que « l’institut de sondage CSA les avait appelés pour commenter leur sondage qui crédite François Bayrou de 24% d’intentions de vote au premier tour (+7 points par rapport à la précédente vague), à un point seulement de Ségolène Royal (25%, -4) et à deux de Nicolas Sarkozy (26%, -3) [Note d’Acrimed : sondage pour Le Parisien et i-télé rendu public le 8 mars]. Non sans glisser, surfant sur l’inquiétude du PS, l’offre de réaliser un sondage qualitatif qui permettrait au parti de mieux comprendre les ressorts de cette progression... pour la modique somme de 30 000 €. » (Acrimed, Brèves de campagnes 2007, http://www.acrimed.org/article.php3?id_article=2576 )


Alain Garrigou dénonce « l'ivresse des sondages » (vidéo marianne2007.info) http://www.redir.fr/gflj

Les anti-libéraux ont utilisé le dernier sondage sur les électeurs du "non" des français paru dans
Libération (17 mai 2006) avec allégresse, mais quand il s'agit d'autres sondages on se révèle très critiques. Ne soyons pas schizophrènes ! Un bel exemple de mauvaise foi, transcris à partir d'un journal télévisé de 20H. Comment dire tout et son contraire à 30 secondes d'intervalle !

« Claire Chazal : "Quand on voit comment à évoluer l'Europe depuis [le vote "non"] et au fond comment elle a ... d'une certaine façon un peu patinée ou en tout cas elle n'a pas vraiment avancée. Est-ce que vous regrettez votre position aujourd'hui ?"
Laurent Fabius :"Non, je ne le regrette pas, pas plus que ceux qui ont voté "non". L'autre jour, Libération, le journal Libération faisait une étude d'opinion. Je crois que 99% des gens qui ont voté non disent on a bien fait et 10% des gens qui ont voté oui disent : ah, on regrette. D'abord, est-ce que je peux vous souhaiter bonne fête des mères"
Claire Chazal : "merci, .."
LF : "et à toutes les mamans".
(...)
CC : "Est-ce que vous diriez que les sondages, nous imposent... vous imposent Ségolène Royal
LF : "Non, il y a une seule chose qui est certaine avec les sondages, c'est qu'ils se trompent absolument toujours. Avec les sondages et vous le savez comme moi (sourire de complaisance), Michel Rocard avait été .. aurait été président de la république, Edouard Balladur également, Lionel Jospin également. Non, Je ne crois pas. la question qui se pose, c'est la question de la ligne politique." (Interview de Laurent Fabius par Claire Chazal au journal de 20h de TF1. 28 mai
2006. http://www.laurent-fabius.net/article535.html) »


« Commander, avant un mouvement social, un sondage pour savoir ce qu’en pensent la majorité des Français, c’est implicitement suggérer que les futurs grévistes doivent désormais demander l’autorisation des Français pour savoir s’ils ont le droit de faire grève ou, pour le moins, savoir si leurs motivations sont légitimes.» (Après les grèves du 18 octobre, faire la grève des sondages ?, Patrick Champagne, Publié le vendredi 19 octobre 2007, http://www.acrimed.org/article2738.html)


Censure médiatique sur TF1 : Transcris de l'émission "arret sur images" du 11 juin 2006 :
http://www.france5.fr/asi/007548/39/135296.cfm

« TF1, journal de 20H, 11 juin 2006:
Patrick Poivre d'Arvor : "Dominique de Villepin a eu droit à un accueil houleux sur le site de l'usine Peugeot à Poissy près de Paris. Il a été interpellé par une vingtaine de militants CGT dénonçant son plan pour les séniors. Ecoutez.
Syndicaliste CGT n°1 :"Les anciens, ils sont usés par les mauvaises conditions de travail, ils ne demandent qu'à partir dans la dignité. Voilà, ... et ici."
Dominique de Villepin : "Ne généralisez pas. Certains souhaitent partir, que ceux là puissent être accompagnés, nous le comprenons. D'autres souhaitent travailler plus longtemps, je viens de voir une dame qui souhaite (réactions)... travailler plus longtemps."
Personne au fond : "Ils ont été choisis"
Syndicaliste CGT n°1:" Alors excusez-moi, vous vous trompez de voie. C'est sûrement pas à Peugeot Poissy, vu les mauvaises conditions de travail..."
Dominique de Villepin "vous représentez ... vous représentez 20%"
Syndicaliste CGT n°1: "NON...." (brouhaha)


Le reportage TF1 est coupé à ce moment. Le même reportage est diffusée sur France 2. Cette fois-ci nous pouvons voir/ecouter la suite.


France, journal de 20H, 11 juin 2006, la suite :
Dominique de Villepin: "vous représentez ... vous représentez 20%"
Syndicaliste CGT n°1: "NON...." (brouhaha)
Voix off journaliste de FR2 : "dans l'assistance, la réponse fuse, une allusion très claire à la dernière présidentielle :"
Syndicaliste CGT n°2:"Monsieur Chirac représente 19 % des Français .. Si .. si on suit bien votre logique ... Chirac représente 19 % des Français si on suit bien votre logique."
Dominique de Villepin: "Vous ne retenez que le premier tour. Une élection démocratique c'est deux tours." »


Pluralisme ?


