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10.2.7.La finance et la réalité

Dernières modifications : 01.03.2007, 17:51

La distanciation, l’abstraction monétaire, permet de considérer les travailleurs comme des machines puis comme des chiffres. Un chiffre ne se plaint pas, on ne perd pas de temps à dialoguer, il est plus facilement supprimable, remplaçable. Je ferais volontiers le parallèle avec l'évolution des méthodes militaires pour tuer, qui du couteau jusqu'au missile augmente la distance entre les corps humains ennemis. Appuyer sur un bouton, c'est plus facile que de trancher la gorge de quelqu'un. Eviter la confrontation avec la réalité de son acte, l'idéal de la guerre propre ...

« C'est peu dire que l’atterrissage brutal de la finance ne laisse pas l’économie réelle indifférente. Le retour au réel après les amusements euphoriques de la bulle risque d’être douloureux et particulièrement sur le front de l’emploi.» ("Et la vertu sauvera le monde ..." de Frédéric Lordon, p100)


« Ce monopole absolu de l'argent sur la pulsion financière, à l'inverse de la pulsion industrielle qui est plus mélangée, doit tout à la distance de la finance d'avec la division du travail. De la production et de ses impedimenta, du concret de la marchandise et de ses salissures, le financier ne veut rien avoir à connaître : lui se contente d'engager les fonds et d'attendre leur retour. De préférence augmentés de la plus-value. Entre les deux, c'est l'affaire de l'entrepreneur, pas la sienne. » ("Et la vertu sauvera le monde ..." de Frédéric Lordon, p39)


« Avec le marché boursier, le capital industriel a découvert un prodigieux accélérateur de ses ambitions, un démultiplicateur de sa volonté de puissance. Comment imaginer qu'il pourrait résister à cette ivresse, à ce petit miracle, maintenant à portée de main, de tripler de taille ou de devenir leader de son secteur en deux ou trois opérations d'acquisition, quand la seule croissance organique et le patient réinvestissement du surplus auraient nécessité une décennie pour parvenir au même résultat ? » ("Et la vertu sauvera le monde ..." de Frédéric Lordon, p30)


« Car c’est avec la Bourse qu’on fait fortune, et non par le salaire, fût-il celui d’un patron. Aussi l’époque est-elle très propice à la redécouverte d’une vérité élémentaire mais qu’on avait presque fini par oublier : les patrons aiment beaucoup l’argent. » ("Et la vertu sauvera le monde ..." de Frédéric Lordon, p89)



Denis Robert :" Mettons nous à la place d'un investisseur. entre une usine de télévision qui rapporte entre deux, trois ou quatre pour cents par an, et qui nécessite de toujours réinvestir et un placement en bourse qui en promet trois ou quatre fois plus. Le choix paraît simple."
Bernard Monnot : " Quand une société ou un secteur entier passe sous le contrôle des financiers, il est mort. Parce qu'ils vont faire de la finance. Ils vont fermer une usine même si elle est rentable. Ils vont fermer une usine parce que c'est beaucoup plus intéressant d'acheter des titres que d'acheter des machines." » (Extrait du documentaire "L'affaire Clearstream expliquée à un ouvrier de Daewoo" de Denis Robert et Pascal Lorent. Et la vidéo complète :
http://video.google.fr/videoplay?docid=-1767014830805225995&q=clearstream


« Aujourd'hui on dit qu'il y a trop d'État, trop de masse salariale - qu'il faut une flexibilité de l'emploi et des salaires -, trop de protection sociale, trop de fonctionnaires, trop d'aides à l'étranger... Il n'y a que les revenus du capital qui ne sont pas de trop. Certains fonds de pension ont même dénoncé le "trop d'investissements productifs" parce que ça venait en déduction des dividendes ! » (Réné Passet, actuchomage, http://www.redir.fr/giui)


« La globalisation est allé de pair avec une gigantesque dilatation de la sphère financière : le montant des transactions effectuées sur le marché des changes (là où s'échangent les devises) a été multiplié par cinq depuis 1980 pour atteindre plus de 1500 milliards de dollars par jour. Ce gonflement n'a plus de rapport direct avec le financement de la production et des échanges internationaux. D'après les estimations de la Banque des réglements internationaux (BRI), le montant des transactions financièeres internationales est 50 fois plus important que la valeur du commerce international portant sur les marchandises et les servics. Keynes avit bien vu, il y a plus de cinquante ans, les dangers du développement incontrôlé de la finance : il avait montré que, lorsque les marchés financiers prennent trop d'importance, la finance spéculative parasite la sphère productive.
Contre la dictacture des marchés, p20-21, Dominique Plihon


Economie « réelle » / économie « de papier »




Extrait du documentaire « Turbulences » de Carole Poliquin, 1997



« Bernard Monnot : " Le simple fait que Daewoo ne mette plus comme priorité le fait d'avoir un produit, un marché, des outils, un capital homme, un savoir-faire et autre, mais que les priorités ça soit désormais de spéculer sur une monnaie, sur des titres d'acheter de l'ENRON ou autre. Ben c'est plus la même société. C'est direct. Quand on passe de la logique industrielles à la logique financière il se passe des choses. »>>> Extrait du documentaire "L'affaire Clearstream expliquée à un ouvrier de Daewoo" de Denis Robert et Pascal Lorent )


« Patrick Artus parle de "capitalisme sans projet", car les bénéfices des grands groupes s'accumulent et ne s'investissent plus... si ce n'est pour racheter pour des sommes considérables leurs propres actions (afin de maintenir artificiellement la rentabilité du dividende pour l'actionnaire). Les grands groupes ne savent plus quoi faire de leurs montagnes d'argent accumulées! » http://linflation.free.fr/pages/lenairuvitepag.html