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1.3.Un combat permanent

Dernières modifications : 19.01.2008, 17:29

Aujourd'hui, certains droits sont remis en cause par un travail incessant de colonisation et de confusion des esprits auquel participent, passivement, les journalistes ou les simples citoyens, et surtout, activement, un certain nombre d'intellectuels Voir l'article : 11.4.Travail idéologique, symbolique. Les principes économiques libéraux sont devenus dominants, le consensus faisant vérité. Le marché "libre" est notre salut, la recherche du profit à court terme prime sur l'intérêt général pour les hommes et la planète. Ces principes n'ont même plus besoin d'être justifiés, ils sont diffusés sans arrêt depuis une vingtaine d'années. Ils s'imposent d'eux-mêmes comme un fait naturel, inévitable.

« Parce qu’il est énoncé au nom de la science économique. Ce discours néolibéral constitue un corps de doctrine d’autant plus pesant qu’à l’instar des pires orthodoxies, il ne se veut pas doctrine. Il se proclame science, vérité, au même titre que les réalités physiques (loi de la pesanteur ou principe d’Archimède). D’où l’expression - devenue fameuse - de " cercle de la raison " utilisée par les journalistes dominants - et au service de l’ordre dominant - pour définir la somme de leurs convictions et prescriptions économiques et sociales. " Cercle de la raison ", c’est une manière de suggérer que ceux qui à cette tribune se tiennent à l’extérieur de ce cercle exigeraient un travail de rééducation intellectuelle leur permettant de se débarrasser de toutes sortes de pathologies : " archaïsmes ", " retards ", " populismes ", etc. » (La pensée de marché, Acrimed : http://www.acrimed.org/article423.html)


« L'«inévitable» Alain Minc, essayiste et président du conseil de surveillance du Monde, explique: «Je ne sais pas si les marchés pensent juste, mais je sais qu'on ne peut pas penser contre les marchés. Je suis comme un paysan qui n'aime pas la grêle mais qui vit avec.» Il ajoutera: « La mondialisation est à l'économie ce que l'air est à l'individu ou la pomme à la gravitation universelle.» (Alain Minc, Le Débat, mai 1995 et Le Journal du Dimanche 19 Octobre 1997). Cette « naturalisation » de l'économie est l'envers de l'occultation de l'histoire par les médias. Sous l'Ancien Régime, les «privilèges» étaient aussi présentés et perçus comme «naturels», «inévitables», «incontournables», «éternels». Jusqu'à ce qu'une révolution les balaye. L’économie n’est pas une science. Elle n’est pas déconnectée du social, ni du politique. Il faut relativiser sa toute puissance et décortiquer son vocabulaire. » (« Informer sur l’information », Petit manuel de l’observateur critique des médias, de PLPL et Acrimed, mars 2004)



"Si les salariés pensent ça c'est qu'ils n'ont pas compris ce qu'est ce monde ... de compétition ... d'ouverture ... de concurrence. Un monde qui n'est plus celui de la France de l'Ouest sur un marché hexagonal, qui n'est plus le marché hexagonal dans l'Europe, qui est un monde où ces entreprises sont complètement immergées dans une concurrence mondiale. Nous n'avons pas fait suffisamment, et en particulier, nous à gauche, de pédagogie pour expliquer ça. Et ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on a des gens qui refusent de manière magique, artificielle, quasiment comme si on n'était dans ... un monde de .. sortilèges. La réalité économique qui qu'on le veuille ou non est une réalité aussi forte que la loi de la pesanteur." (Christian Pierret, PS, Secrétaire d'État à l'industrie, (1997-2002), Extrait du documentaire "Moulinex, la mécanique du pire", de Gilles Balbastre, cité dans "Là-bas si j'y suis", http://w3.la-bas.org/article.php3?id_article=218)


En face, la résistance s'est organisée depuis une quinzaine d'années, prenant des formes diverses : manifestations, bénévolat, solidarités financières, désobéissance civile, révoltes, réappropriation, réquisition, festivals, forums, auto gestion, contre-sommets (OMC, G8, FMI, AGCS, etc.), expertises, associations, ONG, collectifs, syndicats, partis politiques, médias indépendants, etc. Au départ, le plus difficile a été de mettre des mots sur l'étonnant consensus adopté par les classes dirigeantes. Il a fallu comprendre quelle force attaquait nos acquis sociaux. Les premières esquisses de définition apparurent. Comme la pensée néolibérale se présentait comme l'unique voie à suivre, et qu'il ne semblait plus y avoir d'alternatives politiques, on l'a appelé la "pensée unique". (Article d'Ignacio Ramonet de 1995, http://www.monde-diplomatique.fr/1995/01/RAMONET/1144)