Alain Lancelot, ancien directeur de Sciences-Po, était chargé en mars 2005 par Jean-Pierre Raffarin d'un rapport sur "Les problèmes de concentration dans le domaine des médias".

"J'estime qu'à l'heure actuelle, le pluralisme dans la presse est assez largement réalisé." (Alain Lancenot, France Culture, 18.02.06)

le Plan B ramasse les copies, fevr 2007, p19
le Plan B ramasse les copies, fevr 2007, p19


Référendum sur le projet de consititution européenne
Comptage des intervenants à la télé en avril 2005, Arrêt sur images, F5
Comptage des intervenants à la télé en avril 2005, Arrêt sur images, F5


Comptage des intervenants à la télé en avril 2005 (“Arrêt sur images”, F5)
http://www.acrimed.org/article2014.html

Le Non censuré dans les médias, ça suffit !
http://www.info-impartiale.net/spip.php?article2

Un livre d’Acrimed : Médias en campagne. Retours sur le référendum de 2005
http://www.acrimed.org/article2049.html

Présidentielles 2007
Présidentielle 2007 : quand sonne le tocsin
http://www.acrimed.org/rubrique354.html

Appel des journalistes de l'audiovisuel public pour des débats contradictoires
http://www.info-impartiale.net/petitions/

11.4.2.Novlangue

Dernières modifications : 21.10.2007, 14:10

1984, de George Orwell, écrit en 1949
1984, de George Orwell, écrit en 1949


Extraits du livre

Le ministère de la Guerre = ministère de la Paix
Le ministère de l'Intérieur = ministère de l'Amour
LA GUERRE C'EST LA PAIX
LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE
L'IGNORANCE C'EST LA FORCE
2+2=5


« Le novlangue est un concept qui est volontairement caricaturé. Dans le contexte du livre [1984 de Georges Orwell], c’est la langue couramment employée par les membres du parti "intérieur", un language politique par excellence. Le novlangue est imposé aux membres du parti "extérieur", la classe des travailleurs, dont fait parti Winston. Celui-ci, malgré ses conditions de vie déplorable, faisait parti de la "classe bourgeoise" du système, car en dessous encore, il y a les prolétaires, les plus nombreux. Dans la démarche de ce livre, la dénonciation de Orwell est avant tout politique, et le novlangue une caricature de la dangereuse simplification du language politique, du moins lorsqu’il s’adresse aux membres du Parti, lequel, doit-on le rappeler, est unique. » http://lesogres.org/article.php3?id_article=1312


Le Novlangue est la langue de l’ANGSOC (SOCialisme ANGlais), le parti unique de l’Océania.

« En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes les deux. Employer la logique contre la logique. Répudier toute morale alors qu’on s’en réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. » (1984 de Orwell, 1949, p55)


L'Europe


Juste pour rire...
« L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12.9.92) (tiré de Oui-ouistes, PLPL, février 2005, http://www.homme-moderne.org/plpl/n23/23.pdf)


« Donc, les européistes et les libéraux ont en quelque sorte kidnappé le mot « européen », pour en faire une chasse gardée qui recouvre quelque chose dont nous ne voulons pas. Parce que tous ces traités, à quoi visent-t-ils ? À faire l'Europe ? Non ! A faire un marché unique européen. Mais depuis quand un marché unique est-il un objectif souhaitable en matière de civilisation ? Non seulement je récuse l'accusation d'anti-européen, mais j'accuse les européistes d'être profondément anti-européens, ils ne pensent qu'à une seule chose, c'est le marché, la libre circulation des biens, des services, des capitaux, qui sont d'ailleurs les « libertés fondamentales ». » (émission proposée et présentée par Pascale Fourier, 10 OCTOBRE 2007, Traité "simplifié": un nécessaire référendum..., Avec Bernard Cassen, du Monde Diplomatique, Président d'Honneur du mouvement Attac, http://dsedh.free.fr/transcriptions/Cassen179.htm)


« La liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force » sont les slogans du monde totalitaire d’Orwell : l’assassinat du sens détruit la liberté - et c’est bien à quelque chose de ce genre que nous assistons aujourd’hui, l’avantage étant que la disparition de la logique permet de dissimuler plus facilement l’abolition de la démocratie, y compris aux yeux des promoteurs mêmes de ce traité : puisque désormais l’incohérence et l’inconséquence abondent, on est devenu tout simplement irresponsable de ce qu’on dit. Ils veulent un Parlement européen qui n’aura pas le droit de proposer des lois - mais ils sont « démocrates ». Ils approuvent un texte qui, par la règle de la double unanimité, ne pourra, de fait, jamais être révisé ni amendé, un texte immobile et inchangeable pour les générations futures - mais c’est parce qu’ils sont « contre l’immobilisme », parce qu’ils désirent « avancer », et qu’ils pensent à « nos enfants ». Ils veulent qu’une commission non élue de vingt-cinq personnes puisse ou non, à sa guise, donner suite à la pétition d’un million de signataires - mais leur Oui sera « citoyen ». Ils veulent une charte des droits fondamentaux qui ne reconnaît ni le droit au divorce, ni le droit à l’IVG - mais ils sont « pour les droits des femmes ». Ils veulent une Constitution qui contraint les Etats à augmenter leurs budgets militaires, mais c’est parce qu’ils veulent une « Europe de paix » ; ils veulent une défense et une politique étrangère européennes soumises par le canal de l’OTAN au veto de Washington, mais c’est parce qu’ils sont pour une « Europe forte » et « indépendante » ; ils approuvent une Constitution qui ne reconnaît ni le droit à la retraite ni le droit à un revenu minimum européen, mais ils sont « de gauche ». A les entendre, on croirait que la droite, c’est la gauche, et que hier, c’est demain - pour reprendre les mots de Léo Ferré. A longueur d’ondes et de palabres, au fil des interviews serviles avec des journalistes qui sur dix millions d’années ne poseraient pas une seule question dérangeante, leurs mots vident les mots de tout sens. » (Tuer la logique pour tuer la démocratie - 16/06/2005 - Athané François, http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=871)


