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10.4.4.Criminalité financière

Dernières modifications : 02.03.2007, 21:33

Il y a une différence sensible entre le record de vitesse détenu par le TGV, plus de 500 km/h, et la vitesse d'exploitation commerciale autour de 300 km/h. Les règles rigoureuses de l'exploitation commerciale expliquent cette baisse de performance. Ainsi, on touche du doigt une incompatibilité, puisque la performance est toujours hors norme tandis que sa reproductibilité exige un minimum de règles. Peut-on alors aller jusqu'à la déduction suivante: vouloir reproduire la performance conduit inéluctablement à utiliser des méthodes qui appartiennent à un ordre délinquant, c'est-à-dire un ordre qui, comme l'étymologie l'indique, délaisse la règle, s'en détourne ? (La performance à l’épreuve de la surprise et de l’autorité, Daniel Marcelli, dans "La performance, une nouvelle idéologie ?", sous la direction de Benoît Heilbrunn, 2004, p 30-31)


« Ces experts considéraient que si la délinquance « ordinaire », celle qui porte atteinte aux personnes, aux biens et à l'autorité de l'État, constitue une menace réelle, la délinquance économique et financière n'est qu'artificielle. (...) La délinquance économique et financière continue de bénéficier d'une image de moindre gravité, et ceux qui sont poursuivis pour de tels faits se présentent comme des victimes et campent le plus souvent sur une position de déni. (...) Un privilège structurel : Pour le philosophe Michel Foucault, un clivage décisif a été introduit à la fin du XVIlle siècle entre les « illégalismes de biens » et les « illégalismes de droits ». Ce partage traduit alors dans la définition de l'ordre public une nouvelle forme de domination à base économique. De quoi s'agit-il ? Les illégalismes de biens concernant les atteintes aux personnes et à la propriété sont plutôt le fait des classes populaires ; elles sont stigmatisés en tant que marqueurs des « classes dangereuses » et deviennent l'objet principal de la répression. La bourgeoisie montante s'est réservé l'illégalisme des droits : « La possibilité de tourner ses propres règlements et ses propres lois ; de faire assurer tout un immense secteur de la circulation économique par un jeu qui se déploie dans les marges de la législation - marges prévues par ses silences ou libérées par une tolérance de fait. »(...) Tout d'abord, la « survie de l'entreprise » : tous les actes nécessaires à son développement et à sa survie en cas de défaillance sont valides. D'où la violence des rapports de concurrence et la fréquence des trucages financiers et comptables. Ensuite, la contestation a priori de toute intervention publique dans la vie des affaires. C'est pourquoi l'évasion fiscale ou le détournement massif des réglementations sont toujours justifiés par leurs promoteurs comme une résistance légitime à l'emprise abusive de l'Etat.(...) Les acteurs économiques entendent avoir la maîtrise des règles qui leur sont applicables quand ils trichent avec les règles formelles du capitalisme. » (Les privilèges de la délinquance économique et financière : Pierre Lascourmes, Directeur de recherche au CNRS, Cevipof, Sciences-po, dans Alternatives Economiques n°65 - Hors-série - Le Capitalisme-2005, p48)


Voir l'article : 6.4.Réglementer le "laissez faire"

