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10.3.1.L'inflation

Dernières modifications : 06.03.2007, 18:44


« Pour les gens qui détiennent des avoirs financiers, l'inflation est l'ennemi public numéro 1, parce que l'inflation ronge la valeur des actifs monétaires . C'est pour cette raison que les marchés financiers ont ordonnés au gouvernement depuis 15 ou 20 ans : "votre priorité économique doit être d'amener l'inflation le plus près possible de 0". Et pour y arriver les gouvernement ont essentiellement augmenté les taux d'intérêts. Cela a été très efficace pour réduire l'inflation mais terriblement pénible pour l'économie réelle, là où les gens travaillent, produisent. Et ça a été une politique désastreuse pour les gouvernements aussi. Avec une économie qui tourne au ralenti et de hauts taux de chômage, il y a moins de gens qui paient des impôts alors que les coûts sociaux augmentent et votre service de la dette explose aussi. Si vous augmentez les taux d'intérêts pour ralentir l'économie, ça veut dire que vous devez payer les mêmes taux sur votre propre dette.» (extrait du documentaire « Turbulences » de Carole Poliquin, 1997)


« L'inflation est plus un problème pour ceux qui possèdent beaucoup d'argent (les détenteurs de capitaux) que pour ceux qui n'en ont pas ou peu. Et il est aussi plus un problème pour ceux qui prêtent que pour ceux qui empruntent... L'inflation, c'est l'euthanasie des rentiers, comme avait dit Keynes. En grignotant la valeur de l'argent, l'inflation est perçue par les rentiers comme une taxe sur la fortune. C'est comme s'ils possédaient alors une monnaie fondante, fondant d'autant plus que l'inflation est forte... Le nouvel ordre monétaire et financier mis en place ces dernières décennies au niveau international est conçu précisément pour ne plus être l'euthanasie des rentiers. » http://linflation.free.fr/pages/lenairuvitepag.html


« Bien sûr, si on confie le contrôle de la monnaie à une Banque Centrale Indépendante, c'est en affichant bien haut deux principes Friedmaniens [de Milton Friedman, économiste libérale], présentés comme fondateurs et légitimateurs de cette décision:
1- priorité absolue à la "lutte contre l'inflation" et à la "stabilité des prix"
2 - contrôle strict de la "masse monétaire", c'est-à-dire de la quantité d'argent que cette Banque Centrale va mettre en circulation dans l'économie. » http://linflation.free.fr/pages/lenairuvitepag.html


Les critères de la Banque Centrale Européenne ont été rédigés en 1992 pour Maastricht, puis avec le « Pacte de stabilité » en 1997. Ils consistent en
- un déficit public < 3% du PIB
- une dette publique < 60% PIB
- faire croître la masse monétaire (appelée M3) d'environ 4,5% par an (2% d'inflation + 2% de croissance + 0,5% terme correctif).

Autrement les états membres auront des sanctions financières.

« Jamais une année, la BCE n'a tenu son objectif de 4,5% ! Toujours au dessus, et pas qu'un peu. Résultat: par rapport à la progression théorique visée en 1998, ce sont environ 20% d'euros "en trop" qui ont été créés et mis en circulation, soit près de 1000 milliards d'euros sur une mase monétaire totale d'environ 6000 milliards. » http://linflation.free.fr/pages/lenairuvitepag.html


Bonne et mauvaise inflation


«Comme la vigne qui pour se bonifier à besoin de terres pauvres, la richesse monétaire ne peut exister que grâce à une pauvreté relative. [...] Le prix d'achat des logements (neufs ou anciens) n'est pas pris en compte dans l'inflation ! Normal, répondent les économistes, on considère que c'est de l'investissement! Or 55% des français sont "propriétaires" de leur logement (en fait, souvent locataires de leur banquier qui leur a prêté l'argent!). [...] L'idée que les Banques Centrales devraient suivre l'évolution du prix des actifs ne date pas d'aujourd'hui. Dans un ouvrage intitulé "Le pouvoir d'achat de la monnaie", l'économiste américain Irving Fischer faisait valoir en... 1911 que les responsables de la politique monétaire devraient arrêter un indice des prix basé sur un large panier de biens et services qui comprendraient également les valeurs financières et les biens immobiliers".» http://linflation.free.fr/pages/lenairuvitepag.html


Ainsi, les économistes monétaristes européens ont choisi unilatéralement de ne compter dans l'inflation que ce qui les arrange. C'est une rupture très nette entre les intérêts des financiers et les intérêts de la population. Si nous compterions le prix de l'immobilier qui augmentent de 5,10,15 % tous les ans, et les prix des biens courants, l'inflation dépasserait largement leur 2 ou 4,5%. Donc, la lutte contre l'inflation est un instrument politique pour affaiblir les politiques monétaires des Etats, et ainsi minimiser leurs pouvoirs, notamment au niveau social.