Voir aussi "Parler pour ne rien dire", de Raymond Devos
http://pintopc.home.cern.ch/pintopc/www/RDevos/Riendire.htm

« Aujourd’hui comme l’écrit François Brune (Enseignant et écrivain) dans un article intitulé "combattre l’esprit de 1984 " tiré de Manière de voir sur les " sociétés sous contrôle " (2001, n°56) : " Il rôde dans nos têtes l’esprit de 1984, ce fatal complexe de peur-haine qui nous fait nous retrancher de ce monde ". 1984 est là dans nos imaginaires qu’on le veuille ou non. Un peu plus loin, l’auteur rajoute : " 1984 ne doit pas être vu comme le tableau futur d’une catastrophe mais comme la peinture lucide des dynamiques qui facilitent son avènement au quotidien. Le diagnostic l’emporte sur le pronostic. " Pour résumer ma pensée je dirais que Orwell a posé avec 1984 un univers qui s’est lentement glissé dans nos imaginaires et nos manières de pensées, qui a participé à poser les termes du débat sur la gouvernance des populations dans l’objectif de nous permettre de nous dégager de ces formes d’oppressions et de peurs qui résident tout d'abord en nous (" si vous désirez une image de l’avenir " nous dit le tortionnaire de 1984, " imaginez une botte piétinant un visage humain…éternellement "). Mais pour cela il faut que la peur diminue et que la conscience progresse, dans le cas contraire nos peurs suppriment le sens. Ne parvenant pas à donner du sens à notre vie individuelle et sociale, on devient alors soi-même expert du double langage, du double jeu et de la double pensée, on torture au nom de la liberté, on théorise habilement pour faire accepter l’oppression de l’homme, on devient " spécialistes de l’histoire employés à refaire la passé pour justifier le présent ", etc. Ce qui devait être un avertissement pour le futur, est travesti déformé, découpé pour ne garder que des images sécurisantes et expurger de sens pour devenir le futur " acceptable " avec notre accord tacite, par démission de la pensée. On est dans l’idéal technologique, le futur sans conflit… » (Fabrice Fernandez, http://www.redir.fr/ghvi)


Big brother award
Big brother award

"Si vous désirez une image de l'avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain, éternellement." (1984, Georges Orwell, p377)


Les Big Brother Awards France, qui auront lieu ce vendredi 3 février, viennent de remettre en ligne la version non censurée du sinistre Livre Bleu du Gixel, qui avait précisément valu à ce Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques le prix Orwell Novlang aux Big Brother Awards 2004. Extrait du Livre Bleu avant qu’il ne soit “rectifié” :
“La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.
Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes :
. Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.
. Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo
. Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet, …
La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de surveillance et de contrôle, il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l’apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gène occasionnée. Là encore, l’électronique et l’informatique peuvent contribuer largement à cette tâche”. http://rewriting.net/2006/02/02/la-guerre-cest-la-paix/


Chaque année, Privacy International et ses partenaires décernent, dans une quinzaine de pays, des "Big Brother Awards" aux institutions, sociétés ou personnes s’étant distinguées par leur mépris du droit fondamental à la vie privée ou par leur promotion de la surveillance et du contrôle des individus
http://bigbrotherawards.eu.org/

LQR


« LQR comme Lingua Quintae Respublicae, cette langue qui chaque jour efface les résistances, les différences, les opinions et travaille à la domestication des esprits. » (Entretien avec Eric Hazan, éditeur et écrivain, autour de son livre "LQR la propagande du quotidien" publié aux éditions Raisons d’agir, 15 février 2006 , http://w3.la-bas.org/article.php3?id_article=852)


« la LQR s'emploie à assurer l'apathie [...]. C'est une arme postmoderne, bien adaptée aux conditions « démocratiques » où il ne s'agit plus de l'emporter dans la guerre civile mais d'escamoter le conflit, de le rendre invisible et inaudible. Et comme un prestidigitateur qui conclurait son numéro en disparaissant son propre chapeau, la LQR réussit à se répandre sans que personne ou presque ne semble en remarquer les progrès.» (Eric Hazan, "LQR la propagande du quotidien")


Exemples


On parle d'inemployabilité, de collaboration, de partenaires sociaux. Nouveau mot pour dire licencier = se séparer. Le licenciement = séparabilité.

