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10.4.5.Paradis fiscaux

Dernières modifications : 01.03.2007, 17:59

« Les paradis fiscaux ne facilitent pas seulement les magouilles financières, ils sont au centre des stratégies des firmes et des flux bancaires internationaux, [..] ils représentent des piliers essentiels de la mondialisation économique. [...] Un tiers des investissements (stocks des investissements direct à l'étranger) des multinationales vont dans les paradis fiscaux. (CNUCED) [...] Que l'on considère l'actif (prêts et placements) ou le passif (dépôts et dettes), les centres financiers off-shore représentaient, début 2006, un peu plus de la moitié de l'activité internationale des banques. [...] Le développement des produits fincanciers sophistiqués, dont les manipulations sont complexes, réclament l'expérience de spécialistes : les banques d'investissement, des indépendants, et surtout les quatre grands du conseil international (KPMG, Ernst & Young, PricewaterhouseCoopers et Deloitte Touche Thomatsu. Ils conseillent et vérifient les comptes des 500 plus grosses entreprises multinationales. « Peu importe la législation qui prévaut, les comptables et les conseillers juridiques trouveront un moyen de la contourner » [...] En fait, les entreprises des pays industrialisés et des pays émergents se servent des paradis fiscaux pour y établir des filiales qui vont aller investir ailleurs : peu taxées par définition, ce sont elles qui enregistreront les profits, tandis que leurs propres filiales dans les pays de destination finale, plus taxées, en feront peu. Le pratique utilisée est celle des « prix de transfert ». Ce sont les prix auxquels les différentes entreprises d'un même groupe se vendent des biens et des services. L'économiste américain Simon J. Pack s'est fait une spécialité de traquer les incohérences dans les prix des importations et des exportations américaines. Ses dernières trouvailles présentées l'été dernier révèlent un véritable florilège de manipulation : du sable importé d'Espagne à près de 2000 dollars la tonne (le prix mondial moyen est d'un peu plus de 10 dollars), des ampoules flash venues de France à plus de 300 dollars (prix mondial environ 70 cents), tandis que notre beau pays importait des Etats-Unis des mitrailleuses à 364 dollars pièce (valant plus de 2000 dollars) ou des pneus à moins de 8 dollars (valant près de 200 dollars) ... La fausse comptabilité d'Enron utilisait (...) 800 sociétés écrans dissimulées dans de multiples paradis fiscaux. » (Alternatives économiques – Novembre 2006)


Voir l'article : 8.3.5."Dictature" des experts, lobby
Voir l'article : 6.3.Contourner les démocraties

« Le secteur off-shore attire les professionnels expatriés qui ne restent que quelques années, concentrés dans des zones privilégiées qui continuent à côtoyer une économie interne assez pauvre. Les locaux ne disposent pas d'un niveau de qualification suffisant pour occuper les emplois rémunérateurs, mais doivent subir les coûts immobiliers croissants tirés par les achats des expatriés » (Alternatives économiques – Novembre 2006, p62)