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4.2.1.Atteinte à l'intégrité physique

Dernières modifications : 01.03.2007, 15:15

En prenant la situation extrême des sans-abri [en 2006, on compte environ 100 000 personnes], on se rend compte que les moyens d'existence ont un impact immédiat en terme de protection matérielle et psychique. On n'est plus armés face à l'extérieur, on n'est plus en mesure de se projeter dans l'avenir. De là, le "vivre ensemble" paraît bien illusoire.

« Vous dites que la vie dans la rue est une horreur mais également une torture...
Patrick Declerck : A propos de la torture dans les prisons en Irak, on a pu lire les techniques d'interrogatoires musclés, de torture « acceptable ». De quoi s'agit-il ? De privation de sommeil, de privation de nourriture, d'hypothermie, d'isolement... Autant de mesures qui conduisent le sujet à être désorienté dans le temps et l'espace, à être affaibli, écrasé pour qu'il n'ait plus de système de défense personnel. Nous sommes là, terme à terme, dans ce qu'est le quotidien de la vie à la rue. »
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-12-29/2005-12-29-820894


Dans les portraits vidéos de SDF des Enfants de Don Quichotte, on trouve ce témoignage :
http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/v2/portraits_videos.php
"C'est une schizophrénie. Soit on fait une totale abstraction des SDF, on s'en fout, c'est pas notre problème tant qu'ils nous font pas chier. Et si ils nous font chier, ben les flics leur tombent dessus, s'ils vont voler, on les fout en tôle. Voilà." [...] Je me demande à la limite si ce n'est pas fait exprès pour faire pression sur ceux qui bossent, ceux qui sont au chômage, pour leur dire : "Regardez les mecs, vous allez tomber là-dessus, vous allez être comme eux.". Donc on exerce une pression sur eux, et tu vois, les mecs flippent. Allez bon, on va tous bosser les mecs, alors qu'il n'y a pas de boulot." (Chady, SDF)


« Ouvrant la voie à la Révolution dont la France aura célébré avec tant de faste le bicentenaire, Denis Diderot écrivait : « Il y a peu d'âmes assez fermes que la misère n'abatte pas (...). La misère est la mère des grands crimes : ce sont les souverains qui font les misérables, qui répondront dans ce monde et dans l'autre des crimes que la misère aura commis. » (Cité dans Manière de Voir 89, Banlieues, Octobre Novembre 2006, p84)