Extraits novlangue
http://www.politis.fr/article617.html

Petit dictionnaire novlangue
http://www.lagauche.com/gauche/lghebdo/1998/1998-01-04.html

Lexiques


Lexique évolutif
http://www.politiquedudechiffrage.blogspot.com/

Acrimed : Lexique pour temps de grèves et de manifestations.
http://www.acrimed.org/article1131.html

Acrimed : Lexique pour temps d’Europe et de Référendum.
http://www.acrimed.org/article2063.html

Neuf / vieux, Progrès / conservatisme
« C'est le propre des révolutions conservatrices, celle des années trente en Allemagne, celle des Thatcher, Reagan et autres, de présenter des restaurations comme des révolutions. » (Pierre Bourdieu, Contre-feux, p40)


« Il y a, à peu prés une semaine, la successeure du baron Seillière à la tête du Medef, Mme Laurence Parisot, a prononcé, sur le ton d’un menuet, repris par tous les médias de façon acritique, une petite phrase extraordinaire : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » Ce n’est qu’une apologie perverse de la barbarie… » [Le Figaro, 30 août 2005]. En effet, depuis l’aube des temps, l’humanité, s’efforce de se protéger de la faim, du froid, de la maladie, de la souffrance, les humains sont passés de la cueillette et de la chasse, à l’agriculture et à l’élevage, pour être moins soumis à la précarité dans nos vies, depuis des millénaires, les humains ont combattu pour que leur sort s’améliore, pour la civilisation, et voilà que cette Mme Parisot, tranquillement, nous dit qu’il faut faire le chemin inverse, non seulement dans nos vies, dans nos amours, dans notre santé, mais dans toutes nos activités créatrices, productrices.. Hop, demi-tour, revenez en arrière, retour à la barbarie ! Et M. de Villepin nous fait un contrat à vil prix, un “contrat nouvelle embauche” auquel l’employeur peut mettre fin sans motif, et les députés Ump, le 13 juillet dernier, enlèvent le mot «itinérant» après le mot « salarié » dans le Code du travail, et hop, tous les salariés peuvent être soumis au forfait jour… Le forfait jour ? Philippe le Bel avait décrété la première réduction du temps de travail, en interdisant que les paysans travaillent avant le lever du soleil et après le coucher du soleil, avec le forfait jour, exit Philippe le bel, vous pouvez ! Non seulement le cadre dit « supérieur », mais le cadre dit « autonome » puis le « salarié itinérant » commercial de base, ou agent d’entretien, puis tous les salariés sans exception… peuvent en tous temps travailler 13 heures par jour... Retour aux loueurs de bras du XIXème siècle, aux journaliers, oui, c’est à cela qu’aujourd’hui nous ramène la droite libérale intégriste, en cassant le code du travail, les 35 h, le droit du licenciement, nos retraites, notre Sécu, c’est un choix de civilisation, une rupture, et dans un si grand choix, on ne va choisir la petite voie minable du social libéralisme, on va choisir sur le fond, et c’est un choix historique entre socialisme ou barbarie !… » (Gérard Filoche, 11.09.05, http://renouveausocialiste.fr/news/23.shtml)


Sur le site du gouvernement, on y trouve cette introduction, qui ressemble à s'y méprandre aux citations d'Orwell : ministère de la Guerre = ministère de la Paix, ministère de l'Intérieur = ministère de l'Amour :
« Quand la défense avance, la paix progresse. En 1945, parallèlement à l'unification des trois ministères de la Guerre, de la Marine et de l'Air en un seul organe : successivement, depuis 1958, ministère des Armées puis ministère de la Défense nationale avant de recevoir son nom de ministère de la Défense en 1974.» http://www.redir.fr/gkui


« Ernest-Antoine Seillère explique que la notion d' « entrepreneur » - qui désignait naguère un petit patron du bâtiment – s' « est parfaitement enracinée pour essayer de se substituer à celle de « chef d'entreprise » (hiérarchique) et à celle de « patron » ( qui est un peu archaïque quadn on l'associe à « patronat »). Il faire attention à la terminologie. « Entrepreneur », c'est positif, « patron » c'est autoritaire, « chef d'entreprise » c'est technologique » (Entreprendre, décembre 2004). On voit bien le soin que nos « élites » mettent à affiner le vocabulaire de la LQR. C'est d'ailleurs le même Seillère qui a remplacé la dénomination archaïque du syndicat patronal – le CNPF ou Centre national du patronat français – par le « positif » Mouvement des entreprises de France ou Medef.» (Eric Hazan, « LQR la propagande au quotidien », p30-31)


Voir l'article : 8.5.1.Partenaires sociaux

11.4.3.Convergence droite/gauche

Dernières modifications : 22.09.2007, 21:56

Sarkozy et Hollande, ça va j'ai compris, je vote NON
Sarkozy et Hollande, ça va j'ai compris, je vote NON


Laurent Joffrin est le nouveau patron de Libération. « Lequel avait publié en 1984 "La Gauche en voie de disparition" (Seuil) pour "tuer les tabous" (le profit, le service public, l'emplio des ouvriers), montrer à quel point "les syndicats sont ringards", et conclure :"Il n'y a pas d'autre moyen de rénover enfin la culture politique de la gauche que d'y injecter massivement les valeurs du marché. En ce sens, la capitalisme est l'avenir de la gauche." (p.90,203,77)(Plan B, février 2007, p8)


