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10.2.4.Dévalorisation du travail

Dernières modifications : 25.02.2007, 12:38

Cette dévalorisation est inscrite dès le départ dans le projet capitaliste.

« Dans sa séparation du travail, le capital enlève [au travail] et concentre sur lui l'activité de réflexion et de décision sur la production, sur sa finalité, et sur ses modes concrets. La dépossession du travailleur de ses moyens de production doit être comprise aussi comme dépossession de lui-même, de ses capacités pratiques et innovatrices, de sa valeur. La contrepartie de cette dépossession est l'accroissement du pouvoir de contrôle et de contrainte du capital par l'intermédiaire de l'ordre matériel que constituent les machines, et par le modelage des forces de travail. » (La division capitaliste du travail, de Michel Freyssenet, 1977, p31, p70)


Voir l'article : 7.Rapport capital / travail

« a. au stade de la coopération, le travailleur perd la maîtrise du procès de production,
b. au stade de la manufacture, il perd la maîtrise du procès de travail,
c. au stade du machinisme, il perd la maîtrise de son travail,
d. au stade de l'automatisation, il perd tout contact direct avec la matière et le mécanisme, et il est réduit à être un surveillant. » (La division capitaliste du travail, de Michel Freyssenet, 1977, p70)


« Les nouvelles catégories de travailleurs surqualifiés connaissent à leur tour un processus de « déqualification-surqualification », La mise en évidence de ce phénomène est décisive pour comprendre l'évolution probable du travail dans le mode de production capitaliste. En effet, l'augmentation du nombre des ouvriers d'entretien, des ouvriers de construction des machines-outils, des techniciens, des ingénieurs, etc., a laissé espérer que progressivement le travail répétitif, manuel, serait éliminé par l'automatisation croissante et qu'il ne resterait que les travaux nouveaux « surqualifiés ». Cette conclusion hâtive a nourri la réflexion aussi bien des idéologues de la technique prévoyant un monde de travailleurs en blouse blanche à l'activité essentiellement intellectuelle, que des théoriciens de la « nouvelle classe ouvrière » plus dynamique parce que moins aliénée. Si la première vague de modernisation des entreprises a pu faire naître cette vision erronée, l'évolution des dix dernières années est sans ambiguïté. [...] La spécialisation et la standardisation des tâches rendent alors possible d'établir des programmes de formation donnant les connaissances justes nécessaires et instituant définitivement les coupures entre catégories de travailleurs, rendant presque impossible la « promotion ». Une perforatrice-vérificatrice est formée en 18 jours. Un programmeur l'est en 5 ou 6 mois. La formation de base qu'on lui donne ne lui permet pas de s'initier au travail de l'analyste. « Les chances de parcourir toute l'échelle de la fonction d'opérateur à celle de chef analyste s'amenuisent au fur et à mesure que l'informatique se développe et sort d'une phase d'innovation ouverte. » (La division capitaliste du travail, de Michel Freyssenet, 1977, p71, p75)


Voir l'article : 9.1.9.Déqualification