Hausse des prix de consommations courantes


Exemple fruits et légumes : Un paysan sur deux gagne moins que l'équivalent du SMIC, « une hausse du pouvoir d'achat afin que les ouvriers et les employés puissent avoir accès à nos produits. Les gens à faible ressource n'achètent plus que porc. Le veau, c'est fini ... » (Xavier Compain, agriculteur, Humanité Dimanche, 16 au 22 Novembre 2006, p20)


Le passage à l'euro

Trois Français sur quatre en sont persuadés (enquête TNS SOFRE, septembre 2004). La réalité est plus complexe. A partir de 2,5 millions de relevés de prix, l'INSEE estime que l'euro n'a eu qu'un effet très limité (de 0,26 %) sur la hausse des orix. Mais ce qui est vrai en moyenne ne l'est pas dans le détail. Certains prix, ceux de notre consommaton quotidienne, ont réellement dérapé. A partir d'un panier composé de 1000 produits de marque parmi les plus connues, l'INSEE lui-même a noté qu'en 2002 les prix alimentaires ont augmenté de 3,9% dans la grande distribution (soit deux fois plus que l'indice). Les « petits prix » - comme le petit noir au café, la baguette de pain ou les boissons et friandises dans les distributeurs automatiques – se sont envolés sous l'effet des arrondis. Pour une baguette à 4 francs par exemple, le prix converti (soit 0,6098 euro) est devenu rapidement 0,65 euro puis 0,70 euro pour faire un compte rond, soit un bond de 13% d'un coup. (Humanité Dimanche, 16 au 22 Novembre 2006, p20)


La place de cinéma a augmenté de 30% depuis 2001.

On a imposé la rigueur salariale soi-disant pour permettre aux entreprises d'investir. Or elles font des surprofits mais n'investissent pas et distribuent des dividendes énormes qui sont accumulés. Cette épargne, c'est de l'argent de rentier, de l'argent improductif. Augmenter les salaires, c'est un moyen de casser cette société financiarisée et de remettre en cause le modèle de développement actuel. (Dominique Plihon, Humanité Dimanche 16-22 Novembre 2006, p25)

Logement et rente foncière


La rareté crée de la valeur. Créer la pénurie de logement pour que les prix montent. On compte 3 millions de logements vides.

Le Logement en Chiffres: Exclusions et Inégalités
http://www.globenet.org/dal/index.php3?page=SOMMSITUCHIF
http://www.alternatives-economiques.fr/site/248_005_logement.html

En cinq ans, le prix au mètre carré a, par exemple, augmenté de près de 50 % à Toulouse et de 40 % à Lille.

« Depuis une cinquantaine d’années, le prix des logements a évolué parallèlement au revenu disponible des ménages, en dehors de quelques périodes atypiques comme autour de 1990 en Île-de-France. Aujourd’hui, en Île-de-France comme en régions, le ratio du prix des logements par rapport au revenu dépasse sa moyenne historique de 35 % environ. »
http://www.mon-immeuble.com/etudes/etu04/etudeSESLOGEMENT312.04.htm


"Le patrimoine net de l'ensemble des ménages, après déduction de l'inflation, a doublé en dix ans en France. [...] La rente foncière contribue à renforcer les inégalités de patrimoine entre propriétaires et locataires. [...] transfert des pauvres vers les riches, en simplifiant sans doute abusivement. Un transfert qui représente chaque année de l'ordre de 6 milliards d'euros supplémentaires depuis 1995. Et qui explique une partie sans doute non négligeable du sentiment de perte de pouvoir d'achat que ressentent les ménages, notamment ceux de la première partie de la distribution, qui sont rarement propriétaires. [...] Or, face à cet enrichissement sans cause - même différé - , la plupart des économistes, pourtant si prompts à dénoncer les rentes de toute sorte au nom de la recherche de l'efficacité et de la baisse des coûts, sont d'un silence assourdissant. Ils ne l'ont pas toujours été. Ainsi, John Stuart Mill, dans ses Principes d'économie politique (1848) : "Supposez qu'il existe une espèce de revenu qui tende constamment à augmenter, sans effort ni sacrifice de la part de ceux qui en jouissent, que ces propriétaires constituent dans la société une classe que le cours naturel des choses enrichit sans qu'ils fassent rien. Dans ce cas, l'Etat pourrait, sans violer les principes sur lesquels la propriété privée est établie, s'approprier la totalité ou une partie de cet accroissement de richesses à mesure qu'elle se produit. Ce serait, à proprement parler, prendre ce qui n'appartient à personne, ce serait employer au profit de la société une augmentation de richesses créées par les circonstances au lieu de l'abandonner sans travail à une classe particulière de citoyens. » [...] Un impôt a aujourd'hui pour finalité explicite de frapper l'enrichissement sans cause - c'est l'impôt sur les plus-values. Deux autres frappent l'accumulation du capital. L'impôt sur les successions, l'impôt de solidarité sur la fortune (dont l'assiette est très majoritairement constituée d'immobilier). Or la suppression de ces deux impôts est en première ligne dans les projets libéraux de réforme fiscale et, depuis dix ans, le premier n'a cessé d'être réduit. Leur réduction serait légitime si, frappant 'investissement ou le risque, leur existence contribuait à les décourager, donc à réduire le dynamisme et l'évolution de l'économie. Mais tel n'est pas le cas depuis dix ans: la rente foncière ne doit rien à l'investissement, comme toutes les rentes. Elle ne doit rien non plus à la prise de risque. Elle contribue seulement à renforcer les inégalités de patrimoine entre propriétaires et locataires. Et l'on voudrait réduire ou supprimer les seuls impôts qui tentent d'en affecter une fraction (mineure) à la collectivité ? De qui se moque-t-on ? (Denis Clerc, Alternatives économiques, janvier 2007, p49)