« Qu'en est-il de l’offre politique ? S’il y a bien un problème, c’est là qu’il se situe. Et par exemple, s’interroger sur le fait qu’entre la gauche et la droite, il existe une forme d’accord, lié donc à des conceptions néolibérales du monde, et qui fait que, quand on a à voter maintenant, on ne sait plus trop bien pour qui faire son choix. Ca serait plutôt en fait un problème de droite et un problème de gauche. Si la gauche était sans doute un peu plus claire, et notamment donc en direction des groupes les plus fragiles, il y a de fortes chances pour qu’ils aillent voter à nouveau, et donc ça abaisserait le score du Front National. » (Annie Collovald, http://dsedh.free.fr/transcriptions/collovald95.htm)


« Les repères traditionnels sont donc devenus plus flous. Solidarité, sécurité, famille : autant de thématiques prônées sur des registres relativement similaires, à droite comme à gauche. Chaque bord s’est obstiné à bannir de son vocabulaire le terme « idéologie » et à se défendre d’agir dans un esprit « partisan ». La bataille devient celle de l’honnêteté et de la « proximité », cette tarte à la crème au nom de laquelle une bonne poignée de main remplace la consultation démocratique. L’affrontement droite/gauche dévie lentement mais sûrement : c’est à celui qui sera le meilleur « gestionnaire » ! L’enjeu n’est plus très exaltant, et l’on comprend aisément qu’un certain nombre de nos concitoyens ne voient plus l’intérêt de se déplacer aux urnes. D’ailleurs, au printemps 2001, 71% d’entre eux estimaient qu’il n’y a pas de différence entre la droite et la gauche… »
http://www.la-gauche.org/archivescactus/index000000000667A4E81.htm


Confiance droite / gauche
Confiance droite / gauche


« 70% des électeurs ne font confiance ni à la gauche, ni à la droite selon une enquête du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences po) avec le soutien du ministère de l'Intérieur. » (Barometre Cevipof, http://www.redir.fr/gmui)


" Par une mise en perspective toujours aussi vertigineuse, il apparaît donc, en longue période, que le socialisme de gouvernement est décidément l’ami de la finance, car depuis la déréglementation de 1986 jusqu’aux projets de fonds de pension d’entreprise de 2002 (« à la française » !), en passant par le PPESV de 2001, et sans compter les innombrables avantages fiscaux consentis aux produits boursiers entre-temps, c’est la gauche qui se charge avec sérieux de faire faire ses plus grands progrès à la finance dans la société française. Ce n’était donc plus du côté des luttes sociales, désordonnées et improductives, qu’il fallait chercher les lendemains qui chantent mais bien du côté des stock-option et de l’actionnariat salarié. Le social-libéralisme est décidément pleins de ressources. Convaincu que l’émancipation du salariat passe désormais par les fonds de pension – mais « à la française » ! (…) Salariés, managers, rentiers : tous propriétaires, c’est-à-dire tous réconciliés dans l’universelle solidarité actionnariale – disparition des conflits d’intérêts puisque l’intérêt patrimoniale est partagé par tous, évanouissement des luttes, désormais sans objet. " (Extrait de "et la vertu sauvera le monde ..." de Frédéric Lordon, P106-107)


" Quand DSK étale son mépris des classes populaires dans un livre (lire PLPL n° 8, février 2002), Duval applaudit l’ex-ministre « qui fait, dans La Flamme et la cendre, une nouvelle fois la preuve de son talent. Il réussit à incarner de façon convaincante une gauche qui a enterré définitivement le rêve de la rupture avec le capitalisme et accepte de se coltiner au monde tel qu’il est » (AE, mars 2002)." (PLPL, les MEDIAS DE LA HAINE, http://www.homme-moderne.org/plpl/l0205/index.html)


« Une telle mutation favorise la convergence technocratique entre une droite libérée des « traditions » réactionnaires et une gauche libérée de l'« utopie » révolutionnaire. Cette convergence, doublée d'une grande arrogance, va mobiliser contre elle à la fois la nouvelle droite américaine, individualiste et attachée à l'image de l'entrepreneur héroïque capable de forcer le destin, et la nouvelle gauche radicale, qui célèbre la libération humaine, les communautés affectives, « l'immense et raisonné dérèglement de tous les sens (Arthur Rimbaud, « Lettre du voyant à Paul Demeny », 15 mai 1871) ». Et qui par conséquent exècre la société de consommation apaisée et glacée. » (Le grand bond en arrière, Serge Halimi, p41)


Mutation


Les 2 extraits sonores suivant sont tirés de l'émission "Là-bas si j'y suis" du 2 juillet 2004 et du 20 décembre 2004 : une explication limpide et synthétique de l'ascension des libéraux. http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=568


« Au moment de quitter le pouvoir en laissant derrière lui un million de chômeurs supplémentaires, François Mitterrand ne pouvait donc conclure sa présidence que sur une théorisation d'impuissance: « Ni vous ni moi n'y pouvons rien [au chômage] dès lors qu'en automatisant - la troisième révolution industrielle depuis le début du XIXe siècle -, dès lors qu'on peut fabriquer plus vite et pour moins cher des produits. Et vous pourrez dire tout ce que vous voudrez - et moi aussi - aux chefs d'entreprise, ils iront toujours là où il y a la meilleure productivité, le meilleur rendement et le meilleur profit.» « Évidemment, avait averti Lionel Jospin dès 1981, si on ne veut pas changer les structures économiques, on est pris dans ce piège »... (Le grand bond en arrière de Serge Halimi, p488)