« John Perkins, ancien membre respecté de la communauté bancaire : En gros, nous étions formés et notre travail consistait à construire l’empire américain. De créer des situations où le maximum de ressources étaient drainées vers ce pays, vers nos multinationales, notre gouvernement, et nous avons été très efficaces. Nous avons construit le plus grand empire de l’histoire du monde. Et nous l’avons fait au cours des 50 ans qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, avec peu de moyens militaires en réalité. En de rares occasions, comme en Irak, les militaires interviennent mais uniquement en dernier recours.Cet empire, contrairement à tout autre empire de l’histoire du monde, a été crée d’abord par la manipulation économique, par la fraude, par la corruption de personnes avec notre mode de vie, et à travers les tueurs à gages économiques. J’en faisais partie.
AG : D’accord. Pour qui avez-vous travaillé ?
JP : Et bien, la compagnie pour laquelle je travaillais s’appelait Chas. T. Main à Boston, Massachusetts. Nous avions environ 2000 employés, et je suis devenu leur économiste en chef. J’avais 50 personnes sous mes ordres. Mais mon véritable job était de conclure des affaires. J’accordais des prêts à des pays, des prêts énormes, qu’ils ne pouvaient pas rembourser. Une des clauses du prêt - disons 1 milliard de dollars pour un pays comme l’Indonésie ou l’Equateur - était que le pays devait retourner 90% du prêt à des compagnies états-uniennes, pour reconstruire des infrastructures, des compagnies comme Halliburton ou Bechtel. Ce sont de grosses compagnies. Ces compagnies ensuite construisaient des réseaux électriques ou des ports ou des autoroutes qui ne servaient qu’aux quelques familles les plus riches de ces pays. Les pauvres de ces pays se retrouvaient en fin de compte avec une dette incroyable qu’ils ne pouvaient absolument pas payer. » (John Perkins, Confessions d’un tueur à gages économique - Democracy Now.,
http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=522)


« Dans les années 1960 et 1970, les banques occidentales prêtent massivement aux pays du tiers-monde qui ont accédé à l'indépendance ou qui s'industrialisent. A partir de 1973, les Etats du Nord, en crise, prêtent au Sud pour relancer leur économie. Enfin alors que le nombre de pays du tiers-monde explorent différentes voies vers un développement indépendant des anciennes métropoles, la Banque mondiale accroît considérablement ses prêts pour mettre au pas ces pays tentés par une expérience socialiste ou nationaliste et aussi pour soutenir ses alliés stratégiques (Mobutu, Suharto, Pinochet, Videla, etc ...). Entre 1968 et 1980, la dette est multipliée par 12. Pour rembourser le Sud exporte de plus en plus. En 1979, l'augmentation des taux d'intérêt décidée par les Etats-Unis l'oblige à rembourser trois fois plus d'intérêts, tandis que l'effondrement du cours des matières premières provoque une chute des revenus. La situation n'est pas tenable. Dès 1982, la Mexique ne peut plus rembourser. C'est la crise de la dette. Pour éviter la faillite du système, les pays riches chargent le FMI de gérer la crise. Son but n'est pas d'aider les pays en difficulté mais de sauver la mise des créanciers. Il prête les fonds nécessaires à condition que le pays endetté rembourse en priorité sa dette et accepte de mener le politique décidée par ses experts : c'est l'ajustement structurel. Fin des subsides aux produits de première nécessité, réduction drastique des budgets sociaux, dévaluation, ouverture totales des marchés et libéralisation pour les produits du Nord (souvent subventionnés) concurrencent librement ceux du Sud : la potion est très amer. Une grande partie du budget des Etats du Sud passe sous le contrôle du FMI : c'est une nouvelle colonisation. Pour un dollar dû en 1980, le Sud en a remboursé 7,5 et en doit encore 4. » (éditions SYLEPSE, l'alter édition, juin 2003 interview avec Damien Millet et Eric Toussaint ( CADTM, 50 questions 50 réponses sur la dette ...))


« Dans les jours qui ont précédé le 11 septembre 2001, 4744 options à la vente d'action de United Airlines sont achetés ainsi que 4516 options d'American Airlines. Normalement, la CIA surveille 24 heures sur 24, les mouvements suspects sur les marchés d'actions et des capitaux. Comment se fait-il qu'on n'a pas révélé l'identité des bénéficiaires ? Et si les autorités américaines couvraient "le plus grand délit d'initiés de l'histoire" ? » http://www.cyberjournalisme.net/articles/face_cache.html


« Les guerres, les bombardements, ... La destruction crée des perspectives. Avec les bombardements en Irak en 1991 et les attentats du 11 Septembre 2001, les actions ont doublé. A quelque chose, malheur est bon. Dévastateur, accablant, bouleversant, mais du point de vue financier, mes clients ont fait de l'argent. » (Carlton Brown, commodities trader, coursier, extrait du documentaire The Corporation, 0:54:44, Mark Achbar, Jennifer Abbott, 2003, http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Corporation)