« Le pensée unique est une expression que nous au Monde Diplomatique nous avons proposé en Janvier 1995. Nous avons proposé cette expression comme étant en quelque sorte une façon d'identifier ce qui était invisible, comme le sont les idéologies. Nous avons publié un éditorial qui s'intitulait "la pensée unique" où nous avons essayé de dire que finalement, alors qu'on nous dit que c'est la fin de l'histoire, la fin des idéologies et qu'il y a maintenant une sorte de réalisme économique, ce réalisme économique malgré tout fonctionne sur les bases d'une idéologie, comme une sorte de lithurgie, de dogme, c'est la répétition d'un certain nombre de principes, etc. Et ceci nous ait un peu imposé, il est obligatoire de penser comme cela, parce que nous dit on justement, il n'y a pas de pensée alternative, on ne peut pas pensée autrement. Cette pensée-là, on a appelé ça la pensée unique.[...] Nous avons aujourd'hui affaire à un totalitarisme. Après tout un totalitarisme c'est quoi, on n'en a connu un certain nombre. Les fascismes étaient des totalitarismes, le communisme stalinien était un totalitarisme, certaines religions sont totalitaires, quand elles dominent totalement. Un totalitarisme c'est quoi ? C'est quand une structure, un modèle de pensée a les réponses pour tous les comportements et toutes les attitudes de tous les individus d'une société. Rien n'échappe disons à cette sphère. Tout est déterminé ou prédéterminé. Aujourd'hui le libéralisme s'impose de la même manière. Les états s'y soumettent et les individus s'y soumettent également. Et d'autre part, tous les plères de cette religion qui sont nombreux, tous les organes, toutes les églises de cette nouvelle religion, nous incite tous les jours à accepter ce dogme. C'est un bien pour nous. Comme toute idéologie, il faut estimer non seulement que c'est un bien en soi, mais que c'est un bien pour chacun, et que même si nous souffrons c'est pour notre bien ou pour le bien de la collectivité. Objectivement, on peut dire que le libéralisme fonctionne comme un totalitarisme, d'autant plus oppressant que comme on le constate, il n'y a pas de système global à lui opposer. » (extrait de Quelques Choses de notre Histoire ... documentaire de Jean Druon, http://nonautraite.free.fr/index.php?page=11.php)


« Le mot "révolution" a été tellement galvaudé qu'on hésite à l'employer pour analyser les transformations idéologiques et économiques du dernier quart de siècle. À l'orée des années 80, la même classe sociale qu'aujourd'hui occupait les postes de commande. Aucune aristocratie ne fut détruite par une nuit du 4 août, aucun gouvernement « bourgeois » ne fut disloqué par une prise du palais d'Hiver. Ce sont souvent les mêmes forces sociales et politiques qui ont mué idéologiquement, passant de la défense d'un capitalisme tempéré par la redistribution et l'action publique à la mise en place d'un gouvernement d'entreprise orienté par les seuls verdicts du marché. S'il n'y eut pas de « révolution » en Occident, on assista néanmoins à la victoire d'idées jugées périmées depuis la fin du XIXe siècle, mais qui resurgirent avec suffisamment d'élan pour enclencher partout le grand bond en arrière du volontarisme politique et des tentations égalitaires. Bien des choses allaient changer ou s'infléchir durablement: le rapport de forces entre les principaux groupes sociaux, l'orientation des décisions économiques, l'identité de leurs bénéficiaires, les postulats des coalitions au pouvoir, le rôle des États. La crise économique des années 30 avait débouché sur des « réponses » politiques nationales fondamentalement différentes: nazisme en Allemagne, New Deal aux États-Unis, stabilité gouvernementale au Royaume-Uni, Front populaire en France. La stagflation des années 70 a semblé, en revanche, partout et quelle que fût la majorité en place, entraîner à plus ou moins long terme le retour au primat - voire au diktat - du marché, précipiter le délitement des syndicats, favoriser la casse des identités collectives. Même la victoire en France, en 1981, d'une coalition élue sur un programme beaucoup plus socialiste que celui de Léon Blum en 1936 ne put que retarder de quelques mois l'orchestration, à Paris, des nouvelles harmonies planétaires. Pourquoi la musique néolibérale fut-elle si forte qu'elle absorba aussi dans sa chorale ceux qui avaient consacré l'essentiel de leur existence à explorer les voies d'une autre partition ? » (Le grand bond en arrière, Serge Halimi, p9-10)


Pour une histoire plus détaillée et accessible en ligne


Le chômage a une histoire, documentaire de Gilles Balbastre
http://nonautraite.free.fr/index.php?page=14.php

Quelque chose de notre histoire, documentaire de Jean Druon
http://nonautraite.free.fr/index.php?page=11.php

Entretien avec Serge Halimi dans l'émission de radio "Là-bas si j'y suis"
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=568

Ce mouvement de résistance international nous procure des ressources précieuses, qui nous ont permis de prendre du recul par rapport à notre vécu, et de mieux comprendre les enjeux de la mondialisation néolibérale ("Agir local, penser global, "). Informés, conscients, nous avons aujourd'hui la responsabilité, à notre échelle, de refuser tout discours justifiant les inégalités dans le monde ainsi que le règne d'une classe des "intouchables", dominante, méprisante, et criminelle. Pour changer cet état de faits, car il s'agit de passer de la critique à la construction politique, nous avons plus de marges de manoeuvres que nous le pensons. Dernièrement le vote du 29 mai 2005 contre le projet de constitution européenne libérale, les mobilisations contre le CPE, l'adoption de la « charte pour une alternative au libéralisme » peuvent très concrètement en témoigner .