« Or la question de la propriété des moyens de production surdétermine le reste. Pour le comprendre, il n'est même pas nécessaire d'être d'accord avec le François Mitterrand du congrès d'Épinay qui, ressuscitant une formation moribonde, clamait le 11 juin 1971 : « Celui qui n'accepte pas la rupture, celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du parti socialiste !» (Le grand bond en arrière de Serge Halimi, p490-491)


« Quand la gauche se déchire, quand le centre s'écroule, la droite regagne ses chances. Un jour, calcule Reagan, le train de l'État-providence devra débarquer ses passagers les moins bien installés, le système américain ne pourra plus absorber les exigences de son sous-prolétariat, le besoin de démocratie sera supplanté par la demande d'ordre. Dans un théâtre en feu, les spectateurs se laissent facilement guider par qui prétend leur indiquer la sortie - même si son chemin n'est pas le bon. Pareillement, les « crises » des années 70 doivent être appréhendées intellectuellement par des citoyens pour qui tout va trop vite (mouvement noir, contreculture, Vietnam, Watergate, inflation, crise de l'énergie...). L'avantage reviendra à qui a déjà composé une ordonnance plausible, n'importe laquelle. » Le grand bond en arrière de Serge Halimi, 2004, p160)


Quand la gauche renonçait au nom de l’Europe
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/06/HALIMI/12484

Guy Hocquenhhem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary
http://atheles.org/lyber_pdf/lyber_406.pdf

11.4.4.Déclinologues et anti-France

Dernières modifications : 10.05.2007, 11:37

Sinistrose, déclinologues. Immobilisme, manipulation, corporatisme, retard, rigidité, les français épousent toutes les pires formes comportemantales. Ce sont les derniers de la classe, ils ne comprennent rien. Comment sortir de la crise ? Allez voir du côté des Anglo-Saxons pardi !

« Semblable en cela au médecin de Molière qui s’écrie : « Le poumon ! » chaque fois que son patient énonce un symptôme de sa douleur, l’actuel discours « décliniste » rabâche que tout problème évoqué proviendrait du « modèle français ». Et qu’il aurait pour remède obligé l’« adaptation à l’Europe et au monde ». Ou, pour le dire plus crûment, une « thérapie de choc libérale ». [...] Les modèles de fraîcheur économique existent toujours hors des frontières. Il y a vingt ans, en pleine vague de reaganophilie des élites françaises, l’historien britannique Theodore Zeldin ironisait déjà : « A chaque siècle, les Français se sont trouvé de nouveaux étrangers à admirer : les Grecs, les Romains, les Italiens, les Anglais (pour leurs institutions politiques), les Allemands (pour leur science), les Américains (pour leur prospérité) ». Depuis, l’aiguille de la boussole semble bloquée sur le grand large, le Royaume-Uni et son premier ministre travailliste servant de sas d’acclimatation européen à un « modèle américain » dont, avant même l’ouragan Katrina, le président George W. Bush rendait la commercialisation malaisée sur le Vieux Continent. « Je suis un socialiste britannique », précisa il y a quelques mois M. Ernest-Antoine Seillière, alors président du Mouvement des entrepreneurs de France (Medef). « Quitter la France pour mieux respirer », annonce à son tour Libération dans un dossier qui évoque les deux cent mille Français expatriés à Londres. Connaître le « modèle » qu’on recommande n’a aucune importance. L’essentiel est de lui faire avouer ce qu’on a juré qu’il dirait. » (L'éternel quête du modèle étranger pour démanteler l'Etat-providence, http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/HALIMI/12813)

Voir l'article : 9.1.10.Modèles ?
Voir l'article : 6.9.Modèle social

Les fonctionnaires


Villepin la moule
Villepin la moule

"Au retour d’un déjeuner dans un bistrot du quartier de l’Odéon avec ses ministres Jean-Louis Borloo (Emploi) et Renaud Donnedieu de Vabres (Culture) le vendredi 13 mai 2006, Dominique de Villepin à perdu une occasion de se taire ! Dominique de Villepin a lancé, un rien méprisant, aux photographes : "Vous auriez dû venir avec nous, on a fait une belle balade. Vous êtes là comme des fonctionnaires, comme des moules accrochées au rocher". Qui est-il pour utiliser le mot de fonctionnaire comme insulte !
Carrière professionnelle
Juin 1980 : titularisé au Ministère des Affaires étrangères (fonctionnaire)
1980-1984 : secrétaire aux Affaires africaines et malgaches (fonctionnaire)
1981-1984 : secrétaire du Centre d’analyse et de prévision (fonctionnaire)
1984-1987 : premier secrétaire à l’Ambassade de France à Washington (fonctionnaire)
1987-1989 : deuxième conseiller à l’Ambassade de France à Washington (fonctionnaire)
1989-1990 : deuxième conseiller à l’Ambassade de France à New Delhi (fonctionnaire)
1990-1992 : premier conseiller à l’Ambassade de France à New Delhi (fonctionnaire)
1992-1993 : directeur-adjoint aux Affaires africaines et malgaches à Paris (fonctionnaire)
1993-1995 : directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé (fonctionnaire)
1996-1999 : présidence du conseil d’administration de l’Office national des forêts (ONF) (fonctionnaire)
Mai 1995 à mai 2002 : secrétaire général de la présidence de la République (fonctionnaire ?).
Avec Alain Juppé et Jérôme Monod, il a constitué depuis 1997 le triangle de base de la revanche chiraquienne, après avoir été à l’origine de la décision de dissolution de l’Assemblée, prise en 1997 par Jacques Chirac, et qui a redonné la majorité à la gauche.
6 mai 2002-30 mars 2004 : Ministre des Affaires étrangères (fonctionnaire ?)
30 mars 2004-31 mai 2005 : Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales(fonctionnaire ?)
31 mai 2005- : Premier ministre (fonctionnaire ?).
C’est vrai que comme "moule accrochée au rocher" lui qui est resté malgré le retrait du CPE, lui qui reste malgré les développement de l’affaire Clearstream, Dominique Galouzeau de Villepin connait le sujet !" (Benoît Lentz, http://www.larmesblanches.info/spip.php?article31)


Les 35 heures


Rubrique sur les 35H
http://hussonet.free.fr/35h.htm

Les Français travaillent-ils trop peu ? Pour augmenter la durée du travail, mieux vaudrait s’attaquer au chômage et aux temps partiels contraints, plutôt qu’aux 35 heures.
http://www.alternatives-economiques.fr/site/hs72_003_35heures.html

«Entre 1998 et 2004, le pouvoir d’achat du salaire annuel net moyen pour les salariés à temps plein a stagné dans l’ensemble, progressant légèrement pour les cadres (+ 0,5 % par an) et les ouvriers (+ 0,6 %), diminuant un peu pour les autres catégories socioprofessionnelles salariées (– 0,2 %). Tout s’est passé comme si la société française avait choisi – sans forcément l’avoir voulu ou en avoir conscience – de privilégier la création d’emplois plutôt que les gains de pouvoir d’achat. Ce choix implicite a certes été souvent mal vécu par ceux qui avaient déjà un emploi, mais il a notablement contribué à réhabiliter la « valeur travail », contrairement à ce qu’on entend souvent : il a en effet permis à la fois de ramener un nombre important de chômeurs vers l’emploi et d’augmenter le volume global de travail réalisé dans l’économie française.» (Les Français travaillent-ils trop peu ?, Alternatives Economiques, L'état de l'économie, Hors-série n° 72, 2e trimestre 2007, http://www.alternatives-economiques.fr/site/hs72_003_35heures.html)


Alternatives Economiques, les Français travaillent plus que la moyenne, L'état de l'économie, Hors-série n° 72, 2e trimestre 2007
Alternatives Economiques, les Français travaillent plus que la moyenne, L'état de l'économie, Hors-série n° 72, 2e trimestre 2007


Les grèves, sport national français ?


Acrimed : La France, pays des grèves ?
http://www.acrimed.org/article2415.html

Après le passage en revue de ces sept études comparatives, il est clair que la grève, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, ne peut pas être considérée comme un « sport national français ». Tout au long du XXe siècle, la France est globalement restée dans la moyenne basse des pays industrialisés. Une autre conclusion qui peut être tirée de ces statistiques est que la « culture de la négociation », tant vantée par les médias, n’empêche pas, loin s’en faut, les conflits sociaux. Le fait de négocier avant n’empêche pas de faire grève. Ainsi, le graphique 6 fait apparaître que les pays scandinaves sont relativement conflictuels : le Danemark est en tête du classement, la Norvège est 4e et la Finlande 7e. Ainsi, la « culture de la négociation » n’implique pas forcément une « faible intensité conflictuelle ». Et, à l’inverse, la « culture de la confrontation » (tant décriée par les médias français) n’engendre pas automatiquement une « forte intensité conflictuelle ». (Acrimed : La France, pays des grèves ?, http://www.acrimed.org/article2415.html)


Acrimed : La « grogne » : grévistes et manifestants sont-ils des animaux ?
http://www.acrimed.org/article1130.html

La grogne sociale emmerde les médias, jérôme Abel, mouvement contre le CPE, fevr 2006
La grogne sociale emmerde les médias, jérôme Abel, mouvement contre le CPE, fevr 2006


Le modèle social français doit changer, car le monde a changé


Petite vidéo de propagande sur une chaîne de télévision du service public, un régal
http://www.dailymotion.com/video/x18l7p_vive-la-france

Populisme


Les mésusages politiques du populisme, Annie Collovald
http://www.fondation-copernic.org/Flash-juin2005-%20Populisme.pdf

Sommes-nous de trop ?


http://hussonet.free.fr/666.pdf

Maman, le bateau coule ...


Malade, La France ?
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/04/RAMONET/13341

husson, le déclin
http://hussonet.free.fr/modelemh.pdf

LA PETITE MUSIQUE DU DECLIN
http://hussonet.free.fr/bavpolit.pdf

Clerc, mauvaise foi
http://ecocritique.free.fr/bavclerc.pdf

Le modèle anglais


http://non.au.liberalisme.tripod.com/verite.sur.le.modele.anglais.pdf
http://non.au.liberalisme.tripod.com/Marianne.2006.04.01.pdf
http://non.au.liberalisme.tripod.com/liberalisme.et.inegalites.htm
http://non.au.liberalisme.tripod.com/chomage.angleterre.htm

Anti-France


http://www.marianne-en-ligne.fr/archives/e-docs/00/00/4F/98/document_article_marianne.phtml

11.4.5.La publicité

Dernières modifications : 26.02.2007, 17:13

YannLeBreton_pub
YannLeBreton_pub


« Le but de la publicité, bien sûr, est de vous faire désirer quelque chose. De créer le désir. Et ce, en vous rendant d’abord malheureux de ce que vous avez ou n’avez pas. La publicité élargit ce fossé entre ce que vous avez et ce que vous désirez. Vouloir acheter est alors une réponse aux sentiments d’insatisfaction, d’envie et de manque. Un état de conflit perpétuel. C’est sur ces émotions-là qu’on a construit une économie mondiale et une philosophie dominante, encourageant l’acte de dépense en vue d’accroître son bonheur personnel, son bien-être et, finalement son identité. […] Quand on construit un système sur la base du désir, de l’insatisfaction, de l’envie et de l’insuffisance, les gens achètent des choses, certes, mais il n’est pas surprenant que ce soit au prix de quelques dégâts psychiques.» (Jelly Helm, professeur de publicité, ‘Saving advertsing’, 2000, p6, cité dans La loi du plus fort, la société de l’image, Rick Poynor, 2002, p147)


« Le fait que certaines publicités soient bien faites est hors de propos, puisque ce qui compte, c’est l’impact de l’ensemble des publicités sur le spectateur, comme étant le mode de discours public dominant. Ici, le média est le message, et le message est un système de valeurs incarnant une idéologie que beaucoup d’entre nous ne partagent pas, et contre laquelle nous voulons résister. » (La loi du plus fort, la société de l’image, Rick Poynor, 2002, p147)


«[Les défenseurs du marketing] adorent le langage de la contagion : les consommateurs sont une population passive, disent-ils, attendant d’être infectée par leurs ingénieux virus-idées. Les gens ont développés des « anti-corps » au marketing traditionnel – d’où le besoin de techniques plus puissantes. » (La loi du plus fort, la société de l’image, Rick Poynor, 2002, p183)


« M. Marie-Françoise Mouzet, enseignante de français à Colombes, s'insurge : « Comment demander aux enseignants d'avoir un travail éducatif avec les jeunes alors que la société dans son ensemble est en totale faillite éthique ? Ce qui est mis en valeur, partout, c'est les bagnoles, les fringues, le fric, le flingue et la loi de la jungle! On nous demande, à nous, de tenir un discours totalement inverse : ce qui est important, c'est le métier que vous aurez, le plaisir que vous aurez à l'accomplir. On ne leur montre à la télé que des jeux ineptes où l'on gagne des millions de centimes en tournant une roue. Nous sommes en permanence en complet décalage. On a envie de dire : ça suffit! ». » (Manière de voir, Banlieue, Octobre-Novembre 2006, p73)


BebeJO
BebeJO


Susan Linn, Professor of Psychiatry, Baker Children's Center, Harvard
« La publicité à laquelle sont exposés nos enfants est mise au point par des psychologues, réhaussée par la technologie des médias qu'on croyait impossible.[...] Une famille seule ne peut combattre une industrie qui dépense tant [des centaines de milliards d'euros] pour conquérir leurs enfants. C'est impossible. Ce sont les consommateurs de demain, alors, on s'adresse à eux maintenant. On crée un lien, et une fois adultes, on les tient. » (documentaire The Corporation, 1:04:45, Mark Achbar, Jennifer Abbott, 2003, http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Corporation)


« Les sciences humaines collaborent avec les professionnels de la publicité, car celle-ci se nourrit d'une connaissance approfondie de la société pour lancer et ajuster ses tirs. [...] d'un côté, [les publicitaires] doivent argumenter de l'efficacité de leurs messages (auprès des annonceurs) ; dès lors, pour eux, conclure que l'on ne sait pas grand chose sur les effets des médias apparaît comme la solution à ce noeud gordien.» (Enfants, consommation et publicité télévisée, Monique Dagnaud, 2003, p56)


« Quels sont les conséquences d'un ciblage publicitaire intensif auprès d'enfants d'âge précoce ? Même si à l'évidence les jeunes disposent d'un bagage critique, il fait aussi compter avec leur crédulité, la confiance qu'ils accordent au monde tel qu'on leur présente, surtout pour une génération que les parents, dans l'ensemble, gâtent et s'évertuent à protéger de tout ... sauf des images. Ils auront donc tendance à avaliser candidement un imaginaire social idéalisé, à penser que cette féerie de de consommation est de l'ordre d'un dû et qu'on peut y accéder de façon magique, sans beaucoup d'efforts. Donc ils inclineront à vivre dans un monde déréalisé, ce qui rendra d'autant plus éprouvant le jour où surviendra le contact avec la société telle qu'elle est, compétitive et productrice d'inégalités. Et, surtout, toutes les valeurs en concurrence avec celle du matérialisme, du plaisir immédiat et du symbolisme attaché aux marques et aux produits risquent d'être disqualifiés à leurs yeux, car les gratifications qu'elles apportent apparaissent moins évidentes.» (Enfants, consommation et publicité télévisée, Monique Dagnaud, 2003, p57)